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Message par Invité le Lun 8 Aoû - 9:53




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Lisy s’effondra comme une poupée, molle et inconsciente. On aurait presque pu déceler un sourire sur ses lèvres, certainement en vue de la satisfaction qu’elle tirerait des évènements à venir. Ce fut le noir après, un noir profond et sans fin dans lequel elle se plongea sans peur.

Elle ouvrit les yeux, des vagues de douleur se répercutant dans son crâne. Néanmoins cette souffrance ne tarda pas à s’effacer et elle put se concentrer sur ce qu’elle allait faire et sur ce qui l’entourait. Il fallait absolument qu’elle sache où elle se trouve, qu’elle parte ensuite à la recherche d’un miroir et qu’elle découvre si elle avait réussi. Ensuite, elle pourrait jouir de l’apparence d’un autre à son gré – et pauvre personne dont elle avait pris le corps, elle ne s’en remettrait pas aussitôt. Qui avait-elle choisi déjà ? Ah oui, cette pétasse de Leah Parker, qu’elle avait décidé d’enfoncer pour son simple plaisir. Quelle joie ça serait de la faire accuser de torts incroyables, de voir les doigts se pointer sur elle comme des flèches et la voir succomber, mourir. Lisy sadique ? Non, du tout.

Où était-elle ? Toujours dans la même salle de cours désaffectée. Non, ce devait être sa vue qui lui jouait des tours. Et pourtant, plus elle clignait des yeux, plus sa vision était nette et plus elle était certaine de l’endroit où elle se trouvait. Le sort n’avait peut-être pas fonctionné. Ça serait totalement stupide, Lisy jubilait tellement à l’idée de pouvoir s’amuser comme une folle pendant vingt-quatre heures. A côté d’elle, certains de ces alliés qui s’éveillaient comme elle. Et parmi eux, elle-même.
Ses yeux s’écarquillèrent lorsqu’elle aperçut son corps se lever pour s’approcher d’un miroir. Le sort avait fonctionné. Mais pourquoi n’était-elle pas dans le corps de cette maudite Gryffindor ? Pourquoi était-elle toujours dans la salle de cours ? Qui était dans son corps ? Certainement pas quelqu’un qui avait autant de tripes qu’elle, vu son expression en face du miroir. Un sourire moqueur et légèrement soulagé se dessina sur ses lèvres. Que ferait cette mauviette avec cette apparence ? Elle la décrédibiliserait au grand pire et Lisy saurait rattraper le coup. Facile. Il fallait néanmoins qu’elle sache qui avait pris place dans son corps, et vite. Non, d’abord qu’elle sache quelle apparence elle avait à présent. A la vue de ses mains, elle réalisa déjà qu’elle était restée dans le corps d’une femme. Soulagement ? Lisy avait déjà pensé au fait qu’elle pourrait par erreur atterrir dans le corps d’un homme et qu’elle s’en amuserait tout autant. Mais sa joie s’évanouit à l’idée que son hôte n’était pas Leah Parker. Des jurons glissaient entre ses lèvres tout naturellement et certains de ses alliés la regardèrent comme si ce n’était pas dans les habitudes de la personne dont elle avait pris possession du corps. Lisy comprit rapidement pourquoi : elle était à présent dans le corps de Kristinna Westfield.

En s’apercevant dans le miroir, elle ne put s’empêcher de reculer de quelques pas avant de se stabiliser. Elle n’avait rien contre Kristinna, non. Elle ne la connaissait pas tellement non plus, c’était une des alliées de Clyde et elle avait un comportement exemplaire dans la vie quotidienne en flirtant seulement. Lisy la rendrait un peu moins frigide si elle trouvait l’occasion, sachant qu’elle n’allait plus loin qu’avec Duane seulement. Duane… Sa bouche se fendit en un sourire mauvais. Elle lui réglerait son compte à ce petit fouineur sans qu’il ne se rende compte de rien.

Sans un mot, Lisy se glissa en dehors de la salle de cours et descendit deux étages. C’était étrange tant tout était naturel. La différence de corps, de démarche ou de sens auraient du la perturber, ou du moins, elle avait prévu quelques inconvénients passagers mais c’était loin d’en être le cas. Il fallait qu’elle trouve sa première cible, Duane Cleveland, ce petit poulet à emmener à l’abattoir avant de profiter pleinement de sa journée, qu’elle ait le contrôle du corps d’un de ses alliés ou pas.

Elle tourna dans un couloir. Quelqu’un approchait, Lisy pouvait l’entendre. Elle releva le menton et, aussi calme que l’aurait été Kristinna, elle avança. Une excitation parcourait ses membres. Il fallait qu’elle paraisse tout à fait naturelle pour n’éveiller aucun soupçon. Aucune erreur ne lui était permise.


    hj : le rp est ouvert, n'importe qui peut y répondre sans crainte, Lisy ne mord pas mrgreen


Dernière édition par Lisy Shank le Dim 30 Oct - 12:01, édité 1 fois

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Re: Cascade - jeffree - | Terminé |

Message par Nicholas Carr le Mer 24 Aoû - 21:10


(c) MishMish

Jeffree s’accrocha aux rebords de son lit. Il observa la pièce s’agiter rapidement, les différents objets trembler sur les meubles avant de s’écraser sur le sol. Il ne lui fallut qu’un instant pour croiser le regard de Tom qui venait de pénétrer dans la pièce en se tenant aux murs. Il put lire sur ses lèvres un semblant de « Putain mec qu’est-ce qu’il se passe ?! » affolé avant que tout s’arrête. Brusquement, comme ça, plus rien. L’adolescent se releva les genoux tremblotants, avant de se laisser retomber sur le matelas. Sans bien comprendre ce qu’il venait d’arriver il scruta son dortoir. Un vrai bordel ; livres, balais de quidditch, confiseries, uniformes et autres parsemaient le sol. Poudlard venait de trembler ; du fin fond de ses entrailles.

Jeff se redressa et s’engouffra dans la salle de bain. Sans attendre il ouvrit le robinet d’eau froide et s’aspergea le visage. Ce n’était pas normal, pas un simple tremblement de Terre. On aurait dit que le château venait de s’éveiller d’une torpeur lointaine et manifestait son mécontentement. Une forme de lutte ou de résistance à un évènement advenu. Il attrapa une serviette et tenta de se calmer. En espérant qu’une seconde secousse ne les surprenne pas à nouveau, il était temps d’aller affronter la situation. Au final, si quelque chose de grave était à l’origine de cette surprise matinale les élèves ne tarderaient pas à le savoir. Les nouvelles circulaient bien vite dans l’enceinte du château.
D’un pas pressé il descendit les escaliers pour atteindre sa salle commune. Là aussi quelques tableaux étaient tombés, les premières années s’étaient entassés près d’un canapé, abasourdis ; plus loin Jeff aperçut Tom entouré de nombreux 6ème et 7ème année. Il s’approcha.

    XX – Je reviens de la grande salle, il y a pas mal de mouvements dans les couloirs. Personne ne sait quoi penser, on sent plus un espèce d’affolement qu’autre chose. J’me disais qu’Andrews et ses larbins allaient en profiter pour faire chier l’monde, mais non j’ai pas croisé sa sale tête.


Lisy putain. Plusieurs mois qu’ils ne se parlaient pas mais c’était toujours à elle qu’il pensait en premier. Il avait envie de la voir. On ne parlait pas de blessés mais ce climat le foutait complètement en l’air. Il demanda à ses amis de le prévenir s’il se dégageait une quelconque information et puis traça son chemin jusqu’au portrait de la Grosse Dame. Il lui fallut bien deux minutes pour qu’elle le laisse passer, apparemment il n’était pas le seul à avoir perdu son sang froid.
Ce besoin compulsif de la voir n’était pas nouveau, mais il avait appris à en faire abstraction. Avec les derniers évènements il s’était même parfois penché vers l’indifférence. Au fond, savoir qu’elle faisait partie de cette bande de Crétins le mettait en rogne, mais il n’avait pour l’instant ni l’envie ni la force de se battre contre cet égocentrisme (et autres) qui l’avaient poussée à se joindre à eux. D’autant plus qu’elle était plus du genre cavalière solitaire et il savait bien que tout cela n’était qu’un prétexte pour remédier à une envie d’amusement qui aurait pu briser la monotonie du quotidien au Château. Il lui était même arrivé de penser que c’était lui, avec ses incessantes demandes de ‘stabilité’ pour leur « couple », qui l’avait poussée à se lancer là-dedans. Une simple réponse à l’espèce d’ultimatum qu’il lui avait lancé ; elle ne se pliait aux volontés de personne. Elle l’avait puni pour avoir cru qu’elle pouvait être assez vulnérable pour se plier à ses requêtes. Dans le genre « tu vois, on ne menace pas Lisy Shank ». Elle s’en était bien sortie sur ce coup ci.

Malgré tout Jeffree continuait d’arpenter les couloirs. C’était difficile à admettre mais ses sentiments pour Lisy étaient capables d’effacer toute autre rancœur. Et même s’il n’était toujours pas prêt dans l’immédiat à l’affronter, il voulait juste pouvoir distinguer son visage à travers la foule. Un espèce d’énervement s’empara de lui. Vraiment, il ne manquait plus que ça à Poudlard, que le château se réveille histoire de leur dire « Eh coucou bande d’imbéciles, m’emmerdez pas ou je peux vous écraser d’un coup. Haha. » Ouais, haha, vraiment. En se passant une main sur sa poche il se rendit compte qu’il n’avait même pas pris sa baguette magique. Il était bien le pire sorcier que Poudlard pouvait accueillir. Tant pis.

    J – Excuse-moi, tu n’aurais pas vu Lisy Shank ?!


Il venait d’arrêter une fille, dans un couloir étonnement vide. Las de chercher à l’aveugle il tentait de mettre les chances de son côté. La fille s’appelait Kristinna quelque chose, il l’avait déjà vaguement croisée à diverses occasions. Elle arqua un sourcil. Putain mais quel crétin. Pourquoi un gryffondor comme lui chercherait-il la pire des vipères ? Il devait quand même protéger ses arrières, si une quelconque rumeur circulait Lisy lui ferait la peau, et plutôt deux fois qu’une.

    J – On m’a envoyé la chercher. On peut se mentir à soi-même, mais difficile de leurrer ceux qui nous ont vus apprendre à mentir.




hj - je sais pas trop où ça peut nous mener, mais j'avais envie de tenter. <3
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Re: Cascade - jeffree - | Terminé |

Message par Invité le Dim 28 Aoû - 10:07









    Excuse-moi, tu n’aurais pas vu Lisy Shank ?


Lisy avait été pétrifiée après avoir d’abord reconnu le rythme des pas de Jeffree, le frottement de ses chaussures sur le sol qu’elle connaissait par cœur, puis après l’avoir vu tourner au coin du couloir. Elle oublia tout ce qui s’était passé jusqu’à présent – sa métamorphose, tous ses actes, toutes ses paroles – tout se vidait dans sa tête à une vitesse vertigineuse. Son cœur battait la chamade, ses jambes ne la soutenaient plus. Que lui arrivait-il ? Elle qui s’était promise de rester naturelle pour éveiller aucun soupçon, jusqu’au moment où elle croiserait Duane. Mais elle n’avait nullement prévu de croiser Jeff sur son chemin. Si elle l’évitait, c’était forcément qu’il y avait une raison. Et à présent, elle se trouvait en face de lui, avec un regard qui pouvait sembler mauvais mais qui était bien plus décontenancé qu'autre chose. Bordel.

La voix du jeune homme la sortit de ses pensées. Oui, elle est là, juste en face de toi, elle est là, elle était là… Lisy se ressaisit. Il fallait gérer cette situation le sang froid. Elle avait déjà vécu pire après tout. Non, il n’y avait rien de pire que de devoir affronter Jeff, surtout sans sa vraie apparence. Elle avait peur. Elle avait peur de ne pas réussir, de voir sa belle journée encore plus gâchée. Elle avait peur de ne pas convaincre Jeff, qu’il voit clair en son jeu, qu’il la démasque et qu’ils aient une confrontation. Elle avait peur de lui dévoiler qu’il était son point faible, chose qu'elle avait finie par accepter au fil du temps. Au fond, elle avait surtout peur de s’avouer qu’il était plus qu’un simple jouet, qu’il était bien plus important que ce qu'elle pouvait prétendre depuis le début.

Elle releva le menton, semblant sortir de ses pensées et haussant les sourcils d’un air méprisant, le toisa.

    On m’a envoyé la chercher.


Mensonge. Pourquoi la cherchait-il ? Elle mourrait d’envie de le savoir. C’était écrit sur son front qu’il mentait. Mensonge, mensonge, mensonge. Pourquoi mentait-il ? S’était-il passé quelque chose ? Dans tous les cas, très peu de gens s’aventuraient à parler sur elle et c’était tout à fait convenable ainsi. Voulait-il que tout le monde les voit ? Manque de pot, aujourd’hui, ce ne sera pas possible, à moins qu’il ne trouve sur son chemin l’autre Lisy. Qu’arriverait-il si cela avait lieu ? Que se passerait-il si Jeff rencontrait la « fausse » Lisy ? Ça tournerait à la catastrophe. Et ça serait difficile à rattraper, Lisy en était convaincue.

    Non.


Sa voix était tranchante, pour mettre de la distance entre eux deux, pour éviter de les rapprocher et pour lui rappeler sa situation, éviter qu'elle ne s'emmêle dans ses paroles, ses actes.

    Mais si tu as un message, je peux lui transmettre.


Et toc. Sa voix s’était soudainement fait bien plus douce, plus aimable et ses lèvres s’étaient fendues en un petit sourire. Néanmoins, Lisy savait bien que Jeff n’allait rien lui dire – ou du moins, elle savait qu’il n’allait pas vendre la mèche facilement. Il fallait lui tirer les vers du nez. Comment ? Il lui fallait une excuse, lui dire qu’elle allait justement la chercher. Mais il ne fallait pas éveiller aucun soupçon de sa part. Comment faire ? Elle qui croyait si bien le connaître, elle se trouvait à présent désemparée. Une solution, vite. Il fallait qu’elle entre dans son jeu, faire semblant de ne pas avoir remarqué le fait qu’il lui mentait.

    Il s’est passé quelque chose ? D’habitude, peu de personnes – surtout de misérables Gryffindor – la cherchent…







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Re: Cascade - jeffree - | Terminé |

Message par Nicholas Carr le Ven 2 Sep - 19:42

Pendant quelques instants Jeffree cru saisir dans le regard de la serdaigle un espèce d’état de choc. Elle semblait désemparée, prise au dépourvu. Etait-ce l’effet d’un gryffondor cherchant une serpentard ? Non, certainement pas. Elle avait semblé surprise bien avant qu’il la questionne. C’était bizarre, on aurait dit une fille perdue dans un espace n’étant pas le sien. Elle méditait, silencieuse. En cherchant plus loin il aurait peut-être saisi certaines mimiques, quelques mouvements d’une Lisy à la fois étonnée et heureuse de le croiser à l’improviste au détour d’un couloir. Il aurait pu creuser et découvrir son désarroi face à cette première rencontre, depuis plusieurs semaines. Lui qui l’évitait drastiquement s’était retrouvé simplement face à elle et l’avait abordée l’air le plus naturel du monde. Mais tout cela était bien évidemment caché par une apparence trompeuse, celle d’une Kristinna que Jeff connaissait peu, et qu’il ne pouvait donc pas se croire capable d’analyser en un seul regard. Qui est assez fou pour penser d’instinct que la personne qui lui fait face n’est en fait qu’une image dans laquelle se cache une tout autre personnalité ?
    K – Non. Mais si tu as un message, je peux lui transmettre.

Jeff arqua un sourcil. Elle ne pouvait lui dire où Lisy se trouvait mais allait faire office de messagère ? Et depuis quand Lisy et Kristinna Machinchose étaient-elles assez intimes au point que l’une cherche l’autre ? Il pouvait, sans prétention, estimer connaître Lisy, et connaître la plupart de ses fréquentations, du moins, celles officielles. De plus, malgré ces semaines de distance il était loin d’être capable de se désintéresser totalement d’elle, c’était même d’un œil avisé qu’il observait les personnes qui défilaient devant la Serpentard. Alors quoi, depuis quand étaient-elles si proches ?
    J – Non. Ca ira, merci.

Jeff enfila ses mains au fond des poches de son sweat. Il haïssait ce sentiment d’impuissance. Elle était là, n’importe où, et lui n’avait aucune idée d’où la trouver. Quelques semaines plus tôt il aurait pu facilement deviner ses déplacements, mais depuis qu’elle s’était ralliée aux Crétins l’histoire avait pris une autre tournure. Il se pinça la lèvre inférieure. Bon, voyons il était passé devant la grande salle, où s’étaient réunis de nombreux élèves, et elle n’y était pas. Il ne s’était pas dirigé vers les cachots, parce qu’il n’avait pas vraiment envie de faire face à une bande de serpents névrosés et agités par le tremblement. Il sentit un sentiment douloureux s’abattre sur lui : la résignation. Poudlard était énorme…
    K – Il s’est passé quelque chose ? D’habitude, peu de personnes – surtout de misérables Gryffondor – la cherchent.

Ha oui ? Et qu’est-ce qu’elle en savait, elle, de la vie de Lisy Shank ?! Comment pouvait-elle prétendre la connaître, se sentir capable de juger de ses fréquentations ? Elle n’était rien qu’une petite intéressée qui voulait faire sa maline dans un moment de faiblesse du château. La tension et l’énervement écrasèrent rapidement tout autre sentiment. Il n’y avait qu’une personne, dans ce putain de château, qui pouvait prétendre connaître un tant soit peu Lisy, et cette personne c’était lui : Jeffree Darlington, premier de son nom et gryffondor affirmé.

Mais un moment de lucidité le saisit. « Il s’est passé quelque chose ? ». Comment ça, elle n’avait rien senti ? Pourtant tous les élèves qu’il avait rencontrés ne parlaient que de ça ! Les couloirs étaient remplis de marmaille affolée, il avait même été surpris de ne trouver personne ici. Son cœur s’arrêta un instant. Oui, il n’avait trouvé personne d’autre ici qu’elle, tranquille serdaigle qui arpentait les couloirs sans aucune agitation. Elle semblait transparente, étrangère à tout ce qu’il venait de se passer.
    J – Tu n’as rien senti ?! Tout le château a tremblé ! Marrant qu’une Serdaigle aussi avisée que toi – apparemment tu connais les fréquentations de tout Poudlard – ne se soit rendue compte de rien.

Il était certain, certain que quelque chose ne tournait pas rond. Mais quel imbécile, dans tous les cas il ne pouvait être en position de force : sans baguette dans le monde sorcier on n’est rien.
    J – Et depuis quand les Serdaigle jugent les autres maisons de manière hautaine et gratuite ?

Son ton montait progressivement, mais aussi fou que cela pouvait paraître il était certain qu’elle n’était pas si innocente qu’elle voulait le montrer. Seule, au courant de rien et méprisable. Elle semblait vouloir s’élancer dans Poudlard déterminée, mais déterminée à quoi ? Ce tremblement n’était pas naturel. Poudlard s’était réveillé, mais pourquoi ? Que s’était-il passé ? Qui était à l’origine de tout cela ? Trop de questions, aucune réponse, aucune Lisy. Mais si, comme il s’effrayait à le penser, Kristinna était l’une de ces folles dégénérées qui suivaient Andrews, Lisy ne devait pas être loin… Et tout devait aller bien pour elle. Elle devait être baguette en main prête à accomplir les ordres de son bien aimé chef.

De la haine, de la déception. Il aurait bien brandi sa baguette contre Kristinna pour lui arracher quelque chose, mais il n’avait rien. Lui pourtant si désintéressé des affaires du château se retrouvait à vouloir régler ses comptes contre toute cette frustration qui l’avait saisi depuis plusieurs semaines. Il aurait aimé pouvoir affronter Lisy, lui arracher sa baguette des mains et lui faire arracher des mots, tout ce qu’elle se forçait à garder en elle. Mais face à ça, un simple épuisement.

Malgré tout il tenta, rapidement, d’attraper le bras de la Serdaigle, dans l’espoir de lui ôter sa baguette.
C'était fou, tout cela était fou. Il devenait fou.
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Re: Cascade - jeffree - | Terminé |

Message par Invité le Sam 17 Sep - 19:29



Now all your love is wasted ?
Then who the hell was I ?
Now I'm breaking at the britches
And at the end of all your lines

Cela ne semblait pas avoir marché. Il fallait pourtant qu’elle le retienne, qu’il reste. Elle pouvait ainsi le voir, « profiter » de sa présence et le tester, à l’occasion. Malgré ses désirs de s’exprimer librement avec lui, de le toucher, de s’excuser pour ce qu’elle lui avait fait, de mettre à nu ses sentiments qu’elle cachait avec une pudeur extrême, Lisy ne pouvait s’empêcher de vouloir titiller les nerfs de Jeffree, il était toujours mignon quand il s’énervait et perdait patience. Mais, pourquoi devait-elle s’excuser pour ce qu’elle avait fait, pour ce qu’elle était ? S’excuser pourquoi, exactement, d’ailleurs ? D’agir avant de réfléchir ? De n’avoir que peu de pitié ? De l’éviter ? Elle n’avait aucune raison de s’excuser, non, aucune. Ou du moins, c’était ce qu’elle tentait de se faire croire.

Et voilà qu’elle venait de poser une question qu’il aurait valu garder pour soi. Il semblait outré par sa question, ou par son jugement. Néanmoins, ce fut à sa question qu’il répondit en premier. Jeff paraissait être à bout de force, au bout du rouleau, sur le point de lâcher prise, de tout laisser tomber et d’éclater sans aucune retenue. Aurait-elle la force de se dresser contre lui ? Avant le bal de Noël, aurait affirmé que oui, elle en avait totalement le pouvoir et la force mais à présent, elle ne savait plus. Elle ne se reconnaissait plus, elle découvrait ses faiblesses et cela lui faisait peur. Cela la poussait à se renfermer et à échapper à celui qui la connaissait le mieux : Jeffree.

    Tu n’as rien senti ?! Tout le château a tremblé ! Marrant qu’une Ravenclaw aussi avisée que toi – apparemment, tu connais les fréquentations de tout Hogwarts – ne se soit rendue compte de rien.


Lisy fut surprise par la violence des propos de Jeff et par sa hargne. Son cynisme également était cinglant, sonnait différemment aux oreilles de Lisy. Que lui arrivait-il ? Il ne l’avait jamais vu se mettre en colère aussi rapidement. A quoi pensait-il ? Alors qu’avant, ils semblaient être télépathes, Lisy ne le comprenait plus. Comment le cerner après tout alors qu’elle ne se reconnaissait plus ? Depuis le bal de Noël, elle était une inconnue lorsqu’elle se regardait dans le miroir, tous les matins, qu’elle ait l’apparence de Kristinna ou pas. Tout cela à cause de qui ? Clyde Andrews. Ce petit morveux allait morfler, il l’avait mise dans des situations trop délicates. Certes, elle l’avait voulu. Elle avait décidé seule de se mettre dedans mais c’était lui qui avait décidé de leurs actions, c’était lui qui l’avait poussée à le rejoindre.

    Et depuis quand les Ravenclaw jugent les autres maisons de manière hautaine et gratuite ?


Ce ton là ne présageait rien de bon. L’avait-il démasquée ? Si oui, Lisy n’avait pas imaginé sa réaction ainsi. Jeffree bouillonnait, elle le sentait. Il contenait avec difficulté sa colère, il paraissait sur le point d’exploser. Que lui arrivait-il exactement ? Dans son regard, Lisy lisait clairement de la lassitude, de la fatigue. Il allait probablement abandonner et la laisser tomber. Il allait lui tourner le dos et prendre un autre chemin alors qu’elle avait été convaincue que leurs vies étaient étroitement liées, emmêlées l’une dans l’autre. Peut-être s’était-elle trompée. Peut-être qu’elles finissaient par être deux lignes parallèles qui ne se toucheraient plus jamais. Il ne fallait pas que cela arrive, non. Elle ne laisserait pas une telle chose arriver sans qu’elle ait essayé de l’en empêcher.

Jeffree fondit sur elle. Sa main se dirigeait clairement vers son bras, qu’elle écarta au dernier moment. Que cherchait-il à faire ? Voulait-il sa baguette – enfin, celle de Kristinna - ? Pourquoi ? Qu’était-il arrivé à la sienne ? Il fallait le calmer avant tout, le maîtriser, lui rendre la raison.
Elle saisit le poignet de Jeff avec force et le secoua pour tenter de le réveiller de cet état second qui s’était installé en lui puis rangea sa baguette dans une de ses poches rapidement.

    Écoute-moi bien, Jeff. Si c’est moi que tu cherches, je suis là, devant toi. Qu’est-ce que tu me veux ?


Son regard planté dans le sien, on voyait clairement que Lisy était inquiète. Tellement inquiète qu’elle en oubliait même le fait qu’elle n’avait pas sa propre apparence mais celle d’une autre. Elle se foutait dans une bouse de dragon jusqu’au cou sans s’en rendre compte.

    C’est moi, L…


Elle s’interrompit au dernier moment, réalisant ses propos. Que racontait-elle, enfin ? Elle recula de quelques pas et lâcha le poignet du rouge et or. Elle se détourna et se dirigea vers l’autre bout du couloir. Il fallait qu’elle parte, vite. Qu’elle s’échappe, encore. Si elle croisait Andrews, ce petit moucheron allait être écrasé. Violemment écrasé.

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Re: Cascade - jeffree - | Terminé |

Message par Nicholas Carr le Sam 17 Sep - 21:19

Rien de tout cela n’était normal. Ou peut-être était-ce lui, le problème ? Lui, et son imagination. Quand Lisy était partie de l’orphelinat Jeffree s’était énormément renfermé sur lui-même pendant une période. Tout cela lui semblait bien loin et les souvenirs de cette époque étaient d’ailleurs pour la plupart flous, mais Jeff se rappelait bien de plusieurs entrevues dans le bureau du directeur. Il voyait encore le vieux Mr C (finalement pas si vieux, mais de ses yeux d’enfant il avait l’impression qu’une éternité le séparait de cet homme) souriant face à des dessins et s’esclaffant « Tu as une imagination débordante mon petit Jeffree. » Alors, il se contentait de hocher la tête timidement. Quelques années plus tard, un Noël à Poudlard, Lisy et lui s’étaient retrouvés seuls face à la cheminée des Serpentards. La plupart des Vert et Argent étaient rentrés chez eux pour les fêtes et les quelques rescapés profitaient de la convivialité de la grande Salle ou de Préaulard. Il ne se souvenait plus vraiment du sujet de la conversation, mais il se rappelait s’être lancé dans un long discours, à la suite duquel Lisy s’était contentée de répondre « Ton imagination t’aura un jour, Jeff ». Il n’avait jamais réellement saisi la portée de ces paroles. Peut-être jusqu’à maintenant. Effet douche froide.

L’adolescent sentit d’un coup se relâcher tous les muscles de son corps. Un sentiment de malaise le saisit alors qu’un frisson lui parcourait l’échine. Pourquoi perdait-il son temps ici à parler à une inconnue alors que Lisy ne devait pas être loin. La réalité était bien claire, il ne pouvait s’empêcher de penser à elle. Tous ses souvenirs d’enfance le ramenaient à elle, son adolescence s’était construite sur un sentiment de frustration, regret et rancœur face à sa disparition, et puis elle était réapparue. L’attente avait été longue mais ils s’étaient retrouvés et depuis ils ne s’étaient jamais séparés. Comment avait-il pu prétendre lui imposer une sorte d’ultimatum ? Qu’aurait-il fait, lui, si elle lui avait dit : « très bien, soi notre relation reste comme elle l’est, soi nous nous arrêtons là ». Il aurait été dégoûté, énervé, il l’aurait sans doute haïe pendant un instant, mais la peur et l’idée de la douleur que provoqueraient sa perte auraient vite pris le dessus, et alors il aurait abdiqué. Il aurait abdiqué car la réalité n’était qu’une seule : il ne pouvait imaginer sa vie sans elle.

Cette retombée l’avait tellement absorbé qu’il n’avait pas suivi le déroulement de la scène. Il surprit le regard de Kristinna droit braqué sur lui. Elle lui tenait le bras fermement, comme pour tenter de le calmer. Mais le calmer de quoi ? Il ne s’était jamais senti aussi mou qu’à l’instant précis.

K – Ecoute-moi bien, Jeff. Si c’est moi que tu cherches, je suis là, juste devant toi. Qu’est-ce que tu me veux ?

Il crut apercevoir de l’inquiétude dans ses yeux. Mais il avait beau s’efforcer de comprendre la phrase de la Serdaigle, elle n’avait aucun sens à ses yeux. Elle n’avait donc toujours pas compris qu’il cherchait uniquement Lisy ?

Pourtant, malgré cette certitude il ne pouvait que ressentir un espèce de frémissement dans son corps. C’était comme si une boulle de tension venait de se crever, et tout son contenu s’évaporait. Il se sentait vide, terriblement vide et fragile. Pourquoi avait-il la sensation de la voir face à lui ? Pourquoi ne pouvait-il simplement continuer son chemin sans être hanté par son absence. Il devait être capable d’affronter la vie sans elle. Leurs vies étaient peut-être liées, mais cette dépendance, ce besoin compulsif de la voir qu’il ressentait là à l’immédiat, n’était-ce pas trop malsain ?
Il n’y avait qu’une solution, elle paraissait évidente, mais pourtant bien trop difficile à adopter : qu’il arrête de se voiler la face. Au sens le plus profond, comme le plus superficiel.

K – C’est moi, L…

Un éclair, et elle commença à s’enfuir. D’instinct Jeff la suivit et finit par vite la rattraper. Il n’avait même pas encore réfléchi à ce qu’elle venait de dire. Il n’avait pas percuté. Rapidement ce fut à lui d’attraper son poignet et de lui faire face.

J – Qu’est-ce que tu veux dire ?

Mais le fil doré prenait enfin un sens. Peu à peu la toile se tissait face à ses yeux. Il cherchait dans ses yeux un signe, une confirmation. Merlin, il devenait vraiment dingue…

Du polynectar… ? Non, je dois halluciner. C’est de la folie. Encore cette foutue imagination. Il se murmurait ses paroles à lui-même pour se rassurer, mais face à ce fait il sentait son corps trembler. Elle avait un regard sincère et perdu à la fois. Un tel regard il ne l’avait aperçu qu’une fois, et c’était celui d’une fillette de six ans qui tournait le dos pour la dernière fois au lieu qui l’avait vu grandir, et à l’ami avec qui elle avait pu voir naître les soleils les plus beaux.

Un long moment passa, pendant lequel Jeff tentait d’accepter les mots qu’il s’apprêtait à prononcer. Ils s’imposèrent pourtant, comme une goutte d’eau qui plonge dans l’Océan.

J – Lisy… Mais qu’est-ce que tu fais ? C’est de la folie tout ça, du cinéma…

Qu’est-ce qu’on est devenus ? Deux personnages dépassés par leur histoire ? Ou une histoire dépassée par des personnages ?
Il resserra son étreinte sur le poignet de la Serpentard.

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Re: Cascade - jeffree - | Terminé |

Message par Invité le Ven 23 Sep - 20:48

Merlin, par toutes les bouses de dragon au monde, pourquoi ? POURQUOI ? Pourquoi s’était-elle donc fourrée dans une telle situation ? Qu’est-ce qui, au commencement l’avait amenée à ce point de non retour ? Tout devait avoir commencé lorsque sa mère et son père étaient morts. Ou peut-être même avant, lorsque ses parents s’étaient rencontrés. Elle n’aurait jamais du voir le monde, jamais du aller à l’orphelinat et y rencontrer Jeffree et tous les secrets magiques qu’il renfermait, tous les souvenirs inoubliables qu’il avait ancré en elle. Lisy fuyait, Lisy se sauvait alors que quelques instants plus tôt, elle était déterminée à être forte et à tout affronter pour lui, pour eux.
Elle marchait vite, sans se retourner. Il devait être perdu à cause des paroles qu’elle lui avait adressées. Elle avait commis une erreur, encore une. Rejoindre Clyde ne lui avait apporté que des ennuis, des choses qu’elle aurait aimé éviter. Oui, plus elle y pensait, plus elle se disait que c’était Clyde la source de ses problèmes, internes ou relationnels. Pourtant, ses idées étaient faites pour que Lisy s’amuse. Alors pourquoi ne se divertissait-elle jamais et tombait encore plus bas que la fois précédente à chaque fois ? Il fallait qu’elle quitte Clyde et sa petite bande de rigolos. Elle valait mieux qu’eux tous réunis. Face au constat qu’elle pouvait faire des évènements passés, cette idée s’imposait naturellement, c’était même une nécessité.

Il la rattrapa et, l’empoignant, elle dut lui faire face. Non, pas ça. Il semblait néanmoins qu’elle n’ait pas le choix, son corps refusait de répondre et de se dégager de cette étreinte.

    Qu’est-ce que tu veux dire ?


Lisy resta silencieuse. Elle soupira et passa sa main dans ses cheveux, geste qu’elle ne faisait jamais habituellement. Peut-être était-ce un mouvement que Kristinna faisait parfois, lorsqu’elle était gênée et n’avait plus aucune échappatoire. Elle soutenait néanmoins son regard, pour une raison qu’elle ignorait et qui pourtant, était évidente : s’il trouvait, s’il la croyait, il la tirerait de là. Jeff avait toujours été là pour la sortir du mauvais pas. Combien de fois ne s’était-elle pas fait gronder, à l’orphelinat, grâce à lui ? Elle pourrait aisément le qualifier de sauveur, de super héro qui serait toujours là pour prendre sa défense.

    Du polynectar… ? Non, je dois halluciner. C’est de la folie. Encore cette foutue imagination.


Les doigts de Jeffree tremblaient. Qu’il lui dise quelque chose, bon sang ! Qu’attendait-il d’elle ? Qu’elle lui dise sur un ton guilleret : « hey, Jeff, t’es pas en train de devenir fou. C’est moi, Lisy ! On dirait pas, comme ça, mais c’est bien moi ». Ce serait ce qu’on appellerait de la folie. Lisy se foutait éperdument du fait que la réputation de Kristinna puisse être entachée. Il fallait qu’ils parlent, que Jeffree la croie ou non.

    Lisy… Mais qu’est-ce que tu fais ? C’est la folie tout ça, du cinéma…


Oui, c’était de la folie. Que faisait-elle ? Ou pourquoi le faisait-elle ? De la folie pure. Si seulement un retour en arrière était possible, elle n’aurait jamais accepté la proposition de Clyde et se serait lovée sans crainte dans les bras de Jeffree. Elle aurait du accepter, à l’époque où ils étaient encore « ensemble », de tout officialiser, de tout dévoiler. Pourquoi donc avait-elle refusé ? Pour la simple raison qu’elle avait peur que les gens découvrent qu’elle avait un cœur et qu’il n’était pas fait que de pierre. Pour la simple raison qu’elle craignait qu’on tente de les séparer. Pour la simple raison qu’elle redoutait qu’on s’en prenne à lui à cause d’elle. Il fallait l’avouer, elle avait bien plus d’ennemis que d’alliés à Hogwarts.
Sentait-il les battements du cœur de Lisy qui se succédaient à vive allure mouvoir sous ses doigts et le pénétrer ? Lisy avait l’impression que sa poitrine allait exploser, que ses joues flambaient et qu’elle allait défaillir. Comme elle haïssait ces moments où il fallait s’expliquer. Elle ne trouvait jamais les bons mots, hésitait, se perdait. Pourtant, elle avait évité ces instants cruciaux depuis longtemps. Ils avaient finis par la rattraper.
Tout déballer ? Il semblait qu’elle n’avait pas d’autre choix. Elle ne voulait pas encore fuir. Elle ne voulait pas encore masquer ses pensées. Cela commençait à la fatiguer. Mais il fallait avouer qu’elle avait peur du jugement de Jeffree, de sa réaction. Il ne fallait pas qu’elle se braque, pas encore. Allons, courage.

    J’ai essayé de m’amuser autrement, Jeff.


Elle haussa les épaules avec un petit sourire, pour tenter de prendre de la distance avec ce qu’elle venait de déclarer, pour tenter de se persuader que ce n’était pas grand-chose.

    J’ai essayé mais j’ai échoué. Je sais bien que je n’aurais jamais du. Maintenant, il est trop tard. J’ai été… Stupide et naïve.


Lisy posa sa main sur la joue du jeune homme et la caressa lentement.

« Je suis désolée. » Ses lèvres se mouvaient doucement mais aucun son n’était sorti. Elle espérait qu’il ait compris ses paroles. Elle ne le répèterait jamais à haute voix, non, jamais. Les paroles qu’elle venait de prononcer étaient tout simplement une torture pour son égo. Que faire à présent ? Elle laissa tomber sa main. Elle regrettait amèrement mais il était impossible d’effacer ses erreur d’un coup de gomme, c’était connu.
Un nouveau sourire, toujours discret mais compatissant cette fois.

    C’est fini. Tout est fini. Il est trop tard.


Elle mettait fin à tout alors qu’elle était prête à tout continuer. Néanmoins, c’était ce qu’elle devinait être le meilleur pour Jeff. S’ils étaient faits pour être ensemble, le destin ferait bien les choses et les réunirait à nouveau.
Elle baissa son regard, incapable de le regarder plus longtemps. Cela faisait trop mal. Venait-elle réellement de tout arrêter ? Alors, c’était ça la douleur ? C’était cette boule qui donnait la nausée et semblait arracher les tripes ? C’était bien pour éviter cela qu’elle n’avait pas voulu se montrer avec lui. Trop tard. Elle avait trouvé un autre chemin pour que cette douleur l’atteigne. « Je suis désolée. Je t’aime. »

Non, non, ça ne pouvait pas s’arrêter là, comme ça. Non, elle refusait, ça ne pouvait être la fin. Mais quelle autre solution y avait-il ? Aucune, elle n’en voyait aucune. Mais abandonner ainsi lui paraissait être une forme de lâcheté qu’elle ne pouvait accepter. Qu’il trouve quelque chose avant qu’elle ne parte. Qu’il conteste, qu’il se batte, qu’il hurle, qu’il frappe. Il fallait qu’il fasse quelque chose pour que, contrairement à ce qu’elle venait d’affirmer, rien ne soit fini à l’instant présent. Pour que ce soit un nouveau commencement, ensemble.

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Re: Cascade - jeffree - | Terminé |

Message par Nicholas Carr le Sam 24 Sep - 16:44

There you go my love
Dark hair homeless child
Heading to the world
My sigh in your bag

On our way back home
Somewhere by the sea
I have lost your hand
Trying to be me

AaRON - Tomorrow Morning ;


Plus de doutes. Elle n’avait peut-être pas la même apparence, pas le même pincement de lèvre gêné, mais un regard comme celui là, il n’y en avait qu’un. Son bras tremblait alors qu’il continuait à tenir Lisy. Il avait imaginé mille fois le moment où ils se seraient finalement affrontés, mais cette scène n’avait jamais fait partie des différentes hypothèses. Pourtant c’était arrivé. Ce n’était pas leur propre volonté qui les avait poussés à cela, mais une forme de surprise, de farce, un tour du destin. Toujours aux aguets pour les surprendre celui-là.
Il avait été un instant énervé ; énervé de voir cette tromperie. Frustré de comprendre qu’encore une fois elle s’apprêtait à suivre un plan de Clyde. Déçu. Mais malgré tout, cette rancœur se perdait bien vite derrière le regard de Lisy, derrière ce seul lien qui lui faisait réaliser qu’ils étaient bien là tous deux. Face à face.
    L – J’ai essayé de m’amuser autrement, Jeff. J’ai essayé mais j’ai échoué. Je sais bien que je n’aurais jamais du. Maintenant, il est trop tard. J’ai été… stupide et naïve.

S’amuser… Certains s’amusaient en jouant aux échecs pour sorciers, en faisant des concours de bière-au-beure et whiskey pur feu, en jouant au quidditch... Et puis d’autres s’amusaient en faisant naître la terreur au château. C’était cette partie que Jeff ne saisissait pas. Il savait que Lisy avait un grand besoin de s’affirmer, de se faire respecter, de s’imposer, après tout, quel orphelin ne ressentait pas le besoin compulsif de s’imposer dans la société ? Il savait qu’elle s’était forgé une muraille pour se protéger du monde extérieur, ce monde qui avait souvent essayé de les rattraper et de les engloutir. Et c’était peut-être tout ces faits qui l’aidaient à comprendre – pas accepter, non, comprendre – qu’elle ait eu besoin de se rattacher à quelque chose de fort, ce groupe montant, déterminé, ambitieux…
« Je suis désolée ». Instinctivement il posa sa main sur celle de Lisy. C’était comme dire « Je t’ai comprise ». Elle n’avait jamais dit cette phrase à haute voix et Jeffree s’y était habitué. Il savait bien quand discerner une excuse derrière un regard ou un geste de Lisy. Les mots étaient souvent inutiles entre eux. Après tout, ça faisait bien plus de quatorze ans qu’ils se connaissaient et s’aimaient. Il lui avait rarement reproché quoi que ce soit. Il lui en avait rarement voulu pour quelque chose. Depuis leur enfance il s’afférait à la protéger des inculpations qu’on pouvait lui porter et il l’aurait tout autant protégée maintenant. C’était plus fort que la rancœur et que l’énervement, plus fort que la déception et plus fort que la frustration.
    L – C’est fini. Tout est fini. Il est trop tard.
    J – Non !

Un souffle. Il serra sa main. C’était bien trop simple de se tirer en arrière maintenant en jugeant que la limite avait été dépassée et qu’aucun retour en arrière n’était possible. C’était se défiler de ses responsabilités, de son rôle, de son investissement dans tout ce qu’ils avaient construit. Elle n’avait pas le droit de prendre cette décision seule. Elle n’avait pas le droit de prendre cette décision tout court.
    J – Bien sûr que ça m’énerve que tu aies eu besoin de ça pour t’amuser. Mais honnêtement, je m’en fous Lisy. Tu t’amuses si tu veux, je suis pas là pour t’en empêcher. C’est juste que dans tout jeu il y a des limites. Et je pense que vous les avez largement dépassées. Sérieusement, regarde-toi ! Qu’est-ce que tu fais ? Que ces autres crétins fassent tout ça poussés par une réelle conviction de… De quoi, je sais pas, de supériorité par rapport aux autres ? Bah très bien, ils sont cons. Mais toi… Je sais qui tu es et je sais surtout que tu ne fais pas ça pour te rendre supérieure à… je sais pas, à nous. A moi.

Il marqua une pause, baissa le regard un instant, choisissant ses mots. Il ne voulait pas l’accuser, mais il ne voulait pas non plus qu’elle croie que c’était simple pour lui, de faire face à cette situation, de s’exprimer et de comprendre où il en était.
    J – Je hais l’idée qu’on puisse t’accuser d’être derrière tous ces sales coups. J’ai haï l’idée de t’avoir blessée. J’ai encore plus de mal à comprendre comment tu as pu mettre aussi facilement en jeu notre relation. Et je vais te dire une chose Lisy ; tu n’as pas le droit maintenant de dire que c’est fini et que tu abandonnes. C’est beaucoup trop facile d’abandonner et de vivre ensuite avec des regrets.

Sa voix tremblait et son cœur battait si fort qu’il avait l’impression de ne jamais pouvoir réussir à terminer son discours. Il continua.
    J – C’est trop facile d’étouffer les regrets. Tu ne peux pas abandonner parce que ça fait trop longtemps que nos vies se sont entremêlées. Ca fait trop longtemps qu’on s’évite et qu’on s’empêche d’affronter la situation.

Il farfouillait, il s’emmêlait. Comme l’enfant de cinq ans avec ses boucles brunes qui lui tombaient sur les yeux.
    J – Je t’ai déjà vue partir une fois. Tu n’as pas le droit de me tourner le dos à nouveau.

Elle était là toute la rancœur. Dans cette dernière phrase s’abattait toute la tristesse et la douleur qu’auraient pu provoquer l’abandon de Lisy. Il s’était déjà senti comme ça il y a des années et il s’était alors juré que tout cela ne serait plus arrivé. Leurs vies s’étaient à nouveau entremêlées comme un fil qui, depuis, suivait son chemin. Pourtant c’est si facile de couper un fil en deux. Et à partir du moment où il est coupé, tout se termine.
Il ferma un instant les yeux puis releva le visage et plongea son regard dans celui de Lisy. Chassant toutes ces peurs et idées il secoua la tête un instant.
    J – Il faut qu’on te rende ton apparence.



So let’s sing for the drift,
A high beam in our laughs
Let’s dance for the pain
That gives life to our hearts.
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Re: Cascade - jeffree - | Terminé |

Message par Invité le Lun 3 Oct - 14:35

Cette main qui tenait sa main, elle aurait aimé qu’elle reste dans là éternellement. Ce n’était pas possible, il fallait qu’elle lui tourne le dos à présent. Plus elle restait, plus elle aurait du mal à le quitter. Cela faisait si mal, elle avait l’impression que son cœur se décrochait de sa poitrine, qu’il tombait au fin fond de ses entrailles pour ne plus jamais refaire surface.

    Non !


Elle écarquilla les yeux, qu’elle avait jusqu’alors gardé fixés sur le sol. Quel mot ne comprenait-il pas dans ce qu’elle venait de dire ? Quel passage avait-il raté ? Tout était fini, lui et elle, Clyde et ses missions foireuses… Tout. Elle arrêtait ses conneries mais aussi ses caprices. Elle s’assagissait, elle faisait cela pour son bien à lui. Pour une fois qu’elle avait une bonne intention, qu’il la laisse assumer ce nouveau choix et qu’il la laisse partir.

    Bien sûr que ça m’énerve que tu aies eu besoin de ça pour t’amuser. Mais honnêtement, je m’en fous Lisy. Tu t’amuses si tu veux, je suis pas là pour t’en empêcher. C’est juste que dans tout jeu il y a des limites. Et je pense que vous les avez largement dépassées. Sérieusement, regarde-toi ! Qu’est-ce que tu fais ? Que ces autres crétins fassent tout ça poussés par une réelle conviction de… De quoi, je sais pas, de supériorité par rapport aux autres ? Bah très bien, ils sont cons. Mais toi… Je sais qui tu es et je sais surtout que tu ne fais pas ça pour te rendre supérieure à… je sais pas, à nous. A moi.


Qu’est-ce qu’elle fait ? Elle ne fait que des erreurs, elle passe une année merdique alors qu’elle avait en vue une année magnifique, pleine de rebondissements et de délectation. Mais enfin, que pensait-elle ? Que tout allait être rose et que tout allait se dérouler parfaitement, sans accroche ? Elle s’était trompée, comme un bleu. Non, elle ne voulait pas se rendre supérieure à lui, s’il y avait bien une personne qu’elle jugeait comme son égal, c’était bien lui, Jeffree.
On aurait dit un père qui parlait à sa fille. Des reproches d’abord en douceur puis qui éclataient avant que la frustration ne prenne le dessus. Il était frustré de s’être senti impuissant de ne pas avoir empêché ses actes et ses décisions. Il semblait qu’il avait décidé qu’à présent, il n’allait plus être passif et qu’il allait agir pour qu’ils prennent le « bon » chemin, ensemble. Mais quel était ce « bon » chemin, en réalité ? Une vision parmi tant d’autre, une vision qu’elle aurait certainement très souvent à contredire.

Lisy ne savait que dire. Il s’agrippait à elle, à son bon sens et à ses sentiments. Elle haïssait la capacité de Jeff à la rendre faible et sensible. A la rendre humaine.

    Je hais l’idée qu’on puisse t’accuser d’être derrière tous ces sales coups. J’ai haï l’idée de t’avoir blessée. J’ai encore plus de mal à comprendre comment tu as pu mettre aussi facilement en jeu notre relation. Et je vais te dire une chose Lisy ; tu n’as pas le droit maintenant de dire que c’est fini et que tu abandonnes. C’est beaucoup trop facile d’abandonner et de vivre ensuite avec des regrets.


Et si elle avait choisi la facilité, qu’est-ce que cela faisait ? Ce n’était pas si mal de tout laisser tomber. Cela faisait souffrir, c’était pénible mais elle survivrait. Pour lui, elle déplacerait les montagnes et assécherait les océans, elle pourrait donc survivre sans trop de difficulté.

    C’est trop facile d’étouffer les regrets. Tu ne peux pas abandonner parce que ça fait trop longtemps que nos vies se sont entremêlées. Ca fait trop longtemps qu’on s’évite et qu’on s’empêche d’affronter la situation.


Trop longtemps ? Ils avaient bien résisté à plusieurs années de séparation, quelques mois, ce n’étaient pas… Si, bien sûr que si, ça l’était. Elle regrettait ces quelques mois séparés, elle regrettait de ne pas avoir prononcé le terme « nous » à leur intention pendant ces quelques mois, elle regrettait d’avoir pris de mauvaises décisions. Mais pouvait-elle savoir, à l’instant même où elle avait choisi ? Les choix, elle avait eu la liberté de les faire et l’obligation de les assumer. Mais elle n’avait fait que semblant, jusqu’alors, espérant que la prochaine décision rattrape la précédente et qu’elle n’ait plus aucun poids sur les épaules.

    Je t’ai déjà vue partir une fois. Tu n’as pas le droit de me tourner le dos à nouveau.


Choc. Elle sentait sa gorge se nouer, le rouge lui monter aux joues, ses yeux s’embuer. Elle, pleurer ? Non, c’était juste une poussière qui s’était déposée sur le bord de son œil et qui le chatouillait affreusement. Il ne pouvait pas lui reprocher ça. Tout mais pas ça. Avait-elle eut le choix à l’époque ? Elle s’était battue pour l’avoir mais elle avait échoué, cette vieille bique n’était pas revenue sur sa décision. Lisy avait lutté mais elle avait été vaincue. Avait-elle voulue lui tourner le dos ? Ne se souvenait-il pas comment elle avait protesté à l’orphelinat ? Croyait-il que ça n’avait pas continué après, pendant plus de plusieurs mois et que pour cette raison, elle avait écopé plus d’un an de punition ? Enfin, cela l’avait peu importé, seul le goût amer de la défaite l’avait dérangé.
Cette dernière phrase l’avait brisée. Lisy se sentait terriblement impuissante. Elle retenait son souffle et ses larmes, fuyant du regard son interlocuteur, elle sentait ses forces la quitter. Les poings serrés, elle luttait pour ne pas faillir. Ce n’était pas le moment.
Lorsque son regard croisa à nouveau celui de Jeffree, elle eut l’impression qu’une force nouvelle l’emplissait.

    Il faut qu’on te rende ton apparence.


Elle inspira profondément. Ça, c’était une toute autre histoire. D’après ce qu’elle savait, il n’y avait qu’une façon de reprendre son apparence : attendre. Il lui restait plus de douze heures à patienter dans le corps de Kristinna et cela lui cela lui paraissait être une éternité. C’était une fatalité.

    Il faut attendre. Dans moins de vingt-quatre heures, j’aurais retrouvé mon corps. D’ici là, je ne peux rien faire.


Une pause.

    Si seulement tu savais tout ce que j’ai fait, tout ce qui m’est arrivé et où… Où cela m’a mené…


Elle se remémorait les différentes mésaventures qu’elle avait vécues les mois passés. Comment avait-elle pu tomber dans le panneau aussi facilement à chaque fois ? Elle était fatiguée de tout cela, fatiguée des évènements passés. Néanmoins, devrait-elle tout dire à Jeffree ? Elle ne pensait pas. Comment lui avouer, en le regardant dans les yeux, que c’était elle qui avait détruit la tour des Ravenclaw ?
Lisy se rapprocha lentement de Jeffree et le prit dans ses bras. Cela faisait tellement longtemps qu’elle avait l’impression que c’était nouveau, étranger à elle. Il semblait qu’elle se trouvait à nouveau sur le quai de la gare, il y a plus de cinq ans, le serrant tellement fort qu’il s’était plaint en plaisantant qu’elle l’étouffait. Ce n’était pas faux, en réalité, mais elle était tellement heureuse à l’époque. A présent, ce n’était plus du bonheur. Quelque chose qui s’apparentait à la recherche de soutien, de réconfort. Elle espérait trouver de la force pour continuer et avancer.

    Tu m’as manqué.


Elle se dégagea. Lisy était heureuse de l’avoir retrouvé. Peut-être ne l’avait-il pas pardonné, peut-être lui en voulait-il à mort, mais il était là et c’était tout ce qui comptait. Il lui avait montré qu’il était là et qu’il la tirerait de ce merdier. Néanmoins, il y avait certaines choses qu’elle devait faire seule. Comme s’occuper de Duane, si elle réussissait à le trouver.

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Re: Cascade - jeffree - | Terminé |

Message par Nicholas Carr le Sam 15 Oct - 19:28

Aussitôt dit, aussitôt regretté. Le coup l’abandon, c’était peut-être la seule chose qu’il avait trouvé pour inconsciemment tenter de blesser Lisy autant qu’elle n’avait pu le faire avec lui. Mais c’était lâche, terriblement lâche, et il avait bien saisi dans le regard de la Serpentard une réaction immédiate. Elle n’avait rien dit, mais même avec quelques mois de séparation il la connaissait par cœur. Une sensation de malaise le saisit. Malgré tous les évènements récents sa culpabilité avait pris le dessus en un rien de temps. C’avait toujours été comme ça avec elle. Enfant, il la suivait, l’admirait, souriant et fier d’avoir une place si importante à ses côtés. Ils avaient grandi et il avait appris à l’aimer, de cette autre forme d’amour, celle qui vous prend aux tripes et vous fait perdre la raison. Celle aussi qui apporte toute une part de vulnérabilité. Et depuis ce jour il n’avait cessé de redouter le moment où elle aurait estimé qu’il ne méritait pas cette place dans sa vie. Parce qu’au fond Jeffree le connaissait bien le problème. Lisy était imposante, respectée, elle aspirait à quelque chose de grand, et lui s’était toujours senti… petit. Il avait toujours pensé qu’un jour la situation lui échapperait, que les évènements et ce monde qui n’était pas le leur - le sien - les rattraperait, qu’elle se laisserait engloutir alors que lui se ferait balayer sur la plage par une vague plus grosse qu’une autre.
Un nœud à la gorge il murmura un « Désolé » avant qu’elle ne réponde.
L – Il faut attendre. Dans moins de vingt-quatre heures j’aurais retrouvé mon corps. D’ici là, je ne peux rien faire…. Si seulement tu savais tout ce que j’ai fait, tout ce qui m’est arrivé et où… Où cela m’a menée…
Doucement elle se rapprocha de lui. Cette chaleur, cette sensation lui avaient terriblement manqué. Jeff l’entoura de ses bras. Il s’était souvent abandonné à l’idée que tout était perdu, lors de ces dernières semaines. La fatalité avait su le saisir de nombreuses fois et lui faire avaler que leur temps était terminé. Elle avait pris son chemin et lui n’en faisait plus partie. C’était sans doute cette idée qui l’avait empêché de se battre plus tôt. En y pensant, maintenant, un sentiment douloureux le saisit. Comment avait-il pu aussi facilement lâcher l’affaire…
Inconsciemment il renforça encore plus son étreinte, comme pour l’emprisonner, s’assurer qu’elle était bien là, enfin. Cette fois, c’était peut-être lui qui l’étouffait. Il s’écarta un instant avant de reprendre sa main. Un mince sourire se dessina sur ses lèvres.
J – Tu as tout le temps de m’en parler, maintenant…
...Que tout ça est fini, aurait-il voulu continuer. Mais où en étaient-ils vraiment ? Où en était-elle ? Allait-elle tout abandonner ? Oui, sans doute… On ne se soumet qu’à ses propres décisions dans la vie. Ce petit jeu d’auto-proclamation du roi Clyde avait bien trop duré.
Mais le poids de ses mots résonnait toujours dans son esprit. Lisy semblait fatiguée, exténuée même. Il la retrouvait perdue, presque éteinte, mais l’appréhension ne pouvait que grandir. Il l’avait toujours défendue et ça lui semblait normal qu’il en soit toujours ainsi ; oui, pas de doutes sur cela. Mais il se sentait encore bien loin et prêt d’affronter l’intégralité de la situation, des problèmes, des révélations. Ils avaient tous deux besoin de temps, pour comprendre, se retrouver et reconstruire ces derniers mois.
L – Tu m’as manqué.
Un sourire se dessina sur les lèvres de Jeff. Un vrai sourire. Il rapprocha son visage de celui de Lisy/Kristinna et posa son front contre le sien. « Toi aussi. » Puis rapidement sa main se faufila dans celle de la serpentard et il commença à marcher.
J – Je pense qu’il faudra un peu de temps, et de calme…
Une pause.
J – J’ai un peu du mal avec tout ce qu’il s’est passé à Poudlard dernièrement. J’ai l’impression de m’être un peu perdu au milieu de tout ça ; l’impression de ne pas avoir parlé avec quelqu’un sérieusement depuis un siècle…
La boîte était ouverte. Dans les instants qui suivaient un moment de tension, quand toute cette tension justement retombait, Jeffree avait toujours été du genre bavard compulsif. Il se lâchait et ce depuis enfant. Il marchait tête basse mais tout ressortait, les craintes, la joie, l’appréhension, le soulagement. Il se mélangeait dans les mots, s’embrouillait et souvent tout cela se terminait par un éclat de rire de Lisy qui mettait alors fin à toute l’histoire. Mais maintenant c’était un peu différent.
J – J’ai vraiment cru qu’on s’était perdus… Pourtant maintenant ça me semble assez irréel, d’avoir pensé que tout était fini. Je me suis vu partir de Poudlard et puis me trouver un job pour l’année prochaine, lâcher la magie. C’est fou non ?
Un rire le saisit.
J – On se serait recroisés dans quelques années, par hasard, près de Gringott’s. Je serais venu au Chemin de Traverse pour aller m’acheter des friandises sorcières – parce que sur ça les moldus ne peuvent pas rivaliser – et puis on se serait retrouvés face à face. Ca m’a foutu tellement mal tu sais, de m’imaginer tout ça. C’est pas nous, après tout.
Il se retourna pour faire face à Lisy. Il en avait presque oublié qu’elle avait le corps de Kristinna. En entendant des bras s’approcher, par réflexe il s’éloigna un peu d’elle ; puis lorsque les échos s’éloignèrent subitement il se rassura.
J – Tu as l’air fatiguée, même derrière cette apparence… On s’échappe un instant ? Aux cuisines ?
C’était devenu l’une de leur cachette préférée. Ils s’y réfugiaient et personne ne venait les déranger. Les elfes ne jugeaient pas deux simples adolescents venus se recueillir.
Mais derrière cette agitation soudaine il en oubliait bien vite que Lisy n’était actuellement pas Lisy, et que Lisy avait toujours quelque chose en tête à faire. Ils s’étaient retrouvés, par chance, réunis arbitrairement aujourd’hui, mais tout n’était pas réglé. Et alors que de nombreux bruits de pas s’approchaient Jeffree se sentit soudain étouffé par le temps.
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Re: Cascade - jeffree - | Terminé |

Message par Invité le Dim 30 Oct - 11:57

    Tu as tout le temps de m’en parler, maintenant…


Elle ferma les yeux et inspira profondément. Certes, mais était-elle prête ? Assumait-elle totalement ce qui s’était passé ces derniers mois ? Lisy avait peur, elle-même, d’affronter tout ce qui l’avait affaiblie, tout ce qui l’avait blessée. Elle craignait ces évènements qui étaient arrivés contre sa volonté et qu’elle n’avait pas eus sous contrôle, qu’elle n’avait pas su gérer. Les regrets comblaient son esprit. Elle aurait du utiliser tel mot au lieu d’un autre, se plier au lieu de faire la fière ou le contraire… Ces derniers mois avaient été une progressive descente aux enfers. Pour en ressortir, il fallait affronter Cerbère, ses vieux démons. Faire face à sa faiblesse, à sa pire ennemie : elle-même.
Cette machine qu’elle était devenue, que sa grand-mère avait fait d’elle, Lisy voulait s’en débarrasser. Devenir un monstre, comment avait-elle pu ? Le pouvoir aveuglait, la peur des autres renforçait. Mais n’était-ce pas seulement des pensées qu’elle avait là ? Aurait-elle réellement le courage de tout abandonner ? Aurait-elle, au final, la force de se lever contre tous ceux qui s’opposeraient à elle ? Pourquoi Jeff était-il encore là pour elle ? Elle n’était plus celle qu’il avait connu, elle avait changé et pourtant, il ne lui avait toujours pas tourné le dos. Sûrement, les changements faisaient partis intégrante de la vie d’un être humain, mais les changements radicaux étaient rares et très peu supportés. Si les rôles avaient été inversés, qu’elle était restée la petite fille d’antan, imposante mais bonne et amusante et qu’il était devenu froid, hautain et orgueilleux, serait-elle restée à ses côtés ? Elle se répondrait « oui » avec conviction mais au fond d’elle, elle ne le saurait jamais.

    Tu m’as manqué.


Elle rouvrit les yeux. Il souriait, vraiment. Elle ne put s’empêcher de lui rendre son sourire, plus petit mais plutôt confiant.

    Toi aussi. Je pense qu’il faudra un peu de temps, et de calme…


Oui, elle savait ce qu’il allait dire. Ou ne pas dire. Du moins, elle devinait ses pensées et était d’accord, elle le lui fit comprendre avec une petite pression, presque infime, de sa main, mêlée à la sienne.

    J’ai un peu du mal avec tout ce qu’il s’est passé à Hogwarts dernièrement. J’ai l’impression de m’être un peu perdu au milieu de tout ça ; l’impression de ne pas avoir parlé avec quelqu’un sérieusement depuis un siècle… J’ai vraiment cru qu’on s’était perdus… Pourtant maintenant ça me semble assez irréel, d’avoir pensé que tout était fini. Je me suis vu partir de Hogwarts et puis me trouver un job pour l’année prochaine, lâcher la magie. C’est fou non ?


Il rit. C’est fou, oui, c’est fou. Continue, Jeff, ça te démange. Lisy était entière fautive aussi, s’il avait cru qu’ils s’étaient perdus. Que ça avait été la fin. Lisy, elle, n’avait pas eu le temps de se poser la question. Ou peut-être l’évitait-elle derrière des excuses ? Pour cacher la réalité, elle voilait ce qui la dérangeait derrière un rideau de pensées aléatoires, qui pouvaient l’éloigner durablement avant que ça la rattrape.

    On se serait recroisés dans quelques années, par hasard, près de Gringott’s. Je serais venu au Chemin de Traverse pour aller m’acheter des friandises sorcières – parce que sur ça les muggle ne peuvent pas rivaliser – et puis on se serait retrouvés face à face. Ca m’a foutu tellement mal tu sais, de m’imaginer tout ça. C’est pas nous, après tout.


Elle acquiesça. Ils entendirent des pas se rapprocher et instinctivement, comme elle l’avait fait ces dernières années avec lui, elle s’éloigna. Mais de suite, avant même que ces pas s’éloigne, elle s’approcha à nouveau de lui, comme pour ne pas le perdre, dévorer ces instants, y mordre à pleines dents. Qu’ils les voient, peu lui importait. D’ailleurs, cette idée en fit germer une autre dans sa tête. Ses instincts malsains reprenaient le dessus, et voilà qu’elle se satisfaisait mentalement d’avoir trouvé un moyen de brusquer Duane. Alors, tout cela n’était que du vent ? Avait-elle parlé et pensé pour rien ? En faisant cela, elle ne mettait pas un terme à tout, elle déclenchait de nouvelles histoires, de nouveaux problèmes. De plus, cela risquait de fragiliser ce qu'elle venait de retrouver. Néanmoins, Lisy connaissait quelqu’un qui pourrait faire le boulot pour elle, et ce, tout en douceur…

    Tu as l’air fatiguée, même derrière cette apparence… On s’échappe un instant ? Aux cuisines ?
    Allons-y, répondit-elle simplement avec un sourire malicieux.


Elle l’embrassa sur la joue puis ils se dirigèrent vers les escaliers, se séparant malgré tout dès qu’ils rencontrèrent quelqu’un.






Fin.

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Re: Cascade - jeffree - | Terminé |

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