You can't always get what you want. { ft. Keaton }

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You can't always get what you want. { ft. Keaton }

Message par Invité le Ven 12 Nov - 20:48



but if you try sometimes,
you get what you need.



Rebecca était folle de rage, gravissant à toute allure de son pas souple et vif les degrés conduisant à la Tour des Gryffindor. Répartie chez les rouges et or, avec cette garce de Leah Parker et cette petite peste prétentieuse de Connor-Levy ; misère, elle n'allait guère tarder à être la risée de tout le château. Bon Merlin, ils ne pouvaient pas lui faire ça ! Inspirant profondément tout en ralentissant un peu l'allure, Rebecca tenta de se raisonner - la situation n'était pas si désastreuse après tout : il n'y avait pas chez les Lions que des mégères sans cervelle arrogantes ; il y avait aussi Ezékielle qui soulagerait sans aucun doute son exil - provisoire, fallait-il espérer - loin des hauteurs chères aux argentés, et l'adorable Nell. Elle n'avait pas non plus été envoyée seule dans cette galère : Leslie, sa supérieure hiérarchique parmi les préfets qui avait bien plus de bonnes raisons qu'elle de se plaindre de son envoi à Gryffindor, et Quinn qui avait parue tétanisée en apprenant la nouvelle, s'y rendraient aussi. Keaton quant à lui, n'avait fait comme on pouvait en vérité s'y attendre que se plaindre et protester de n'être pas dépêché chez les Slytherin sous la diligence de sa précieuse Coralie. Rebecca réprima un grognement dédaigneux : libre à lui de préférer plonger dans la fosse aux serpents, personnellement la préfète estimait bien plus sage de l'envoyer chez les Lions où il serait sinon bien traité, au moins accueilli dans l'indifférence et laissé en paix. De ce qu'elle en savait et avait pu en voir, les élèves appartenant à la petite troupe formée autour de Clyde durant les derniers mois étaient essentiellement caractérisés par deux éléments, l'un n'allant pas franchement systématiquement avec l'autre : leur talent indéniable également remarquable à travers leur fort caractère et leur énorme impopularité. Tous ceux qui se sentaient rejetés et humiliés par la hiérarchie de Hogwarts semblaient se tourner vers lui, mais il n'acceptait que les meilleurs. Or, Keaton se plaçait aisément dans la seconde catégorie plutôt que la première : gentil mais bonne poire, il était trop aisé à manipuler – un jouet entre les mains impeccablement manucurées de l'héritière Dennell. Aux yeux de Rebecca il ne pouvait soutenir la course, n'ayant indéniablement pas les épaules pour remporter un tel prix inestimable.

Le voir au bras de Sawyer Waldorf avait contribué pourtant à modifier légèrement l'image qu'elle s'était faite de lui ; autant le dire, elle s'était bien demandé quelles raisons et motifs impérieux Keaton avait bien pu invoquer pour persuader la rouge et or de parader à son bras. Mais il manquait à leur couple quelque chose, ce petit rien de sincérité et de passion qui rendait les amoureux s'étreignant sur les bancs publics et les murs de pierre de la cour d'école convaincants et magnifiques. Resplendissants de candeur et de naïveté … Laissant échapper un soupir désabusé, Rebecca poursuivit lentement son ascension parmi les escaliers magiques : il était gentil pourtant … Qui donc ? Mais Keaton, enfin !! Vous ne suivez donc rien ? Elle aurait aimé parfois connaître un amour comparable à celui de Kea pour Coralie, un amour puissant et dévastateur qui surmonterait les obstacles comme quantité négligeable et serait prêt à tout. Mais elle était une incrédule, trop pragmatique et rationnelle pour croire en quelque chose d'aussi avilissant que les … sentiments. Elle n'avait de toute façon jamais vraiment eu d'amies pour discuter et échanger à propos de ce genre de choses, rien ne lui était donc moins familier que des choses telles que l'amour, auquel elle se rechignait même à songer sérieusement. Elle n'avait jamais compris l'amour de Nell pour ce monstre tordu de Zoran qui la gardait en cage comme un petit oiseau, sa propriété personnelle sur laquelle il avait tous les droits.

Devenir la proie d'un homme comme l'était Nell, dépendante d'un mâle … cette simple idée la répugnait. Jamais elle n'appartiendrait à quiconque, elle déciderait seule de sa vie et de ses choix : s'abaisser à goûter à ce genre d'émotions, c'était s'exposer à donner à un tiers un ascendant indésiré sur elle. Elle s'était surprise pourtant à prendre goût à ses tentatives de redonner à Keaton fierté et une certaine estime de lui-même, s'était accoutumée peu à peu à découvrir un garçon qu'elle ne connaissait jusque-là que fort peu bien qu'il soit de mêmes année et maison qu'elle – inclination qu'elle justifiait officiellement par cette faute grave, ce manquement à ce qu'elle interprétait et prônait comme son devoir de préfète, refusant d'admettre qu'il pouvait en réalité y avoir bien plus que cela. Ce n'était simplement pas possible. Elle connaissait l'attirance physique bien qu'éprouvant avant tout une attraction plus intellectuelle qu'autre chose – comme pour Clyde et Adam, mais s'était toujours refusée à ressentir davantage : ce genre de sensations ne l'intéressait pas, n'éprouvant envers cela qu'une certaine curiosité.

Et même si elle était parvenue par un quelconque miracle à détourner Keaton des hanches aguicheuses de Coralie Dennell, elle n'était pas le type de femmes qu'il lui fallait – une bonne petite docile, charmante, adorable et gentille comme tout. Mais après tout s'il aimait les jeunes femmes indépendantes et au fort caractère … peut-être avait-elle ses chances. Eurêka ! Mais oui, évidemment, le jour de la Saint-Merlin peut-être !
Parvenue à la tour des Gryffindor, la belle blonde donna le mot de passe demandé avec un très net désenchantement, ignorant royalement le sourire de bienvenue de la grosse dame en robe rose passablement éclipsé par son très visible étonnement. De toute façon la Ravenclaw l'avait toujours trouvée excessivement obèse et, de plus, elle chantait mal – c'était un calvaire de faire ses rondes la nuit venue dans cette partie du château : convaincue que nul ne l'écoutait, la grotesque femme en profitait éhontément pour faire ses vocalises. Rien à voir avec la statue aux traits nobles et gracieux gardant autrefois la Tour désormais en piteux état des bleus & argent. Sérieusement, elle faisait peine à voir : elle qui se dressait autrefois effrontément au-dessus du Parc de Hogwarts et de toutes les autres tours du château, éventrait le ciel rose et or de sa pointe de pierre dont les disciples de Rowenna étaient si fiers, gisait désormais en ruines et pierres brisées dans ce coin de l'aile Nord.

Détournant avec tristesse ses pensées du feu chaleureux aux herbes aromatiques brûlant habituellement dans l'âtre de la cheminée des intellectuels et rats de bibliothèque de l'école, de ses couleurs agréables et propres à l'inspiration, Rebecca scruta avec dépit le rouge agressif et l'or vulgaire qui l'entouraient et laissa bruyamment tomber à terre ses affaires scolaires. Elle était épuisée et devait s'entraîner à produire un Patronus, un exercice magique de la plus haute importance pour sa propre sécurité mais extrêmement délicat à réaliser, cela pour le cours de Défense contre les Forces du Mal sans quoi elle obtiendrait une note médiocre à son examen – et laissez-moi vous dire que « médiocre » ne faisait pas partie du vocabulaire de la majorité des Ravenclaw, les petits génies du Château : les brillants esprits, ceux que les traditions et la force séculaire de l'ancestrale segmentation des masses destinaient aux plus hautes carrières. Arrogants pour nombre d'entre eux, prenant pour justification de tout leur mépris leurs seuls talent et neurones.

Tirant de la poche de poitrine de sa robe de sorcière sa baguette en bois de roseau agréablement souple et flexible et au toucher délicieusement délicat, Rebecca prit place dans un fauteuil confortable près du feu tout en observant machinalement, sans songer à rien de particulier la flamme vacillante d'une chandelle toute proche. Tâchant de se représenter la menace posée par un Détraqueur tout en focalisant ses songes sur sa bien-aimée tour disparue, Rebecca prononça clairement et distinctement la formule … et rien ne se produisit. Après plusieurs autres essais infructueux, la sorcière concentra son esprit sur diverses sensations provoquant en elle une douce sensation de bien-être : le visage d'Ezékielle, la voix légère de Nell, le bleu des yeux de Clyde, la fierté qu'elle éprouvait en manipulant la magie, l'expression assurée de Keaton au bras de Sawyer Waldorf … une agréable sensation de chaleur parcourut son bras tandis qu'un rayon de fumée blanche sortit de sa baguette, adoptant peu à peu la silhouette d'un animal de petite taille. La brume argentée changea de forme, dessinant un félin gracile et élégant aux teintes oscillant entre l'argent et le gris sombre … un corps svelte et souple … un bleu russe. Rebecca avait déjà observé cette très belle race de chat aux yeux émeraude et au pelage gris perle dans les livres traitant des animaux qu'elle dévorait en un rien de temps étant petite. Une étrange émotion poignante monta en elle, inondant ses yeux de larmes de joie : elle avait devant elle le plus pur concentré de toutes les émotions positives, de tout ce qui était beau et bon dans ce monde violent et sans pitié. Un craquement derrière elle lui fit tourner la tête : le patronus disparut aussitôt, et Rebecca posa sur Keaton un regard vaguement absent très différent de la façon dont elle le regardait habituellement. Il représentait pour elle en cette période perturbée une attache, un point d'ancrage auquel se raccrocher.


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