You make me feel so dumb | ft. Sylv'

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You make me feel so dumb | ft. Sylv'

Message par Invité le Mar 9 Nov - 15:56


Heavy ft. Sylvester
. . . I should really use a wish right now . . .

L’eau éclaboussait puissamment l’émail, se divisant en centaines et en milliers de gerbes limpides qui, à leurs tours, s’unissaient en un bassin glacé s'accumulant à ses pieds nus. L'impitoyable morsure du froid faisait frissonner sa peau pâle, la bleuissait tout en l'insensibilisant. Le visage offert au jet, Heavynne soupira de soulagement à l'idée d'être bientôt libre.

Trois semaines : cinq cent quatre heures, soit trente mille deux cent quarante minutes ou soixante fois plus de secondes passées à se soumettre à une inactivité forcée et une surveillance accrue qui n'avaient pas été loin de la rendre folle. Après l'effondrement de la tour – et son propre effondrement sur et sous les débris de cette même tour, dont elle s'était mis en tête d'escalader la corniche au mauvais moment – elle s'était réveillée à l'infirmerie, le corps perclus d'une douleur sourde, et avait complètement paniquée en pensant avoir chuté en plein milieu d'un spectacle. Mais elle ne se trouvait pas dans un hôpital moldu, et ce qui était posé sur le chevet à côté de son lit était tout sauf des antidouleurs traditionnels. Il lui avait fallu un moment avant de se souvenir de l'endroit où elle se trouvait; aujourd'hui encore, elle avait encore du mal à se rappeler précisément des minutes ayant précédé cet étrange accident. Seulement, Heavynne avait d'autres priorités : s'assurer qu'elle n'avait rien de grave et que la sensation qui lui faisait croire que sa colonne vertébrale était en miette n'était pas le signe d'un quelconque risque de paralysie. Et ensuite, se tirer de là sans attendre... ce que l'infirmière n'avait malheureusement pas entendu de cette oreille. Laissant clairement entendre qu'elle l'aurait laissée sortir plus tôt si elle avait au moins eu la certitude que la Serdaigle se comporterait sagement, cette terrible bonne femme avait fait des pieds et des mains pour la garder cloîtrée à l'infirmerie le temps qu'elle reprenne des forces, consciente qu'elle ne tiendrait pas une journée avant de commettre un impair. L'obliger à rester au calme était l'unique moyen d'éviter qu'elle lui revienne en miette en fin de journée, après quelques heures livrée à elle-même. Heavy n'avait eu d'autre choix que de ronger son frein en attendant un moment plus propice à l'évasion, mais chacune de ses tentatives s'était soldée par un échec. Au bout du compte elle s'était résolue à compter les heures, trépignant d'impatience en attendant le jour de sa libération. Le temps s'était sûrement arrangé pour s'écouler plus lentement! Ou alors quelqu'un lui avait lancé une quelconque malédiction qui lui faisait vivre dix heures en une seule. Pire : c'était le moment qu'avaient choisi deux de ses camarades pour lui apprendre qu'un match de Quidditch se déroulerait dans quelques jours – le jour même de sa sortie – et que son remplaçant avait déjà été choisi. Oui, vraiment, il y avait forcément quelqu'un qui s'acharnait sur elle!

Heavynne coupa l'arrivée d'eau et s'extirpa de la douche avec une grimace, complètement frigorifiée. Espérer que le froid engourdisse suffisamment ses membres endoloris n'avait peut-être pas été une si bonne idée... elle fit fi de cette remarque et se hâta de se préparer avant de sortir à pas de loup, bien décidée à quitter cet horrible endroit le plus tôt possible. Les couloirs étaient déjà presque déserts; les rares élèves qui y trainaient encore s'empressaient de prendre la direction de la sortie, impatients d'assister au match. Elle ne s'en sentait toutefois pas l'envie, et ses cheveux blonds miroitèrent d'une lueur grisâtre alors qu'elle ne retenait pas une moue dépitée. Eh bien, elle n'avait plus qu'à trouver un bon moyen d'occuper son samedi. Seulement, après quelques minutes d'errance dans les couloirs, l'envie d'assister au match ne tarda pas à la tarauder de nouveau. Qu'est-ce qui l'en empêchait, après tout? Rien de plus que la déception de ne pas pouvoir occuper son poste habituel; ce qui ne l'empêchait pas vouloir soutenir l'équipe de sa maison. Non, elle n'était pas rancunière – plus encore, elle était tout simplement passionnée par ce sport. Y jouer était autrement plus fascinant que seulement regarder, mais il y aurait bien un moyen d'y remédier... non? Peut-être qu'observer les joueurs de haut suffirait à apaiser sa frustration..

Quelqu'un d'autre qu'elle aurait retenu la leçon dont elle avait littéralement été victime quelques jours auparavant : escalader l'édifice qu'était Poudlard n'était pas forcément une bonne idée. Mais Heavy étant Heavy, elle n'y songea pas une seconde et s'empressa de grimper jusqu'au sixième étage. Elle n'avait pas eu l'occasion de beaucoup traîner si près du repère des rouge et argent, mais l'une de ses amies s'y était retrouvée après l'accident de la tour et lui avait parlé d'une salle désaffectée située à proximité qui offrait une très bonne vue sur les alentours. Après la Tour Nord désormais en ruines, c'était le plus haut point d'observation du château.

La salle en question était parfaitement déserte, comme elle s'y était attendue, et une belle couche de poussière recouvrait les bureaux laissés à l'abandon. Laissant négligemment tomber son sac près de la porte une fois entrée, l'adolescente rajusta les mitaines qui lui couvraient les paumes pour éviter de s'égratigner, et força sur le lourd volet coincé pour parvenir à l'ouvrir. Un coup d'oeil lui suffit à déterminer que la bordure était juste assez large pour qu'elle y tienne sans peine; quelques arbres lui barraient partiellement la vue sur le terrain, mais elle pourrait toujours y remédier en se servant des prises qu'offrait le mur pour grimper un peu plus haut... Elle ne pu que grimacer en se disant qu'il était heureux qu'elle soit seule : tous ses amis, sans exception, auraient sans doute très, très mal vu cette idée pour le moins rocambolesque. Ce qui ne l'empêcherait pas pour autant de le faire. Avec un immense sourire, elle se hissa sur le rebord et porta son regard aussi loin que possible, essayant de distinguer les joueurs – mais le sifflement annonçant le début du match n'avait sans doute pas encore retenti. D'où elle était, elle voyait encore les élèves accourir vers les gradins.

Un bruit inattendu derrière elle la tira pourtant en sursaut de son observation, et ce ne fut qu'à son habitude de ce genre de situation qu'elle dû de ne pas dégringoler de son perchoir... avant d'être brusquement attirée en arrière et d'atterrir sur quelque chose... quelqu'un. Ou plus exactement, nez-à-nez avec... Sylvester. Les yeux ronds comme des soucoupes, elle ne fit même pas attention à la douleur qui résonna dans son corps encore fragile du fait de sa dernière chute. Et au lieu de prendre immédiatement ses distances, elle resta figée face à lui et lâcha pensivement :

« Qu'est-ce qui va plus vite que les oiseaux, plus vite que le vent, plus vite qu'un lapin? Indice : il m'a largement fait faux bond cette fois-ci. »

L'instant d'après elle clignait des yeux à deux reprises, comme pour se tirer d'un rêve éveillé, et s'empressait de reculer de plusieurs pas pour se détacher du Serdaigle. Son visage s'assombrit à l'instant même où ses mèches d'un blond outrageusement pâle se plombaient d'un gris terne tout à fait assorti à son changement d'humeur. En retrait derrière le jeune homme, son compagnon habituel se tenait prêt de la porte. Quel était son prénom, déjà? Sébas- non, Bastian. Oui, c'était bien lui : celui qu'elle voyait toujours en compagnie de Sylvester. Celui, aussi, qui avait fait irruption dans sa loge deux ans plus tôt alors qu'ils... Le regard de Heavy se posa sur son sac abandonné à l'entrée, et elle calcula mentalement les quelques mètres qui la séparaient de la porte. Un sourire un peu trop radieux pour être tout à fait sincère vint illuminer ses traits tandis qu'elle se mettait à badiner :

« Oh, je ne m'étais pas attendue à tomber sur vous. Littéralement, d'ailleurs, en ce qui te concerne » – ajouta-t-elle à l'égard de Sylvester, la tête penchée sur le côté et les sourcils froncés en signe d'interrogation silencieuse.

Elle n'arrivait pas à comprendre pourquoi il l'avait... qu'avait-il fait exactement? Elle s'était sentie tirer en arrière, mais il n'avait aucune raison de faire une telle chose.. Heavy préféra ne pas attendre la réponse avant de battre en retraite aussi discrètement que possible – si tant est que cela soit seulement possible – ce qui équivalait à ses yeux à marcher à reculons jusqu'à la sortie, sans le lâcher des yeux. Tout à fait logique, vraiment. Sa bonne humeur feinte aurait probablement eu plus de chances d'être convaincante si elle était parvenue à maîtriser son don, qui faisait osciller la couleur de ses cheveux entre un gris sombre et un brun incertain. Tout à sa réflexion, elle se dit que le dénommé Bastian ne lui barrerait sans doute pas la route, puisque le Serdaigle la détestait de toute façon ouvertement... elle s'efforça d'ignorer l'amalgame de sensations contradictoire que ce rappel éveilla en elle. La déception et l'amertume se le disputait aux braises encore vacillante de sa colère, sans pour autant qu'elle ne les laisse déteindre sur ses gestes. Lesquels gestes manifestaient uniquement une sorte de gêne qui lui était inhabituelle. Elle reprit nerveusement la parole sans laisser à l'un ou à l'autre le temps de dire un mot.

« En fait j'pensais justement ne croiser personne, vu qu'on m'avait dit que cette salle était inutilisée. Mais j'ai dû me tromper en la cherchant, on me parlait sûrement de l'autre salle crade de l'étage. Je vous ai dérangés, non? Si, sûrement. J'vais vous laisser faire ce que vous aviez à faire et je me chercherai une autre fenêtre d'où assister au match. Vous n'y assistez pas, vous, au match? Enfin c'est vous qui voyez, croyez pas qu'je vous demande des comptes ou je ne sais quoi du genre. »

Stop, respire Heavy! Elle n'avait pas repris son souffle depuis qu'elle avait pris la parole et débitait des âneries plus vite que son ombre, mais tant pis : elle se savait déjà suffisamment bas dans l'estime de Sylvester pour ne pas avoir à craindre un potentiel déclassement. L'adolescente buta sur quelque chose de mou qu'elle reconnut comme étant son sac, et s'empressa de la récupérer pour le mettre à son épaule avant d'offrir un nouveau sourire – crispé – à Bastian. S'il voulait bien se décaler d'un pas, ce serait parfait...

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