Memories are my enemy, torturing me every day, a little more...

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Message par Emalee Gilliam le Dim 6 Fév - 17:29

    Le temps semblait être ralentit ces dernières semaines. Les bruits de couloir, l'éloignement de Clyde, mes nuits plus que hantées par des images que je souhaiterai plus distantes, tout était réunis pour me compliquer la vie. Le lac était donc devenu une sorte de refuge pour moi, loin du tumulte de l'école, d'un calme apaisant. Emmitouflée dans un grand gilet noir, mon sac négligemment accroché en bandoulière, je me dirigeais vers l'arbre contre lequel je m'appuyais, face à la surface d'eau calme. Le soleil n'était pas encore couché, cela ne saurai tarder, cependant la lueur orange de ce dernier m'émerveillais, j'aimais ce moment de la journée, c'était reposant. Je n'arrivais toujours pas a croire que ma vie avait changé à ce point. Clyde me manquait tellement... Je n'avais pas réalisé la force de mes sentiments pour lui, avant de le perdre. Car j'en étais persuadée, je l'avais perdu avant même d'avoir eu ma chance avec lui, cela me tuait. Peut être était-ce notre karma, le futur le casait déjà avec Garden, ce qui, je devais l'avouer, me soumettait à une jalousie honteuse. De plus, il formait déjà une sorte de couple idéal avec Quinn, le couple de l'année... Il fallait que j'arrête avec ce cynisme mal placé, je n'avais pas la légitimité de me poser en jalouse, je n'étais pas sa petite amie... A présent assise au sol, un livre sur les genoux, mon sac posé à mes côtés, je ne pu retenir un soupir d'agacement, ma vie était si simple avant l'explosion de cette stupide tour, cette stupide répartition dans les dortoirs, cette stupide fiole.
    Ouvrant sans grande conviction l'oeuvre sur mes genoux, je faisais un effort de concentration, vainement. Relevant frénétiquement les yeux, je n'arrivais pas à me plonger dans l'histoire en question. Mon esprit était bien trop loin de tout cela, il était tellement plus occupé par d'autres histoires toutes aussi romanesques que celles des livres. Passant distraitement la main dans mes cheveux, je cherchais une échappatoire, une sortie de secours à tout cela. Mais il fallait se rendre à l'évidence, il n'y avait pas de solution miracle, tout n'irait pas bien après un coup de baguette magique. Des pas lointains me tirèrent de mes réflexions. Me retournant, j'apercevais une silhouette qui ne me laissais pas indifférente. Me retournant brusquement, retrouvant ma place derrière l'arbre, je ne sais pas vraiment si j'essayais de me cacher ou autre, mais derrière cet arbre, il ne pouvait me voir. Fermant les yeux, ma respiration fut coupée par un simple flash, d'à peine quelques secondes, une main parcourant les courbes d'un corps que je devinais mien. Ces "visions" n'étaient pas rares, mais elles me prenaient toujours à l'improviste, me coupant le souffle, rosissant mes joues. Il fallait que je parte d'ici. Qu'allais-je bien pouvoir lui dire au juste? "Salut salut, on a fait l'amour, je m'en souviens plus, et depuis tout le monde me prend pour une sal*pe. Et toi, ça va?", loin d'être une bonne entrée en matière. Me levant le plus discrètement possible, j'attrapais mon sac du bout des mains. Le truc, c'était de partir par derrière, courir jusqu'à l'autre arbre et rester derrière le temps qu'il continue son chemin. Surveillant mes arrières, je contournais l'arbre doucement...
    « HA! »
    La chute en arrière ne fut pas douloureuse, mon ego seulement en pris un coup, mais il était habitué. Je m'étais, en effet, retrouvée face à face avec Adam alors que je m’apprêtais à partir. Il fallait l'avouer ,ce coup là, je l'avais pas vu venir. Me relevant sans grandes difficultés, je me retrouvais face à lui, ne pouvant pas empêcher mes joues de devenirs rouges. Je ne m'étais pas préparées à revoir Adam après le matin où je l'avais quitté, encore trop "ensorcelée" pour comprendre. En réalité, nous avions jamais abordé ce sujet ensemble, pour la simple et bonne raison que nous ne nous étions pas encore croisés. Peut être était-ce pour le meilleur, qu'allions pouvoir nous dire?
    « Adam... Je... Euh, bonjour. Tu vas... bien? »
    Bredouillant de pauvres phrases, les yeux dirigés vers le sol, rouge comme une pivoine, prête à tout pour fuir. Il fallait pourtant que nous parlions tous deux. Levant les yeux vers lui, croisant son regard, une nouvelle réminiscence de la nuit que nous avions passés tous deux m'assaillit à nouveau. Ne pouvant, à présent, plus détacher mon regard du sien, pour mon plus grand malheur.
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Re: Memories are my enemy, torturing me every day, a little more...

Message par Adam Meyer le Dim 6 Fév - 20:04

    On ne pouvait pas dire que mes pensées étaient très organisées ces derniers temps. Tellement de choses me tombaient dessus d’un coup, que ça en devenait effrayant. Je n’étais pas quelqu’un d’impressionnable, et il était dur de me déstabiliser, mais alors que tout semblait jouer contre moi, j’avais du mal à rester stoïque et inébranlable. J’avais la désagréable impression que les choses essentielles me filaient entre les doigts. Avais-je encore le contrôle de quoique ce soit? J’en doutais de plus en plus et de jours en jours. La mission, qui aurait du être mon centre de gravité, devenait de plus en plus délicate à mener à bien. Je n’arrivais pas à approcher Clyde, et je n’étais pas certain d’avoir récemment arrangé cet état de fait. Si le moment que j’avais passé avec Emalee était encore excessivement flou dans mon esprit, ses répercutions n’en étaient pas moins réelles. J’avais réussi à me montrer honnête avec Garden, car je ne voyais pas d’autre comportement à adopter vis-à-vis d’elle, et ça s’était plutôt bien passé. Néanmoins, je savais qu’il ne m’était plus possible de faire le moindre faux pas. Avec ou sans assistance magique, je devais me montrer irréprochable à l’avenir, sans quoi je pouvais tracer un trait sur la seule personne que j’aie jamais vraiment aimé. Je ne doutais pas de mon amour pour Garden, c’était même une des seules choses dont j'étais certain à l'heure actuelle. Mais il était difficile de dire de quoi l’avenir serait fais, j’étais bien placé pour le savoir.

    « Meyer! »

    Une tête inconnue; je n’avais pas réalisé être moi-même aussi populaire, même si j’allais bientôt avoir une explication. Le serpentard s’approcha de moi et me servit un sourire mauvais dont ceux de sa maison semblaient avoir le secret.

    « Je sais pas comment tu as fais pour avoir la petite Gillam, mais t’as sacrément bien géré! Il parait qu’elle est allée s’aérer là, tellement elle va mal. »

    J’haussai un sourcil. Déjà, j’ignorais comment il pouvait m’aborder en me disant de telles choses, ensuite je me demandais quel tordu il fallait être pour exulter après un commentaire du genre. Finalement, l’air sombre, je lui répondais sans le moindre enthousiasme:

    « J‘pense pas lui avoir fais le moindre mal. Et d‘où tu tiens que je l‘ai « eu »?  »

    Il ricana d’un air cruel et mes nerfs menacèrent de me lâcher. Un type dans son genre, ça méritait des coups en rafale. Un peu comme Neal. Je me demandais où il était passé celui là, j’aurais affreusement besoin de lui si jamais je ressentais vraiment le besoin de passer mes nerfs sur quelqu’un.

    « Tiens toi à la page. C’est ce cher Gossip Magic qui vous a balancé. Un serdaigle m‘en a parlé y‘a pas longtemps. Emalee était effondrée! »

    Et il continuait de s’en amuser. N’y tenant plus, je le saisis par le col et le foudroyai du regard. Il arrêta de rire, mais ne se départit pas pour autant de son petit air supérieur. Il me rappelait un serpentard de mon époque. Seule Garden avait été capable de nous séparer quand on en était arrivé aux poings. Mais elle n’était pas là aujourd’hui, aussi cette merveilleuse réplique de mon tortionnaire risquait de passer un mauvais quart d’heure.

    « Tu me fais de la peine. T‘as besoin du malheur des autres pour donner un sens à ta vie? Pourquoi ne pas plutôt tester avec ton propre malheur? »

    Je serrai le poing et un sourire fin s’immisça sur mes lèvres. Cette fois-ci, j’avais réussi à faire ravaler son sourire à cet abruti. Il commençait même à pâlir. Et ça n’avait rien d’amusant pour moi. Je le relâchai donc en agitant légèrement la tête, comme pour en chasser les mauvaises idées qui l’avait assaillies. Le serpentard ne se fit pas prier pour s’éloigner à grand pas, mais il eut la bonne idée de lancer, lorsqu’il se sut hors de portée:

    « En tous cas son malheur, cette salope, elle l‘a bien mérité! »

    Je serrai les dents en soupirant. Ces serpentards n’apprendraient donc jamais. Et moi je ne comprendrais jamais quel intérêt ils pouvaient retirer de la moquerie. Je trouvais ça particulièrement désagréable à entendre, et c’était une conversation à laquelle il était aussi très pénible d’assister. Encore plus lorsqu’elle visait quelqu’un que je connaissais, au moins un minimum. Surtout que j’étais en quelque sorte le coupable dans l’affaire. Si Gossip Magic s’était emparé de l’info’- allez savoir comment - et que ça faisait du mal à Emalee, c’était parce qu’en premier lieu je m’étais laissé piéger par des petits malins de Serpentard. Et si celui que je venais de chopper et que j’avais à ma merci quelques secondes plutôt était l’un de ceux qui avaient fomenté ce plan? Il aurait vraiment mérité une bonne correction. Même si la présomption d’innocence était supposée primer.

    Sans réfléchir davantage, je pris la direction du hall, bien décidé à aller moi-même m’aérer l’esprit. Si Emalee était si mal que ce serpentard aimait à le prétendre, alors je ne pouvais pas rester les bras ballants. Je n’avais pas vraiment envie de la revoir, car j’avais peur que ça révèle certains souvenirs enfouis dans mon subconscient, mais je n’avais guère le choix. J’étais en partie responsable du malaise de la serdaigle, si tant est qu’il existait bien, alors je me devais de la soutenir.

    Le vent fouetta mon visage, mais ça ne m’arrêta pas, pas plus que le soleil déclinant. Je n’étais pas supposé me balader dehors à cette heure-ci, mais ça importait peu. Je déambulais d’un pas trop soutenu pour que quiconque croit que je venais simplement flâner dans le Parc. Les rares élèves que je croisai se pressaient déjà plus ou moins en direction du château. Et je n’osai pas leur demander s’ils avaient aperçus Emalee. Finalement, en obliquant vers le Lac, je finis par la surprendre, derrière un arbre. De là où je me trouvais, c’était dur à dire, mais j’avais l’impression qu’elle se cachait désormais. Un sourire se dévoila sur mes lèvres, et je décidai de la prendre de court, en avançant vers l’arbre, mais pas du côté où elle s’attendait à me voir. Mon plan fonctionna plutôt bien, si ce n’était qu’Emalee se retrouva brusquement les fesses par terre. Je grimaçai pour elle, mais ne l’aidai pas pour autant à se relever. Elle le fit de toute façon très bien elle-même. Et une fois debout, elle se mit à rougir. Je comprenais le malaise, et je le partageais.

    « Adam... Je... Euh, bonjour. Tu vas... bien? »

    Mes lèvres se tordirent entre sourire et grimace. Confronter Emalee allait se révéler plus difficile que je ne l’avais innocemment cru. Je l’avais rejoins sur un coup de tête, oubliant de penser à cette conséquence logique du moment que nous avions partagé tous les deux. Je ne me souvenais de celui-ci que quelques brides, et encore était-ce assez confus.
    Mais le regard d’Emalee capta le mien, m’empêchant de fuir avant même que l’idée n’ait eu le temps de germer dans mon esprit.

    « Je … Eh bien… Oui, ça va. … Et toi? »

    C’était à moi de rougir cette fois-ci, et d’écarquiller de grand yeux troubles tandis qu’une image me revenait subitement en tête. Nos deux corps qui glissaient l’un contre l’autre, et ma bouche qui se posait sur sa peau. J’agitai vivement la tête pour chasser l’image, mais le mal était fais. Le regard planté dans celui d’Emalee, je sentais mon ventre se tordre et une douleur lanciner mes tempes. La confronter se révélait décidément bien plus pénible que prévu. Ce n’était pas seulement le fait de devoir faire face à des images, au rappel de ce que nous avions commis, mais surtout la réminiscence des sentiments que j’avais cru ressentir pour elle. Ça me paraissait bien faux et très peu de chose en comparaison de mes sentiments réels pour Garden. Et pourtant je ne pouvais détacher mon regard d’Emalee. Son visage focalisait toute mon attention.

    « Il parait que tu ne vas pas très bien depuis … la dernière fois. »

    J’avais retrouvé un semblant d’assurance, mais j’étais bien incapable de désigner le moment que nous avions passé ensemble autrement que comme la dernière fois. Bien sûr, je savais que ce n’était pas tant ce que nous avions fais qui lui faisait du tort, mais les conséquences qui en avaient découlé. Aussi, prenant un ton confiant, j’ajoutai sans jamais la quitter des yeux:

    « Il n‘y aurait pas du avoir de rumeurs. Si ça t‘as fais du tort, alors je ferais en sorte que celui ou celle qui les a lancées soit punis. »

    Pourquoi me montrer si prévenant? Je ne pouvais simplement pas faire autrement. Je l’avais cherchée pour m’assurer de ce que le serpentard m’avait signalé. Et je ressentais désormais le besoin impérieux de la rassurer. Pas de la toucher ou de l’aimer, non, simplement de faire en sorte que nos actes ne soient pas impossibles à rattraper.
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Re: Memories are my enemy, torturing me every day, a little more...

Message par Emalee Gilliam le Sam 26 Fév - 16:15

    Ma surprise avait été totale, si puissante que j'en étais tombée à la renverse sur l'herbe quelque peu humide. M'époussetant, je lui faisais à nouveau face, alors que lui même semblait se décomposer. Nous ne nous étions pas reparlés depuis... la nuit que nous avions passée ensemble. Dire que nous étions mal à l'aise était un euphémisme.
    « Je … Eh bien… Oui, ça va. … Et toi? »
    Souriant mélancoliquement, je lui répondis d'un simple hochement de tête. Je n'étais pas encore assez sûre de ce que je ressentais pour le prononcer à voix haute. Je n'osais pas croiser son regard, de peur de provoquer quelque chose en moi. Je ne savais pas comment j'allais réagir aux vues de son regard.
    « Il parait que tu ne vas pas très bien depuis … la dernière fois. »
    Levant cette fois les yeux vers lui, je ne pu empêcher nos regards de se croiser. Je ne pus par la suite me résoudre à détacher mes yeux de lui. Mon pouls s'emballa subitement alors que je ne comprenais pas totalement ce qui se passait en moi. Secouant la tête frénétiquement, fermant les yeux pour ensuite les planter dans le sol, je me tournais afin de faire face au lac. Il était magnifique... Noir et pourtant d'un calme olympien.
    « C'est... un peu difficile. »
    Difficile? Mon dieu, que j'étais douée en euphémismes. L'homme que j'aimais n'étais plus capable de me regarder en face, blessé par mon attitude. J'apprenais que Clyde était amoureux de moi, pour finalement le perdre. Quelle ironie. Comme si cela n'était déjà pas suffisant, je devais supporter les regards, les remarques, les propositions indécentes. Je devais faire avec les nouvelles rumeurs, propagées par des c*nnards en manque d'attention. Il me fallait cependant être honnête avec moi même, tout cela n'avait pas de réelle importance. Seul Clyde me préoccupait ces derniers jours, depuis notre dernière entrevue. Je sentais le regard d'Adam, posé en permanence sur moi et devais lutter afin de ne pas planter le mien sur lui. Après un moment d'absence, je me retournais à nouveau, lui faisant face et accrochant à nouveau son regard. Je ne comprenais pas vraiment ce qui me poussait à le faire, pourquoi je ressentais ce "besoin", je n'arrivais tout simplement pas à lutter contre cela.
    « Il n‘y aurait pas du avoir de rumeurs. Si ça t‘as fais du tort, alors je ferais en sorte que celui ou celle qui les a lancées soit punis. »
    Un sourire vint se poser sur mes lèvres, illuminant mon visage autrefois si sombre. Soupirant, je gardais cependant le silence un long moment, me contentant de sourire avec un air amusé. Je ne comprenais pas ce qui poussait tous ceux qui me côtoyaient à vouloir me protéger, avais-je tant l'air d'être une petite chose fragile? Je ne m'en plaignais pas, c'était plutôt valorisant, mais je comprenais qu'il me fallait prendre soin de moi-même, ne pas compter sur autrui pour me défendre ou défendre mon honneur. Je n'étais pas une petite fille, je ne l'étais plus. Reprenant un air quelque peu ailleurs, j'haussais les épaules avant de perdre mon regard au delà d'Adam.
    « Tu sais, les rumeurs, ça va, ça vient... On ne peut pas empêcher les gens d'occuper leur vie morne et plate à nos dépends. »
    Depuis quand étais-je devenue si... philosophe? Prétendre que je ne me préoccupais pas des rumeurs étaient un peu présomptueux de ma part. J'étais bien sûre blessée d'entendre certaines choses à mon sujet. J'avais autrefois l'image désagréable de la petite fille fragile, depuis le temps que j'avais voulu m'en débarrasser... J'étais à présent une sorte de marie couche toi là, sans vertu. Formidable.
    « Je ne vais pas te mentir... Entendre que je suis une p*te n'est pas tellement agréable. Et recevoir des propositions indécentes, simplement parce qu'ils se sentent à présent libres de me traiter comme bon leur semble, n'est pas non plus très flatteur. »
    Replaçant une mèche derrière mon oreille, je soupirais à nouveau, plutôt lassée de toute cette attention malsaine. Les élèves de cette école n'avaient rien de plus intéressant à faire? Je connaissais l'histoire, une rumeur en remplaçant une autre... Seulement la rumeur remplaçant celle de mon aventure avec Adam, concernait une aventure hypothétique entre moi et un autre garçon.. Allaient-ils seulement me laisser tranquille?
    « Tu... n'as pas eu de problèmes de ton côté? »
    Je ne savais trop pourquoi, mais je me sentais en totale confiance à présent avec Adam. Peut être commettais-je une erreur, mais je ressentais le besoin de lui parler, de lui expliquer ce qui se passait dans ma vie. Je ne savais pas vraiment quoi penser de lui, aujourd'hui, il m'avait prouver que je pouvais baisser ma garde avec lui, que je pouvais lui faire confiance, mais avais-je raison? M'asseyant, adossé à l'imposant tronc de l'arbre, je proposais à Adam de s'asseoir à mes côtés.
    « Clyde... Il... Il ne veut plus vraiment me parler. En fait, c'est ça le plus... dur. »
    N'osant pas vraiment aller plus loin, je me contentais de garder le silence, laissant à Adam la possibilité de m'exposer à son tour les retombées de cette nuit sur sa vie. La discussion était moins étrange que je ne l'aurais pensée, je n'irais pas jusqu'à me clamer à l'aise en présence d'Adam, mais lui parler me semblait plus naturel que je ne me l'étais imaginé.
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Re: Memories are my enemy, torturing me every day, a little more...

Message par Adam Meyer le Mer 1 Juin - 15:22

    « C'est... un peu difficile. »

    Il aurait fallu être aveugle pour ne pas voir son trouble et bien stupide pour ne pas le comprendre. Je me rendais compte qu’elle peinait à me parler, et quelque part cette constatation me faisait du mal. C’était idiot, mais j’avais envie qu’elle arrive à me parler sans fard, ni aucune retenue. J’estimais qu’après ce que nous avions partagés, nous pouvions au moins écarter la fausse pudeur.

    « Il n‘y aurait pas du avoir de rumeurs. Si ça t‘as fais du tort, alors je ferais en sorte que celui ou celle qui les a lancées soit punis.
    -Tu sais, les rumeurs, ça va, ça vient... On ne peut pas empêcher les gens d'occuper leur vie morne et plate à nos dépends. »

    J’eus un léger éclat de rire, sans joie. Je ne pouvais qu’acquiescer, mais je trouvais ça triste. Et j’avais beau savoir que les gens étaient à l’affut du moindre ragot, comme des vautours, je trouvais toujours ça aussi désagréable de le constater. Je me sentais alors très loin d’eux et de leur monde, dans l’incapacité de ne serait-ce qu’essayer de les comprendre.

    « Je ne vais pas te mentir... Entendre que je suis une p*te n'est pas tellement agréable. Et recevoir des propositions indécentes, simplement parce qu'ils se sentent à présent libres de me traiter comme bon leur semble, n'est pas non plus très flatteur. »

    Mes yeux s’agitèrent un instant, n’osant pas se poser directement sur Emalee. Je me sentais coupable de ce qu’elle devait endurer. Car si je n’avais pas été aussi faible, et si je n’avais pas échapper la fiole, tout ceci n’aurait pas lieu d’être. Et lorsque la culpabilité passa, la rage prit sa place; car je ne comprenais décidément pas ceux qui s’amusaient de la situation. N’auraient-ils pas du plutôt avoir pitié pour nous? Même si l’idée ne me plaisait pas davantage. Après tout, les rumeurs qui s’abattaient sur nous - et surtout sur elle - finiraient tôt ou tard par se diriger vers eux. Ils étaient simplement trop idiots pour le réaliser, et comprendre alors leur intérêt à mettre un terme à ce cercle vicieux.

    « Tu... n'as pas eu de problèmes de ton côté? »

    La question coupa l’escalade de mes pensées. Emalee avait été bien plus touchée que moi par les rumeurs et autres colportages minables. De mon côté, j’avais plutôt eu droit à des clins d’œil et des tapes amicales, même s’il s’en suivait souvent de détestables ricanements. Les problèmes que j’avais eu étaient à vrai dire plus personnels. Trouverais-je le courage de lui en parler? Notamment du fait que Garden avait fini par m’interdire de lui adresser la parole?
    Emalee s’installa contre le tronc de l’arbre derrière lequel elle s’était cachée un instant auparavant, et m’offrit une parfaite diversion en me proposant de m’assoir à ses côtés. Je pris tranquillement place dans l’herbe alors qu’elle reprenait avec hésitation:

    « Clyde... Il... Il ne veut plus vraiment me parler. En fait, c'est ça le plus... dur. »

    Elle n’en dit pas plus, mais ça n’était pas nécessaire. Le regard que je posai sur elle était plus compréhensif que réellement désolé. Je ne pouvais pas non plus me réjouir de savoir que Clyde s’était détourné en partie d’elle. Toujours était-il que je ne comptais pas le déplorer, ni même cacher ce que ça m’inspirait.

    « Alors j‘vais me retenir de sauter de joie. »

    Je lui souris simplement, avant de prendre un air plus concerné. Je ne voulais pas masquer mon opinion, mais je ne pouvais pas pour autant me désolidariser de son malaise. Je savais et comprenais très bien ce qu’elle ressentait. Car même si Garden avait dis me pardonner, je savais que ça n’était pas acquis. Et j’avais du mal à imaginer mon état si elle m’avait repoussé sans chercher à comprendre.

    « Ca va s‘arranger. Il finira par comprendre, s‘il n‘est pas trop bête. »

    Ma main se posa instinctivement sur la sienne, alors que mon regard plongeait dans le sien. Elle avait tout mon soutien, mais je me doutais que ça ne suffirait pas. Ce dont elle avait besoin, c’était la compréhension de Clyde.

    « Il n‘y a rien à pardonner, tu sais. Car on ne peut pas dire qu‘on soit fautifs. Garden l‘a compris. Même si ça reste mon plus gros problème. »

    Je retirai brusquement ma main de celle d’Emalee, comme si je craignais un contact trop prolongé. Mon regard caressa le lac, avant que je ne reprenne sur un ton morose:

    « Elle a accepté, mais je sais qu‘elle continuera à m‘en vouloir et à me le repprocher d‘une façon ou d‘une autre. D‘ailleurs, je ne suis même pas sensé te parler. »

    Je la regardai à nouveau, avant de soupirer. Un sourire faible étira mes lèvres une fraction de seconde. Je ne pouvais pas m’empêcher de lui dire les choses comme elles étaient. Quelques temps auparavant, nous étions de parfaits inconnus. Et pourtant, désormais, je n’avais pas l’impression d’être plus en confiance avec quiconque. Garden faisait encore exception, mais il s’agissait pour moi de relations strictement différentes.

    « Mais je sentais que tu avais besoin d‘un peu de compagnie et de réconfort. Et je ne veux pas te savoir malheureuse, à cause de ce qui s‘est passé. »

    Mes yeux lui criaient de m’en dévoiler davantage, sur ce qu’il s’était passé avec Clyde. Et devant qui pouvait-elle mieux se plaindre de sa réaction que devant moi?
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