I thought I was on the right way { - Adam

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I thought I was on the right way { - Adam

Message par Emalee Gilliam le Mar 27 Mar - 16:26

    Le soleil faisait sa première apparition depuis mon retour en Angleterre, je commençais à croire qu'il me fuyait et me destinait simplement une accumulation de journées sombres et pluvieuses. Heureuse de voir pour la première fois un rayon de soleil filtrer jusque sur mon oreiller, alors que je me réveillais à peine, je restais un moment, ainsi allongée, fixant simplement le ciel bleu par la fenêtre. Le calme régnait en maître suprême sur mon appartement, et même la rue ne parvenait pas à le troubler. M'enfonçant chaque minute un peu plus dans mes couvertures, je tentais en vain de m'éveiller et finalement demeurais dans un semi-sommeil plus qu'agréable. La sonnerie du téléphone cependant me tira définitivement de ma paresse ponctuelle. Aventurant un bras hors de la chaleur du lit, je tentais d'attraper mon téléphone, et n'y arrivais qu'après une bonne minute.
    « - Allo ? »
    « - Bonjour Ema' »
    « - Jam' ? Qu'est-ce qu'il y a ? »
    « - On m'a demandé de t'envoyer afin de récupérer un papier auprès du directeur de Poudlard. »
    « - Moi ? Pourquoi ? »
    « - Considère cela comme ta première mission, pour ton nouveau travail. Bonne journée mon Ema' »
    Son Ema... Son Ema... Moui. Enfin voilà que je me retrouvais avec une mission alors que je n'avais même pas encore démarré mon nouveau travail. Il me semblait que tout cela allait être quelque peu étrange. Je me levais donc avec réticence et allait prendre une douche qui était indispensable afin de me réveiller. Une fois lavée, j'enfilais une robe bleu, peut-être un peu trop moulante mais de toute façon très chic. La recouvrant d'un manteau noir, droit et y ajoutant une paire de chaussures à talon. Ni une, ni deux, je partais vers l'école qui m'avait vue grandir et que j'allais retrouver pour la première fois depuis bien des années. Je n'avais pourtant pas tant grandit, la Emalee de l'école n'était pas si différente de ce que je pouvais être aujourd'hui, hormis peut-être physiquement, je devais reconnaître que le changement était visible, j'avais grandis, je n'avais plus le visage juvénile et innocent de l'adolescence. Je ne m'étais encore jamais considérée comme une femme, jusqu'à aujourd'hui. Alors que je traversais les grilles de l'école, présentant une sorte de laissé passé signé par le Ministère, je croisais rapidement des élèves. Je mesurais alors le chemin que j'avais pu parcourir. Nombre d'entre eux chuchotaient sur mon passage, mon nom était prononcé de nombreuses fois. Certains évoquaient mon glorieux passé de sportive, mes exploits dans l'équipe de Quidditch ; d'autres évoquaient des rumeurs bien plus personnelles ; d'autres commentais ma tenue, mon physique. Je préférais ne faire attention ni aux compliments, ni aux rumeurs, je n'étais pas là pour cela. Alors que j'allais entrer dans le bâtiment, afin de rejoindre le bureau du directeur, je bifurquais finalement et me dirigeais vers le parc. Il était de plus en plus étrange d'évoluer dans cette école, je me sentais déconnectée de ce monde qui pourtant avait été le mien. Arrivant près du lac, je restais longuement à le regarder. L'arbre auprès duquel je me tenais avait été le témoin de nombreuses scènes de ma vie, une dispute avec Quinn, mon premier baiser avec Clyde, de longues discussions avec Garden, il était une sorte de garant du passé. Je ne pu m'empêcher de passer ma main sur les aspérités de son tronc, soudainement happée par le souvenir.

    Des pas attirèrent mon attention, décollant mon regard du lac, je me retournais et le déposais sur le nouveau venu. Quelle ne fut pas ma surprise lorsque je découvrais finalement l'identité de celui qui s'était approché de moi de manière plutôt discrète. Il faisait partie de ces personnes que je n'avais pas revu depuis longtemps, j'eu presque du mal à le reconnaître parmi les traits nouveaux apportés par la maturité. Il n'avait pourtant pas tant changé, il gardait la même stature, le même regard clair et perçant, le même sourire. Pourtant, quelque chose en lui était différent, je ne savais pas de quoi il s'agissait, mais je savais que quelque chose d'intangible l'avait changé. Peut-être l'expérience l'avait-elle changé ? Je retirais ma main de l'arbre et, une fois la surprise passée, me dirigeais vers lui.
    « - Adam Meyer... », je remarquais alors son costume, il ne m'étais pas inconnu, et je comprenais sans grande peine ce qu'il signifiait. Ce qui m'étonnais plus était qu'il se trouve sur le dos d'Adam. Était-il réellement devenu Directeur de l'école ? C'était incroyable. M'approchant un peu plus de lui, je touchais l'écusson se trouvant sur sa poitrine, celui-ci confirmait mes suppositions. Avec un sourire amusé, je levais les yeux vers lui, tout en tapotant l'écusson que j'avais effleuré plus tôt. « - Monsieur le Directeur. », j'avais donc rendez-vous avec lui aujourd'hui, comme le destin était taquin. Je me sentais soudainement très en retard face à mes amis qui avaient aujourd'hui chacun des rôles décisifs dans la société. Quinn était directrice de Serdaigle, Garden de Poufsouffle, Adam lui était carrément le directeur de l'école toute entière. J'avais cette affreuse impression d'être en retard, à la marge de toute cette activité. Mais finalement peut-être n'était-ce pas une si mauvaise chose... « - Il me semble que nous avons rendez-vous tous les deux. », pour la première fois je constatais que ma voix, elle-même, avait quelque peu changé. Elle restait reconnaissable, évidemment, elle était toujours moi, mais une certaine sensualité s'était ajoutée à la douceur d'antan. J'avais l'impression de me découvrir moi-même à mesure que je revoyais les personnes de mon passé. Observant leur évolution je constatais la mienne, je découvrais ce que j'étais devenue, chose à laquelle je n'avais jamais vraiment songé, continuant de me voir presque semblable.


Dernière édition par Emalee Gilliam le Lun 23 Avr - 19:15, édité 1 fois
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Re: I thought I was on the right way { - Adam

Message par Adam Meyer le Mer 28 Mar - 14:34

La fraicheur de ce début septembre se faisait cruellement ressentir à Poudlard. La magie m'avait permis de faire naître dans l'âtre de la cheminée un feu qui ne cessait de croitre. Mon regard le fixa un moment, et les flammes dansantes illuminèrent mes prunelles. Je n'étais pas du genre stoïque, mais ce feu là avait quelque chose de tranquillisant. De toute façon, je tournais déjà en rond dans ce bureau, alors autant chasser l'ennui en se perdant parmi les flammes. Ce spectacle m'avait toujours plu, bien que j'eus rarement l'occasion, ces dernières années, de perdre le moindre instant en contemplation.

Un frappement bref à la porte chassa la torpeur qui m'avait envahi. Ce fut cependant sans empressement que j'ouvris à mon visiteur impromptu. Tiré aux quatre épingles, le directeur des gryffondors fit irruption dans mon espace vital. Il ne s'engagea que modérément dans la pièce, comme si la proximité de la sortie le rassurait. Une ombre sceptique alourdit mon visage. Sa venue me paraissait de mauvaise augure. Mais je lui fis néanmoins signe de s'assoir, tel que le dictait le protocole. Sans un mot, il me fit comprendre qu'il ne serait pas long, dédaignant le fauteuil que je lui offrais.

« J'ai quelques difficultés avec le programme. » Il entama le peu d'assurance qu'il s'était concocté en me regardant interrogateur. Estimant qu'il n'aurait aucune réponse de ma part sans plus d'explication, il reprit: « Ce n'est pas ce que j'avais l'habitude d'enseigner, et la propagande que l'on fait me dérange. Je ne remet pas en question le... »

« Si vous ne vous sentez pas de taille, je ne vous retiens pas. »

Le professeur et directeur de maison déglutit. Il ne s'attendait certainement pas à une réponse aussi catégorique. Sans doute imaginait-il que nous discuterions un minimum avant que je lui permette de démissionner avec suffisamment d'avantages pécuniaires pour qu'il ne risque rien en ces temps troublés. Devant son expression sidérée, je me permis d'ajouter:

« De toute évidence j'ai fais erreur en faisant primer votre expérience. On ne m'y reprendra plus. Veuillez rassembler vos affaires le plus vite possible pour que nous puissions donner vos appartements et vos postes à plus indiqués que vous. »

Sur ce, je le poussai cordialement jusqu'à la sortie pour refermer sèchement la porte derrière lui. Certains partisans de Clyde au conseil avait considéré préférable de conserver un ancien professeur et directeur afin de ne pas imposer un changement trop brutal aux parents et élèves. D'emblée, j'avais trouvé l'idée affreuse. L'homme que je venais de flanquer à la porte faisait partie de mes anciens enseignants, et j'avais toujours trouvé ses méthodes trop nébuleuses. Ç’avait donc été un véritable plaisir de le guider jusqu'au dénouement de sa carrière.

Toute torpeur avait désormais complètement quitté mon corps, et je me sentais même l'envie de me dégourdir les jambes. Je ne me voyais pas tourner une seule fois de plus en rond dans cet espace exigu qui représentait néanmoins le plus spacieux bureau du château.
J'avais un rendez-vous dans quinze minutes, mais c'était plus de temps qu'il ne m'en fallait pour aller prendre l'air et revenir sur mes pas.

L'air frais me battit le visage alors que je franchissais les lourdes portes de chêne qui marquaient l'entrée de l'édifice principal. Mes pas me menèrent jusqu'au Parc où beaucoup d'élèves me suivirent d'un regard curieux. L'ancien directeur demeurait habituellement retranché dans son bureau, et il prenait si peu souvent l'air qu'il avait fini par empester l'enfermement.

Une silhouette gracile se découpa parmi tant d'autres, car elle était plus élancée que ne pouvait l'être une étudiante lambda et que sa tenue – même de loin, se distinguait des autres. A mesure que je m'approchais dans son dos, son allure et le parfum qui se fraya un chemin jusqu'à moi me semblaient plus familiers. Une brindille craqua sous mon pas en lui révélant ma présence. Le visage qui se tourna vers moi me stupéfia. Il s'était affiné mais conservait en semi-globalité les lignes que je gardais en mémoire. Elle me semblait plus mature, mais j'eus du mal à définir ce qui me permit d'en juger, car la fraicheur de ses traits avait été préservée.

« Adam Meyer... »

Un sourire fin et amusé suivit cette énonciation, à laquelle je répondis sans perdre une seconde, avec une légèreté de rigueur.

« Emalee Gilliam... »

Elle s'approcha pour effleurer l'écusson que j'arborais. Ses yeux trahirent sa surprise l'espace d'un instant, avant que l'amusement ne vienne la chasser. Elle tapota du bout des doigts l'insigne dénotant ma position au sein de cette école, et ajouta finalement:

« Monsieur le Directeur. »

Le grain de sa voix ne put qu'élargir mon sourire. Même avec les années, je ne pouvais m'empêcher de laisser tout instinct de défensive sur la touche en sa présence. Pourtant, elle avait forcément changé depuis, et baisser sa garde si facilement devant une presque inconnue ne renfermait rien de très judicieux. J'en avais pleine conscience, mais la décision semblait m'échapper.

« Il me semble que nous avons rendez-vous tous les deux. »

A mon tour de me laisser surprendre. Je devais recevoir un agent du ministère, mais je n'avais lu qu’évasivement la fiche qui m'était parvenu et je n'avais pas fait grand cas du nom inscrit sur le parchemin. Ainsi Emalee venait de rejoindre la prestigieuse institution que chaque ancien serdaigle se devait de briguer. Je la savais en France jusque là, et je n'avais pas songé qu'elle finirait par refaire surface, même si l'idée paraissait désormais d'une évidence cristalline.

« Ils ont osé te déléguer le sale boulot? » Je m'en amusais autant que cela m'horrifiait. Emalee restait à mes yeux l'intelligence calme et imperturbable. Elle valait mieux que l'emploi de coursier dont on l'affligeait là. « Et si nous transformions cette tâche ingrate en un agréable rendez-vous? » Un sourire se déploya sur mon visage, alors que je pivotais pour lui proposer mon bras. « Que dirais-tu d'un petit tour du propriétaire? En commençant par l'extérieur bien évidemment. »

Il n'était pas question d'aller l'enfermer de sitôt entre les pierres froides. Emalee était de retour dans sa patrie et, a fortiori, à Poudlard. Même si ce n'était que l'affaire d'une heure ou deux, je comptais bien profiter d'elle et de ces retrouvailles dignement.

« Tu ne serais pas intéressée par un poste de professeur de métamorphose par hasard? Je viens juste de virer l'ancien... »
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Re: I thought I was on the right way { - Adam

Message par Emalee Gilliam le Mer 28 Mar - 16:20

  • « Emalee Gilliam... » Je souris au son de sa voix, j'avais perdu l'habitude des voix qui avaient pourtant été plus que familière il y a seulement un an. Je n'étais pas partie si longtemps et pourtant j'avais radicalement changé, et les autres en avaient fait tout autant. Sa tenue fut sûrement ce qui me surprit le plus, il se tenait bien droit, semblait tellement plus grand, la tête haute et on sentait presque une lueur de supériorité dans son regard. Du moins je ne le prenais pas pour moi, car le sourire de ses lèvres semblait se communiquer à ses yeux, ce qui me rassurait sur notre relation. Mon retour m'avait angoissé, comment allais-je être accueillie ? Du moins, pour une personne, je n'avais aucuns doutes, et sûrement était-ce le plus terrifiant. Je n'avais pas encore revu Clyde, notre monde était pourtant bien petit et je ne doutais pas que le destin ne soit assez joueur pour le mettre sur ma route de la manière la plus atypique qui soit. Mais le sujet n'était pas là, je revoyais Adam pour la première fois depuis longtemps, et je ne pouvais cependant pas retenir une certaine familiarité, comme si lui et moi ne nous étions pas quittés.
    « Ils ont osé te déléguer le sale boulot? » Je me mit à rire, il est vrai que m'envoyer ainsi était étrange, je n'avais pas non plus réellement compris, surtout que je n'avais encore même pas rencontré mon patron. Mais je n'étais pas à cela près, et surtout j'étais prête à faire mes preuves moi-même et ne demandais absolument aucun traitement de faveur. De plus, cette course était une occasion en or pour revoir Poudlard, cette école que j'avais tant aimé, et ceux qui m'avait tant manqué. « - Oh, tu sais, il y a bien plus sale. » lui rétorquais-je avec un sourire. Et il était vrai que honorer un rendez-vous avec le Directeur de Poudlard n'était pas le travail le plus dégradant qui soit. « - Je m'en accommode d'autant plus que ce travail m'a mené jusqu'à toi. » continuais-je avec un sourire amusé, il était vrai que la situation était basée sur une sacrée coïncidence. « Et si nous transformions cette tâche ingrate en un agréable rendez-vous? ». Inclinant la tête sur le côté avec un haussement de sourcils, je déposais mon bras dans le creux du sien, lui rendant un sourire tout aussi éclatant que le sien. Je remarquais que je portais les couleurs de notre ancienne maison, ces mêmes couleurs qu'Adam avait fait apparaître dans un dortoir serpentard froid le soir où nous avions, pour la première – et unique – fois, échangé plus que des mots. Comment oublier qu'il s'agissait de ma première fois ? Et comment oublier la réaction de Clyde. Je ne su distinguer s'il s'était s'agit d'une bonne chose ou d'une mauvaise chose. Bien sûr Clyde avait été déçu et blessé par cette nuit que j'avais passée avec un autre que lui ; mais cet incident nous avait conduit définitivement l'un vers l'autre, nous poussant à révéler nos sentiments réels, débouchant sur une relation de presque deux années, les plus belles années de ma vie. « Que dirais-tu d'un petit tour du propriétaire? En commençant par l'extérieur bien évidemment. » Je sortais de mes pensées et remêlait mon regard à celui d'Adam, je nous imaginais tous deux, nous étions des adultes à présent, lui représentait l'autorité suprême de cette école. Cette dernière donnée était d'ailleurs sûrement le déclencheur des chuchotements autour de nous, des élèves riaient, d'autres se contentaient de regarder et de se poser des questions. Nous aurions été pareils si nous avions vu notre directeur au bras d'une jeune femme extérieure à l'école. « - Conduisez-moi donc, très cher Directeur, je suis entre de bonnes mains. ». Nos retrouvailles étaient légères et agréables, le soleil de plus rendait tout cela fort agréable, presque comme la scène d'un film. Alors que nous marchions je perdais mon regard aux alentours, le lac, la forêt au loin, l'herbe fraîche du parc, et le bâtiment imposant de mon ancienne école. « Tu ne serais pas intéressée par un poste de professeur de métamorphose par hasard? Je viens juste de virer l'ancien... », je laissais éclater un rire sincère, franchement amusée à la fois de me voir proposer un poste de professeur et d'imaginer Adam virant un de ses anciens professeurs. Décidément j'avais loupé un tas de choses. Toujours en riant je répliquais : « - Vous me semblez sans pitié, Monsieur Meyer. Malheureusement il serait dangereux de me confier l'éducation des futures élites de notre beau monde. », je repartais dans un rire franc et assumé. Je n'avais pas ris ainsi depuis longtemps, c'était si... c'était salvateur. Nous marchions d'un pas lent, j'enlevais bien vite mes talons qui s'enfonçaient dans la terre et posais mes pieds nus sur l'herbe sèche et peu à peu réchauffée par le soleil. Peut-être était-ce interdit ? Au pire je comptais bien sur Adam afin qu'il ne me reprenne et ne me fasse comprendre que je montrais le mauvaise exemple. Et puis créer des petits trous dans toute la pelouse du parc n'était pas forcément non plus une solution enviable. « - Bien, alors, tu es Directeur de cette école et tu vires tes anciens professeurs, Quinn est directrice de Serdaigle, Garden de Poufsouffle ; j'ai l'impression que vous vous en êtes tous sorti plus qu'admirablement...» et j'en étais très heureuse pour eux, c'était agréable de les voir tous actifs dans leurs responsabilités, tous si... adultes. J'avais encore une fois presque l'impression d'être la spectatrice d'un nouveau film. Mais soudain ma mine se fit plus sombre, plus triste du moins. Je ne compris pas pourquoi l'idée de demander à Adam comment se portait Clyde m'était venue d'un seul coup, mais cette idée avait eu le mérite de refroidir mes ardeurs et de faire disparaître toute joie de mon sourire, le transformant en un sourire plus triste et mélancolique. Je n'avais jamais réussi à dissimuler mes émotions, c'était terrible. Devais-je oser ? Adam savait-il seulement comment Clyde allait ? « - Ma question va peut-être t’embarrasser... Si c'est le cas n'y répond pas d'accord ? » dis-je avec empressement et une sincérité affichée dans le regard, arrêtant de marcher, me postant face à Adam et déposant ma main sur son torse afin de le stopper également. Je prenais une grande respiration, et finissais par ouvrir la bouche, prête à lancer ma question. Mais je m'arrêtais soudainement. Cela ne faisait qu'une simple demi-heure que je déambulais avec Adam dans Poudlard, peut-être était-ce trop tôt pour lui poser une question portant sur Clyde, je ne voulais pas qu'il me pense désintéressée de lui. Je me défilais donc et cherchais à toute vitesse une autre question à lui poser afin qu'il ne devine pas ma couardise et la réelle question que je lui destinais. « - … Le succès est-il aussi au rendez-vous dans ta vie sentimentale ? »... Pitoyable, c'était nul, inconvenant et... re-nul. Peut-être même ma première question ne l'aurait-elle pas tant embarrassée. « - … Non, oublies, c'était... je …. oublies. » et je me repositionnais à ses côtés, reprenant son bras et tentant de faire redémarrer notre marche.
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Re: I thought I was on the right way { - Adam

Message par Adam Meyer le Dim 22 Avr - 9:12

« Oh, tu sais, il y a bien plus sale. Je m'en accommode d'autant plus que ce travail m'a mené jusqu'à toi. »

Un sourire accueillit ces propos. Le hasard faisait parfois bien les choses, et je l'en remerciais. Plutôt qu'une heure de paperasse désobligeante, j'allais pouvoir bénéficier d'un moment privilégié avec une vieille amie. Cette dénomination me fit sourire d'autant plus. Notre rencontre, dès le départ, avait été plébiscitée par un heureux hasard, qui nous avait placé dans la même salle commune au moment de la réfection de la tour de Serdaigle, et nous avait ensuite fait humer la même potion dés-inhibitrice. Ce souvenir élargit à nouveau mon sourire. Emalee et moi étions en quelques sortes les pions qu'un destin séditieux s'amusait à mettre en contact de façon improbable. Que nous arriverait-il d'étrange cette fois-ci?

Pour l'instant, je me contentai de lui proposer une promenade de santé, à laquelle elle acquiesça, enthousiaste:

« Conduisez-moi donc, très cher Directeur, je suis entre de bonnes mains. »

Emalee avait décidément le don de m'arracher des sourires bon enfant. Rares étaient ceux qui pouvaient s'en vanter ces derniers temps. Même si son visage s'était figé sur des traits plus matures, Emalee restait à mes yeux la fraicheur incarnée. Et sa présence aujourd'hui semblait m'alléger d'un poids immense, dont je n'avais même pas réalisé l'existence jusque là.
Son rire à ma demande concernant le poste vacant depuis peu ne fit que me délester un peu plus de ce poids.

« Vous me semblez sans pitié, Monsieur Meyer. Malheureusement il serait dangereux de me confier l'éducation des futures élites de notre beau monde. »

J'avais oublié à quel point Emalee se diminuait. A mes yeux, elle avait toujours été la meilleure d'entre nous, jusqu'au point d'être capable de marcher aux côtés d'Andrews sans basculer une seule fois. C'était comme si elle ne connaissait pas le doute; mais j'étais loin de connaître la réalité.

Nous marchions depuis peu de temps lorsqu'elle marqua une pause pour retirer ses talons. Je lui adressai un regard bienveillant, comme si la question qui lui trottait en tête m'était parvenu par magie. Et alors que nous reprenions, elle déclara:

« Bien, alors, tu es Directeur de cette école et tu vires tes anciens professeurs, Quinn est directrice de Serdaigle, Garden de Poufsouffle ; j'ai l'impression que vous vous en êtes tous sorti plus qu'admirablement...»

Ses paroles ne disaient pas tout. Je devinais en partie ce qu'elle avait en tête, mais ça ne me parut pas pertinent de la contredire. Au lieu de ça, ma réponse fut sensiblement plus négative:

« Je ne sais pas si tout le monde considère son poste aussi positivement. Bien sûr, c'est un régal pour moi d'être Directeur, et tu n'imagines pas le plaisir que c'est de mettre à la porte un incompétent. Mais ça nécessite de prendre ses responsabilités. Et tu sais comme moi que la vie à Poudlard est loin d'être tout repos pour un responsable... »

La mine soudain sombre d'Emalee ne m'avait pas échappé, et j'espérais lui rappeler de beaux souvenirs à travers le désordre qui avait été semé à Poudlard de notre temps. Mais mon initiative n'eut pas l'effet escompté, et mon ancienne camarade me sembla plus pensive et interdite de secondes en secondes.

« Ma question va peut-être t’embarrasser... Si c'est le cas n'y répond pas d'accord ? »

Rêvais-je ou était-elle en train de prendre des pincettes? Je ne me souvenais pas qu'elle en eut jamais besoin avec moi. Sans doute était-ce mon nouveau rang qui la poussait à la prudence, je n'imaginais pas en tous cas que ce puisse être l'objet de sa question qui la force à tant de retenue. Je plissai les yeux, intrigué, en attendant sagement qu'elle se lance.

« … Le succès est-il aussi au rendez-vous dans ta vie sentimentale ? »

Ainsi c'était ce qui la mettait soudain si mal à l'aise? J'aurais sans doute du m'en trouvé honoré. Après tout, je n'avais pas l'habitude qu'on fasse autant de manières pour m'interroger sur ma vie sentimentale, pour la bonne raison que personne n'était suffisamment proche de moi pour se risquer sur ce terrain là, et que les rares personnes qui aurait pu s'enorgueillir d'être en mesure de le faire n'en avait soit complètement rien à faire, soit savaient que je ne faisais plus dans les sentiments depuis bien longtemps. Dans tous les cas, la question d'Emalee me laissait pantoit. Et ce d'autant plus qu'elle ajouta avec précipitation:

« … Non, oublies, c'était... je …. oublies. »

Si elle croyait s'en sortir si facilement, c'était qu'elle ne connaissait pas le nouvel Adam. Pas encore. Elle se raccrocha à mon bras et tenta de nous faire revenir à notre déambulation dans un effort bien inespéré. Je fis front en restant solidement planté là où j'étais et, d'une pression inverse à la sienne, je forçai Emalee à revenir au plus près de moi et à me faire face. Je retrouvai le ton sévère de Directeur alors que je m'adressai à elle.

« Je ne te ferais pas ce plaisir. C'est une fâcheuse manie que j'ai ... de ne rien oublier. » Y'avait-il un clin d’œil à notre passé commun? Je la laissais maître d'en juger. « A quoi riment ces pincettes que tu prends, et cette hésitation? Allons, Ema, quoi que tu ais en tête, tu devrais pouvoir me le dire sans toutes ces fioritures. » Je soupirai évasivement avant de reprendre: « Mon nouveau statut n'a vraiment pas de quoi t'impressionner. Quelle est ta question? Ma vie sentimentale, vraiment? Tu reviens d'une longue absence et tu me questionnes sur une vie sentimentale que tu es bien placée pour savoir inexistante... »

Etait-ce du dépit dans ma voix? Non, je ne le permettrais pas. D'ailleurs je repris rapidement contenance en faisant disparaître l'air presque peiné qui avait envahit mes traits. Il n'était pas question d'ennuyer Emalee avec des considérations dignes d'un adolescent que je n'étais plus depuis des années. Il ne me fallut d'ailleurs qu'un instant pour repousser les confessions qui m'avait échappées et ramener la conversation sur un voie bien plus intéressante: l'hésitation d'Emalee.
Je décrochais mon bras du sien – ce qui m'avait préalablement servi à la dominer – pour accaparer une posture bien plus amicale, davantage de rigueur. Je posai en effet doucement une main sur sa joue, en prenant soin de capturer son regard le plus fermement possible. Je laissai un silence planer l'espace d'un instant, pendant lequel je cherchai en vain à déchiffrer les pensées de ma vis-à-vis.

« Parles moi Emalee. Ne nous contentons pas de faire la conversation, comme deux vieux amis qui se sont perdus de vue. Notre complicité n'est pas bien loin, je le sais, alors ne prends pas de gant pour te confier. C'est toujours moi, malgré les années et les épreuves. »

Là dessus, je déposai un baiser très simple sur son front. Je nous savais suffisamment à l’abri des regards pour me permettre cette marque de tendresse. Car c'était bien ce que je ressentais pour Emalee, énormément de tendresse. Je ne voulais pas qu'elle pense que mon nouveau statut nous empêcherait de nous retrouver. Cela relevait peut-être de la pure lubie, mais j'avais envie que nous reprenions où nous en étions restés, sans chichi, sans barrière entre nous.
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Re: I thought I was on the right way { - Adam

Message par Emalee Gilliam le Lun 23 Avr - 19:10

    « Je ne sais pas si tout le monde considère son poste aussi positivement. Bien sûr, c'est un régal pour moi d'être Directeur, et tu n'imagines pas le plaisir que c'est de mettre à la porte un incompétent. Mais ça nécessite de prendre ses responsabilités. Et tu sais comme moi que la vie à Poudlard est loin d'être tout repos pour un responsable... » Oh si je me faisais bien une idée du plaisir que l'on pouvait en retirer. Je m'étais longtemps imaginée en train de renvoyer sans ménagement mon professeur de Potion. Finalement quelqu'un d'autre l'avait fait pour moi, c'était une bonne chose, il était incompétent, même moi je me trouvais à l'époque dans la possibilité de le remettre à sa place. Je considérais Adam avec un regard doux, il n'avait pas tant changé que cela, physiquement il était même presque intégralement le même. Cependant il semblait plus... sûr de lui. Mais je comprenais la nuance qu'il venait d'apporter. Le rôle de directeur dans une telle école était sûrement loin d'être une partie de plaisir, je n'imaginais même pas tout ce qu'il devait faire et affronter.
    « - Oh oui, j'en garde une certaine notion. » ajoutais-je avec malice. C'était peu dire même, nous leur avions apporté une bonne dose de soucis. Malgré tous les ennuis que nous avions pu avoir, je repensais à cette période avec tendresse, il n'y avait à présent que de bons souvenirs. Regardant Adam, les souvenirs de notre aventure me revinrent. Je n'étais plus aussi perturbée qu'avant, même si bien sûr ces souvenirs gardaient une grande influence sur moi, je ne les considérais plus comme une malédiction, mais plutôt comme une part de mon passé que je ne devais plus renier.

    Ma question stupide d'abord osée puis retenue et dissimulée derrière une autre question encore plus stupide, tout cela n'avait pas vraiment eu l'effet escompté. Alors que je replaçais mon bras dans le sien, je tirais avec détermination afin de faire repartir notre marche... Effort largement inutile puisqu'Adam opposa une résistance efficace et que notre petit duo ne reparti pas malgré toute ma volonté. Arrêtant tout, je fermais les yeux en soupirant, baissant les épaules avec dépits... Il me connaissait trop bien. M*rde. « Je ne te ferais pas ce plaisir. C'est une fâcheuse manie que j'ai ... de ne rien oublier. » face à lui, je constatais son regard plus que bizarre. Sa phrase heureusement eu pour effet de me détendre, je laissais échapper un petit rire discret, il n'oubliait rien... Peut-être, oui, mais moi non plus. « A quoi riment ces pincettes que tu prends, et cette hésitation? Allons, Ema, quoi que tu ais en tête, tu devrais pouvoir me le dire sans toutes ces fioritures. » okey, j'étais fichue « Mon nouveau statut n'a vraiment pas de quoi t'impressionner. Quelle est ta question? Ma vie sentimentale, vraiment? Tu reviens d'une longue absence et tu me questionnes sur une vie sentimentale que tu es bien placée pour savoir inexistante... » Je me mis à rire, aussi nerveusement que naturellement « - Je t'assure chéri que ton nouveau statut ne m'impressionne pas. » oui, oui, chéri, mais ce n'était rien de plus qu'un surnom affectueux. Après tout, Adam ne voulait pas de pincettes, et il avait raison, je pouvais être honnête et naturelle avec lui. En réalité, j'avais perdu l'habitude d'ouvrir mon cœur à ceux qui m'entourent, tant pour eux que pour moi. « - Je suis désolée, j'ai perdu l'habitude de parler en toute confiance. » Repoussant quelques mèches de mes cheveux qui obstruaient mon regard, je fixais les alentours, le parc était magnifique. La main qu'Adam déposait sur ma joue me tira de cette contemplation, avec un sourire tendre je déposais ma main sur la sienne. Alors que nos deux mains retombaient, je prenais une grande respiration, mes yeux se mêlaient sans grand mal aux siens, et le silence qui semblait s'étendre à l'infini ne me mis pas mal à l'aise, ce n'était pas un silence lourd. Nous étions tous simplement face à face, retrouvant ce lien qui n'avait finalement même pas disparut. « Parles moi Emalee. Ne nous contentons pas de faire la conversation, comme deux vieux amis qui se sont perdus de vue. Notre complicité n'est pas bien loin, je le sais, alors ne prends pas de gant pour te confier. C'est toujours moi, malgré les années et les épreuves. » Le baiser qu'il déposa sur mon front eu le don de m'attendrir définitivement. Adam et moi avions développé une relation que je n'avais jamais vraiment réussi à qualifier, mais cette fois je pouvais aisément la qualifier de tendre. Je ressentais autant de tendresse pour Adam que lui semblait en ressentir à mon égard, et cela me rassurait de l'avoir à mes côtés.
    « - C'était à propos de Clyde, je voulais simplement savoir comment il allait. Mais il m'a semblé que c'était un sujet assez compliqué à aborder, alors je me suis défilée. Et je ne voulais pas non plus que tu crois que je ne m'intéressais pas à toi. Il me semble que tu es proche de lui... Je voulais juste... savoir. » J'étais fière du ton léger que j'avais réussi à arborer. Je n'avais pas l'habitude de parler de Clyde avec le cœur léger. Étrangement, Adam me mettait en confiance, il me permettait d'être plus calme, plus sûre. Je m'approchais de lui, me rappelant des propos qu'il avait tenu à propos de sa vie sentimentale. Je comprenais sans grande difficulté l'allusion très peu cachée à Garden. M'approchant de lui, je lâchais mes chaussures qui s'écrasaient sur le sol aux côtés de mes pieds nus. Je me trouvais à présent à quelques centimètres de lui, si près que sa respiration et la miennes se mêlaient et formaient une sorte d'air harmonieux. Déposant ma main sur sa joue, je laissais transparaître une grande douceur dans mon regard et dans le sourire que je laissais apparaître sur mes lèvres. Il m'apparaissais que je n'avais que trop peu d'alliés depuis mon retour, et je ne pouvais nier que de voir Adam si doux avec moi me confortais et me touchais. « - Tu n'as selon moi aucun soucis à te faire pour ta vie sentimentale. » Je clôturais ma phrase en me hissant sur la pointe des pieds, déposant un baiser sur les lèvres du jeune homme. Il ne fallait pas se méprendre, cela n'avait rien d'une déclaration, simplement un geste naturel, que, et je n'en doutais pas, Adam ne comprendrais pas autrement. Bien sur, j'étais attirée par Adam, toujours, il serait toujours celui avec qui j'avais eu ma première expérience ; il serait toujours pour moi source d'un certain désir, mais un désir loin du sens commun. Je n'avais aucune envie d'avoir une quelque autre relation avec lui, j'estimais juste que notre relation était spéciale et assez claire pour pouvoir me permettre de telles choses. Lançant un clin d’œil, je virevoltais sur moi-même quelques instants alors que le temps se faisait pluvieux et que quelques gouttes tombaient sur nous. Attrapant mes chaussures, je lançais un regard malicieux à Adam. « - Et ne me prend pas pour une gourde, je me doute bien que tu n'es pas aussi seul que tu ne le prétends. » Attrapant sa main, je le tirais vivement afin de le faire courir. La pluie en effet s'était définitivement décidé à s'abattre sur nous, et avec une violence cinglante. Morte de rire, je le tirais et me mettais à courir. La pluie nous fouettais tout autant qu'elle avait pu nous surprendre. Nous nous arrêtions sous un arbre géant très excentré du coin du parc fréquenté par les élèves et les professeurs. A bout de souffle, je ne pouvais m'arrêter de rire alors qu'enfin je me sentais réellement vivante. Lachant doucement la main d'Adam, je m'appuyais contre l'arbre afin de reprendre mon souffle essuyant mon visage trempé et tentant de remettre un peu d'ordre dans mes cheveux. Me calmant petit à petit, je laissais mon esprit s'évader dans la contemplation émerveillée de la pluie battante sur la campagne anglaise. Je ne comprenais pas l'antipathie des gens pour la pluie, je trouvais cela très beau. Une fois mon souffle redevenu normal, mon visage se fit moins jovial, pensif. « - Il me manque. » Je n'avais pas préparé mon aveu, peut-être la situation m'avait-elle poussée à faire tomber toutes les barrières ? « - En fait, quand il pleut je pense au soir où je suis partie. Quand il fait beau je pense à nos ballades en tête à tête au gré de nos envies. Quand j'ai froid j'imagine qu'il est là, et qu'il va me prendre dans ses bras. Quand je doute de moi, je repense à ce qu'il me disais pour me prouver que j'étais forte. » je m'arrêtais, quittant le point de fuite où j'avais fixé mes yeux, je les plantais dans ceux d'Adam, et mon visage se fit plus doux, entre nostalgie et rêverie « - Tu vas me trouver idiote. Me dire que je suis la seule responsable, que je dois arrêter de me plaindre, que c'est bien fait. C'est vrai. Mais cela ne change rien au fait... qu'il me manque. »


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Re: I thought I was on the right way { - Adam

Message par Adam Meyer le Dim 29 Avr - 13:15

Les pincettes que prenait Emalee me mettaient mal à l'aise, car ce n'était pas ce que je désirais pour nous. Je voulais pouvoir retrouver la relation particulière qui nous unissait, ne ressemblant à aucune autre, et nous correspondant si bien. Elle eut un rire nerveux lorsque je fis allusion à mon statut qui pouvait l'impressionner. J'aurais sans doute du mal prendre sa réaction, mais en réalité son rire tenu me toucha.

« Je t'assure chéri que ton nouveau statut ne m'impressionne pas. »

La familiarité me fit sourire. Je pouvais me venter de l'avoir fait réagir dans un sens favorable. Néanmoins ce qu'elle ajouta fit disparaître toute trace de joie sur mon visage:

« Je suis désolée, j'ai perdu l'habitude de parler en toute confiance. »

Elle eut le regard vague, ce qui me peina étrangement. Finalement, je posai une main sur sa joue et elle l’accueillit en la recouvrant de la sienne. Notre lien était particulièrement visible en cet infime instant. Pourtant, n'importe quel spectateur se serait mépris sur sa nature. Mais ça n'avait guère d'importance en l’occurrence. Je continuai de chercher à pousser Emalee à la confidence. Ça n'avait rien d'une entreprise évidente, mais les mots me venaient avec un naturel dont je ne m'imaginais même plus détenteur. Le baiser que je finis par déposer sur son front conclut dignement mon discours, et je n'eus pas à attendre ses confidences.

« C'était à propos de Clyde, je voulais simplement savoir comment il allait. Mais il m'a semblé que c'était un sujet assez compliqué à aborder, alors je me suis défilée. Et je ne voulais pas non plus que tu crois que je ne m'intéressais pas à toi. Il me semble que tu es proche de lui... Je voulais juste... savoir. »

La retenue d'Ema était tout à son honneur. Je ne pouvais pas dire que cela m'étonnait réellement, qu'elle ait souhaité me questionner sur Clyde, mais je ne pouvais pas non plus feindre l'indifférence. Mon visage se voila d'une teinte sombre. Je ne pris pas la peine de la masquer; Emalee méritait mon honnêteté, car elle me faisait confiance en avouant ce qui la turlupinait. Ainsi Clyde occupait toutes ses pensées... Je n'en étais pas à croire qu'elle se désintéressait complètement de moi, mais je comprenais que Clyde restait, quoiqu'il arrive, son favoris.
Tombant sans grâce sur la pelouse, les chaussures à talons d'Emalee orientèrent mon attention sur l'instant présent. Puis ce fut sa main qui retint mon esprit. Elle agissait avec cette douceur qui l'avait toujours caractérisée à mes yeux, hormis peut-être lors de la soirée où nous avions fait connaissance. Alors, c'était un tout autre aspect de son caractère qu'elle m'avait présenté.

« Tu n'as selon moi aucun soucis à te faire pour ta vie sentimentale. »

Elle se hissa à hauteur suffisante pour déposer un léger baiser sur mes lèvres. La surprise figea mes traits l'espace d'un instant, avant que mon esprit ne daigne se remettre à fonctionner correctement. Le clin d’œil dont elle me ravit ne laissait pas de place au doute. Ce baiser prenait une place étonnement normale dans notre relation. C'était une nouvelle marque de tendresse, de soutien même. C'était ainsi qu'Emalee avait voulu signifier sa confiance en mes charmes. Elle ne pouvait cependant ignorer faire partie d'un cercle relativement restreint de femmes auxquelles j'autorisais à prendre possession de mes lèvres. Un sourire goguenard arqua ces dernières, alors qu'Emalee ramassait ses chaussures. Le temps s'était assombri, mais je n'avais guère pris la peine de le remarquer. Je ne le notais qu'une infime seconde avant que mon amie se récrit:

« Et ne me prend pas pour une gourde, je me doute bien que tu n'es pas aussi seul que tu ne le prétends. »


Si j'en avais eu l'occasion, je ne lui aurais pas davantage répondu. Je n'allais certainement pas la contrarier. Mais alors qu'elle m'attrapa la main pour me tirer en avant, je remarquai qu'il y avait une différence entre être seul physiquement et émotionnellement. Mais l'Emalee qui courait devant moi m'assura d'une chose: personne ne pouvait être seul avec une telle compagne.

L'averse qui venait de nous surprendre nous obligea à nous réfugier sous un arbre. Le rire d'Emalee était trop communicatif pour que je n'y réponde pas. Et nos rires me firent flotter l'espace d'un instant, comme si tous mes soucis, mes responsabilités, et l'urgence de certaines affaires disparaissaient de mon champs de vision. Il n'y avait plus qu'elle et moi, là, sous un grand arbre, à rire comme des adolescents après s'être fait rincés par une averse qui savait soigner son entrée.
J'eus presque un pincement au cœur lorsque sa main glissa de la mienne. Mais j'en profitai pour essuyer mon visage d'un revers de manche, et ébouriffer mes cheveux pour en faire dégouter l'eau de pluie qui s'y était attardée.

« Il me manque. »

Je remarquai le regard perdu d'Emalee. Elle s'était laissée aller à la contemplation du paysage et, comme pour bien des gens, ça l'avait rendue nostalgique.

« En fait, quand il pleut je pense au soir où je suis partie. Quand il fait beau je pense à nos ballades en tête à tête au gré de nos envies. Quand j'ai froid j'imagine qu'il est là, et qu'il va me prendre dans ses bras. Quand je doute de moi, je repense à ce qu'il me disais pour me prouver que j'étais forte. »

Ses aveux trouvaient un étrange écho en moi. Je baissai un instant les yeux, et un nom auquel je n'osais plus penser ressurgit. Quand je relevai le regard, celui d'Emalee le capta. Et je ne pus dès lors m'en détacher. Il y avait dans ses yeux un éclat si fort et en même temps si fragile que je ne pris pas garde lorsque je fis un pas pour combler la distance qui nous séparait. Je me sentais irrésistiblement attirer vers elle, comme si sa détresse m'appelait, faisant écho à la mienne, qui tendait alors tout mon être dans sa direction.

« Tu vas me trouver idiote. Me dire que je suis la seule responsable, que je dois arrêter de me plaindre, que c'est bien fait. C'est vrai. Mais cela ne change rien au fait... qu'il me manque. »

Mon index se posa doucement sur ses lèvres. Elle n'avait pas à en dire plus. Jamais je ne me permettrais de la trouver idiote, je comprenais trop bien la situation dans laquelle elle se trouvait. Il n'y avait dès lors aucune honte à regretter ce qui avait été, et à s'inquiéter pour la personne que l'on avait aimé et que l'on continuerait sans doute à aimer pour le restant de nos jours.

« Tu n'as pas besoin de dire ça. Je ne vois pas comment il pourrait en aller autrement. Toi et Clyde ... eh bien, c'est particulier. Votre relation n'appartient qu'à vous. » Je marquai une pause. J'avais utiliser un présent qu'elle pourrait voir d'un mauvais œil, aussi ajoutai-je avec précipitation: « Et pas « n'appartenait », car je ne peux pas croire qu'il n'y a plus d'espoir. » Mon index délivra ses lèvres, et ma paume s'attarda contre l’arrête de sa mâchoire. « Tu étais heureuse avec lui et si je peux faire quoique ce soit pour te permettre d'être à nouveau heureuse, tu n'as pas à hésiter à me questionner. »

Ma main délaissa son visage, retombant lâchement contre mon corps. Je peinais à trouver les mots appropriés pour lui donner une réponse, car je craignais qu'elle ne veuille pas entendre ce que je m'apprêtais à lui révéler.

« Clyde est sans doute devenu ce qu'il était destiné à être. Tant que tu étais à ses côtés, il se restreignait. Depuis ton départ, il a fait des choix cruels, mais indispensables. Je peux te dire qu'il se porte bien, mais il n'est pas du genre à se confier sur ses états d'âmes, pas à moi en tous cas... » Mon esprit filait désormais à une vitesse effrayante, et je ne pus retenir une dernière information: « Tu ferais peut-être mieux de t'adresser à Garden. »

Je pivotai pour m'adosser contre le large tronc au dessus duquel s'étendait les feuilles providentielles qui nous abritaient. J'aurais sans doute du en rester là, mais je ne pus retenir un soupir las. Ce dernier appellerait forcément des explications, mais je préférais de loin les éviter. Garden représentait un sujet épineux, que je ne souhaitais pas aborder avec Emalee. Du moins ne souhaitais-je pas m’appesantir sur ma propre vision de la situation. Je ne savais pas si Emalee respecterait mon silence, mais ce fut finalement moi qui le brisa.

« Crois-tu qu'elle puisse ressentir la même chose pour moi? »

Pensait-elle à moi en ce moment, si elle regardait la pluie tomber avec la même nostalgie? Se remémorait-elle nos conversations en se promenant dans le parc sous un grand soleil? Mon absence se faisait-elle ressentir quand elle avait froid et que la nuit l'enveloppait?
Au moins Clyde n'avait pas d'autre femme. Il n'avait jamais réellement remplacé Emalee, qu'importe la présence de sa nouvelle main droite.
Je me redressai en décidant de me ressaisir. Il me fallait faire oublier à Emalee cet instant de faiblesse. Je devais être fort, au moins pour tâcher de l'extirper de sa propre mélancolie.
Mes mains étaient fermes lorsqu'elles la saisirent par les épaules. Mon regard se ficha dans le sien, comme pour la sonder jusqu'au plus profond de son être.

« Sois forte Emalee! Soyons forts! Ensemble nous n'allons quand même pas nous laisser abattre. »

Mes doigts glissèrent jusqu'à sa nuque, tandis que nos visages se rapprochaient à nouveau. Mais ça n'avait rien de dangereux. Nous étions l'un pour l'autre ce que nous avions toujours été, et il n'était ni temps de se questionner sur la nature de notre relation, ni de s'en protéger. Quoiqu'il arrive, nous serions ensemble dans cette entreprise. Et ce fut à mon tour d'effleurer les lèvres d'Emalee, pour lui communiquer toute ma force et toute ma foi en elle et en l'avenir. Notre avenir.
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Adam Meyer
Good boy get bad
Garden, cruel love.

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Re: I thought I was on the right way { - Adam

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