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Message par Jaylen Killam le Mar 3 Avr - 1:12


TANYA&JAY, 10 SEPT 2009.


« Range tes dents molosse, j’ai pas l’intention d’refoutre un pied dans le bordel de ton maître » ― je marmonne au type, chargé de surveiller l’entrée du club, qui me lorgne d’un œil torve.

Guilty Pleasures. En entendant le nom de cet endroit j’ai pensé qu’y bosser serait carrément le pied. Sérieux, c’est le rêve de n’importe quel homme digne de ce nom que de voir des femmes jouer de leurs charmes et se dessaper pour le bon plaisir des clients, alors me faire du fric en assistant à un spectacle du genre était juste trop tentant pour que je ne tente pas ma chance. Puisque je suis en connaisseur en matière d’alcool et de mélanges en tous genres, le rôle de barman m’allait comme un gant et le gérant a eu l’air satisfait. Mais voilà : premier soir à mon poste et déjà je me fais mettre à la porte pour avoir fait un esclandre. Et putain, c’que je me les pèle! Pleasures. Mon cul, ouais. Oh allez, une clope pour passer le temps! Je tire de ma poche l’une de mes mains frigorifiées; au bout de mes doigts, l’un de ces petits cylindres de papier qui me donnent du rêve. Je le glisse entre mes lèvres, fouille mon blouson à la recherche d’un briquet, ne trouve qu’un long bout de bois qui me tire un froncement de sourcils… puis un soupir. Ma baguette, bien sûr. Après des années passées loin de ce monde de dingues, à me réaccoutumer aux habitudes des moldus, j’ai encore du mal à me faire à l’idée d’être de retour ici. Et la baguettes, les balais volants, toutes ces belles merdes qui font office de poudre aux yeux pour masquer le fait que cet univers-là est tout aussi pourri que l’autre… sinon plus. Je n’y ai jamais trouvé ma place et je me serais bien passé de revenir.

De la poche intérieure de ma veste, j’entends résonner une voix étrangère. Ouais, ça je m’y connais à force : le miroir à double-sens est bien le seul objet magique que j’ai gardé avec moi, même durant mon exil volontaire. Je le tire de sa prison de tissu avec un grognement agacé, pour la forme, et le place devant mon visage pour voir s’y dessiner la dernière tronche que j’aurais voulu voir se ramener en ce moment.

« Mr Killam, je vous contacte pour vous prévenir que votre f― » « Oh bon sang non, pas ce soir ok? J’suis déjà en rogne, inutile d’en rajouter. » « Excusez-moi!? Mr Killam, je vous rappelle que vous avez accepté de prendre votre rôle au sérieux, j’attends plus d’implication de votre part! Vous serez un modèle pour cette enfant, elle ― » « Ouais c’est ça, j’y penserai. Demain. », j’interromps brusquement en interrompant l’échange. Deuxième fois déjà qu’elle me prend la tête aujourd’hui. Étrange, elle est moins insistante d’habitude… visiblement le fait que je me décide à prendre en charge ma progéniture est suffisamment satisfaisant pour que le gouvernement ne me fasse pas chier en me blâmant pour ma conduite. Comme quoi personne n’en veut de cette gamine : pas juste Gem’ et moi, ses « parents », mais tout le monde sorcier. Et du coup, après qu’on se la soit refourguée à tour de rôle, j’écope de la bestiole. Ça aurait été trop beau, si ça avait pu ne pas me retomber sur le coin de la gueule. Je ne connais même pas son nom… je me suis tiré avant de savoir comment sa mère comptait l’appeler. Et voilà, je flippe de nouveau. Sérieux, on n’a pas idée de déposer une gosse de cet âge entre les mains d’un gars comme moi! De cet âge… quel âge déjà? Je tire nerveusement sur ma cigarette et souffle vers le ciel un nuage de fumée. Quelque chose comme deux ans, ou trois peut-être. Ça fait quelle taille à cet âge-là?, j’me demande en me grattant l’arrière de la tête. J’espère qu’elle sait marcher. Sinon elle rampera, j’me la coltinerai pas sur le dos à longueur de temps!

« Hey t’es pas le type qui s’est fait éjecter par les videurs tout à l’heure? » La voix féminine me tire de mes pensées et je relève les yeux en me frottant la joue négligemment. Qu’est-ce qu’elle me veut celle-là? « Si c’est l’cas, ça te fait quoi? » Elle me tape déjà sur les nerfs. Me sortir de réflexions déplaisantes pour m’en rappeler d’autres qui n’ont rien de plus agréables… elle aurait pu viser quelqu’un d’autre! Comme la gueule de pitbull qui persiste à garder un œil sur moi, de la porte qui lui sert de territoire. Pauvre type. « Rien, j’voulais juste savoir. Mais je connais déjà ma réponse en fait, je suis la cliente que tu étais sur le point de servir avant de faire ta scène. » « Ok. », je lâche sans intérêt en détournant le regard. Pas que je m’en cogne d’elle, mais... « Quel changement d’attitude! Y’a pas une demi-heure tu me draguais presque… » Soupir. De moi. « Bein écoute, j’suis plus en service là. Mais si t’es en manque tu peux toujours reprendre là où on s’était arrêtés avec le type qui me remplace au bar. » « Connard », elle me souffle avant de tourner les talons. Une bonne chose de faite.

La frustration provoquée par cette soirée est revenue en bloc, enflant en moi par vagues de mécontentement. Je me souviens maintenant. Cette fille, quelques compliments glissés tandis que je remplissais son verre, concoctant un mélange de mon cru en jouant les intéressants. Ses gloussements perpétuels, à peine horripilants. Ça aurait pu aboutir à une baise facile, je m’étais même dit sur le coup que ça pouvait être un bon moyen de décompresser. Mais les lumières ont changé à cet instant, et j’ai levé les yeux pour assister au changement de danseuse.

La silhouette de celle qui est arrivée m’a littéralement coupé le souffle. Relents de vieux désirs oubliés, de réminiscences, de surprise… puis de colère. Intense. Grondante. J’ai perdu le nord. Parce que celle qui s’apprêtait à jouer à aguicher des mâles en rut, c’était Tanya. Ouais, Tanya, « ma » Tanya, douce obsession de mon adolescence, ex dont le souvenir m’a longtemps été douloureux. Et peut-être qu’il l’est encore, en fait, parce que ma réaction de ce soir est bien la preuve que je tiens encore à elle, d’une manière ou d’une autre. J’ai juste essayé de la forcer à quitter cette fichue scène, j’aurais tout aussi bien pu crever les yeux aux pervers qui la dévisageaient déjà en bavant à moitié. Et maintenant je suis là à patienter gentiment dans le froid à cause d’elle, de cette pétasse qui m’a largué il y a des années pour devenir quoi? Stripteaseuse? Ma main tremble sur la cigarette qui se plie sous la pression de mes phalanges, elle m’épate de parvenir encore à si bien faire dérailler mes émotions après tout ce temps.

C’est l’instant qu’elle choisit pour quitter le club. Je la vois sortir d’un pas vif par la porte du fond, s’immobiliser un instant en regardant autour d’elle, comme si elle s’était attendue à ce que je sois là. Bien vu ma mignonne. Nos regards se croisent, je lâche au sol ma compagne en robe se papier et l’écrase du bout de ma tennis. C’est moi qui la rejoins, d’un pas tranquille, et je la devance alors que ses lèvres s’entrouvrent. « Déjà fini de jouer les putes? Me dis pas que t’as finalement écourté ton show rien que pour moi, ce serait trop d’honneur. »



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Re: 1, 2, 3, fall : here comes the highlight of the show.

Message par Tanya E. Ryan le Mar 3 Avr - 22:20


    Une nouvelle soirée de travail s’annonçait au Guilty Pleasures. J’étais arrivée avec plus d’une heure d’avance pour prendre le temps de me préparer. J’allais devoir danser deux fois sur scène durant la soirée. Il fallait que tout soit prêt pour ne pas perdre de temps entre mes deux prestations. J’avais disposé le tout de façon minutieuse dans la loge, sous-vêtements, accessoires, maquillage… Après cela je pris soin de mes ongles, les colorant d’un vernis rouge vif. Une fois sec, je revêtis mon premier costume : une belle robe bustier bleue très courte qui dissimulait un ensemble de dentelle noir. Le tout associé à une paire de bas noir également et une paire de chaussures à talons bleues. J’avais tellement pris de temps à me préparer que je n’avais pas eu le temps d’aller prendre un verre au bar. Avant l’arrivée des clients il arrivait qu’on se retrouve avec les autres filles pour parler un peu. Mais là, je n’avais plus le temps puisque les hommes avaient fait leur entrée. Je patientai donc dans les loges avec mes collègues, j’appris alors qu’un nouveau barman avait été embauché et qu’il commençait à travailler ce soir justement. J’entendis une des filles dire à une autre danseuse : « T’as vu le nouveau barman ? Qu’est ce qu’il est canon ! Il a un sourire… Trop, trop chou ! » L’autre lui répondit : « Mais il te rappelle pas quelqu’un ? J’ai l’impression qu’il jouait dans un groupe avant… Un groupe de rock. » Un membre d’un groupe de rock ? Je voulais en savoir plus. J’allais leur demander de me le décrire plus en détail mais c’était à moi d’entrer sur scène. Alors que je me dirigeai vers la scène, leurs paroles se firent de moins en moins fortes pour laisser placer à une musique envoûtante.

    J’étais à présent sur le podium au milieu de tous ces hommes. Leurs yeux me fixaient avec insistance, suivant attentivement le moindre de mes mouvements. Je dansais lascivement, jouant avec certains de ces messieurs. Leurs adressant des regards soutenues et de beaux sourires. Après quelques minutes, j’ôtai ma robe voluptueusement, prenant soin de le faire le plus lentement possible pour faire les faire languir de plaisir. Soudain, mes yeux se posèrent sur le nouveau barman. Il me fixait également… Jay’… J’avalais avec difficulté ma salive. Non, non, non ! Il ne pouvait pas travailler ici ! Je ne voulais pas ! Je continuais tant bien que mal à finir mon show mais j’entendis un objet en verre se briser et cette voix si familière perturber le déroulement de mon passage sur scène. Je me retournai précipitamment pour voir ce qu’il se passait. Jaylen était prêt à monter sur scène, il avait l’air très en colère. Il allait tout gâcher ! Il était tellement énervé que je ne compris pas un seul de ses mots… J’arrêtai danser, l’atmosphère de la salle s’était refroidie d’un coup alors que mon ex petit ami se fit jeter dehors par les videurs. Déboussolée, je sortis de la scène en courant, quelques larmes coulaient le long de mes joues. Pourquoi avait-il fallu qu’il vienne ici ? Comment Curtis avait pu le prendre comme barman ? L’ex petit ami de Kerr ? J’étais perdue. Assise sur une chaise dans les coulisses, je tentai de me calmer mais la remarque d’une autre danseuse me fit sortir de mes gonds ! « Quel idiot ce type ! Dis Tanya la prochaine fois tu éviteras d’inviter tes p’tits copains ! La soirée va être merdique ! » Je me retins pour ne pas lui coller une baffe. Mais je n’avais pas envie d’aggraver les choses. Malgré mes réticences à travailler ici, ce job était mon seul moyen de gagner du fric. Curtis n’allait déjà pas apprécier ce qui venait de se passer… Je me contentai donc d’un « Ferme là ! » plutôt brutal avant d’aller me changer. J’enfilai une robe noire, beaucoup moins provocante que l’autre, je rangeai mes affaires rapidement puis je quittai le club avec hâte. J’espérai que Curtis ne m’en voudrais pas de le lâcher ainsi. Mais il fallait que je retrouve Jaylen, il fallait qu’on s’explique.

    Une fois dans la rue, je regardai autour de moi espérant le voir. Je reconnus alors sa silhouette un peu plus loin. Je décidai d’aller jusqu’à lui d’un pas rapide malgré la douzaine de centimètres que j’avais sous les pieds. Son accueil fut très violent : « Déjà fini de jouer les putes? Me dis pas que t’as finalement écourté ton show rien que pour moi, ce serait trop d’honneur. » Je fis écœurée par ses propos, tellement blessants et méchants. Mon cœur s’emballa, mon poing se serra… Puis sans crier gare, je le giflai violemment avant de l’engueuler : «Mais merde Jay ! Tu ne vois pas que tu me fais mal avec tes réflexions blessantes ? J’aurais de la chance si Curtis ne me fout pas à la porte après ça ! T’as vraiment le chic pour détruire la vie des autres… Pourquoi tu me fais ça ? Pourquoi faut-il que ça finisse toujours comme ça avec toi ? » Nos retrouvailles étaient en train de se passer comme notre derrière discussion. Une engueulade… J’avais été méchante, comme il l’avait été. Cette situation m’avait déstabilisée, je n’avais pu m’empêcher de fondre en larme. J’aurais tellement aimé le retrouver dans d’autres circonstances…
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Re: 1, 2, 3, fall : here comes the highlight of the show.

Message par Jaylen Killam le Jeu 5 Avr - 13:44

À peine les mots ont-ils quitté mes lèvres que je prends conscience de combien ils la blesseront. Je me disais souvent à l’époque qu’elle était sensible, ma Tanya, que lui épargner la morsure de ma rancœur était le seul moyen de la préserver de ma part sombre. Autant que possible. J’essayais d’être un autre pour elle. Mais on était tous les deux brisés, à notre manière. Ou mal construit, dans mon cas. Et forcément… forcément il y a eu des moments où ça s’est ressenti. Des moments où les efforts devenaient pesants, où l’épuisement l’emportait sur la prudence, où la présence de l’autre difficile à supporter où la pression de la vie de couple impossible à soutenir. Des moments où mon regard si peu fait pour se contenter d’une seule dérapait sous le corps d’une autre ― pour moi, observer ne signifiait rien. Pour elle c’était déjà beaucoup trop. Me connaissant, elle avait d’ailleurs sans doute raison. Je me détestais de la faire pleurer, moi qui avait passé une part de mon adolescence à craindre de l’approcher de peur de la briser. Je prenais conscience de ses défauts et, après l’avoir si longtemps idéalisée, je me laissais bêtement.. envoûter une seconde fois, en la découvrant telle qu’elle était réellement. Si accessible finalement. Tout cela me revient à l’esprit de plein fouet maintenant qu’on se retrouve face à face, mais cette fois je ravale avec hargne tout semblant de remord.

Mais cette fois ce n’est pas la douleur qui prime ― du moins, pas chez elle. Une lueur furieuse brille dans ses yeux et, me prenant de cours, sa main s’écrase contre ma joue alors qu’elle élève la voix. «Mais merde Jay ! Tu ne vois pas que tu me fais mal avec tes réflexions blessantes ? J’aurais de la chance si Curtis ne me fout pas à la porte après ça ! T’as vraiment le chic pour détruire la vie des autres… Pourquoi tu me fais ça ? Pourquoi faut-il que ça finisse toujours comme ça avec toi ? » Incrédulité. Fureur. Elle me cherche cette conne! Ma main agrippe la sienne, celle-là même qui s’est levée sur moi à l’instant, et je pousse durement Tanya en arrière en maintenant son bras contre son inconfortable support mural, tandis que ma paume libre s’abat sur les pierres, proches de son visage. « Ne refais jamais ça. Ma voix est rauque mais mesurée, pesée, et mon regard lui dit clairement qu’une autre tentative de ce genre lui sera rendue. Qu’une femme frappe un homme ne choque personne, qu’un homme frappe une femme passe pour un geste impardonnable. Seulement, qu’elle compte pour moi ne change pas celui que je suis, et je ne suis pas de ceux qui encaissent sans rien dire. Je regretterai ensuite, je n’en doute même pas. Mais qu’elle ne me pousse pas à bout! Je te fais mal? ―j’articule d’une voix lente en réponse à ses reproches, affichant dans un sourire ma perplexité moqueuse. Et je fais ça comment dis-moi? En mentant? Parce que je me trompe, peut-être, en disant que tu te dessapes pour du fric? Ma logique tordue rend la chose acceptable pour toute autre que pour elle. Les spectacles du genre sont loin de me répugner, bien au contraire, et voir une femme se dévêtir langoureusement est à mes yeux le summum de la sensualité. Si tant est qu’elle le veuille, d’abord, et ne le fasse pas par obligation : parce que s’offrir est une chose, et que se vendre en est une autre. Si tant est peut-être aussi qu’elle n’ait jamais été mienne, dans les faits ou dans mon cœur, et qu’aucune question d’exclusivité n’ait été abordée entre nous. À aucun instant. Ou alors parce que je l’exprime trop crûment et que je te choque? Pauvre petite sainte, faudrait que je l’enrobe dans de belles phrases par respect pour ta sensibilité c’est ça? Sauf que c’est pas mon fort ça, tu le sais. Les beaux mots j’peux pas te les dire, mais j’veux bien reprendre ceux de ton charmant public si tu les trouves plus élégants… Je pose mes mains de part et d’autres de son visage et approche ma joue de la sienne pour murmurer à son oreille d’un ton onctueux débordant d’un plaisir dégradant : Mais quel cul d’enfer. Tu crois qu’elle serait du genre à se laisser mettre? Notre proximité est presque indécente, je suspends mon monologue juste une seconde pour lui laisser le temps de peser mes mots. Vise l’aguicheuse, ça se voit que c’en est une qui aime écarter les cuisses. J’oblique la tête pour la regarder cette fois de face et hausse un sourcil inquisiteurs. Mieux? Ça doit être un langage qui t’parle et qui t’plait, ça, vu combien t’as l’air consciente de la chance que tu as de bosser ici. Mais au final ça revient toujours au même, que je le dise ou non : ça sonne toujours aussi juste que pétasse. C’est vrai qu’j’ai dû méchamment te pourrir la vie en te privant de ce genre de show pendant des années. » On ne m’attribuera pas le trophée de grandeur d’âme. Mais que de tous elle soit celle qui me reproche d’avoir détruit sa vie… ça me fait doucement rire.

Je recule, incapable de rester plus longtemps aussi près d’elle, et la jauge d’un regard lourd de déception. « Pourquoi tu me fais ça ? Pourquoi faut-il que ça finisse toujours comme ça avec toi ? » « Parce que mine de rien, je lui crache avec aigreur, J’ai plus d’ambition et de respect envers toi que tu n’en ressens toi-même. » Et c’est affreusement vrai : dans notre adolescence, elle me jugeait casse couilles parce que la voir fumer me débectait. Notre couple s’est cassé la gueule à cause d’une dispute à propos de drogue. Nos retrouvailles tournent mal à cause de son boulot de stripteaseuse. Et je m’échine à essayer d’arrêter sa chute, alors qu’elle s’obstine à aller dans l’autre sens, toujours plus bas. Et je détruis sa vie? Mes phalanges tremblent de ces retrouvailles, de la hargne qui bout en moi, de mon envie brûlante de l’arracher à tout ça, du besoin refoulé de la serrer contre moi et de… je ne sais pas. J’en sais fichtrement rien. J’allume d’un geste inconscient une nouvelle clope pour me calmer et contenir les pourquoi qui se bousculent contre mes lèvres. Il est là le problème, juste sous mes yeux, et c’est moi. Je ne suis pas un modèle, pas le mieux placé pour jouer les moralisateurs. Si je me permets qutout et n’importe quoi, pourquoi l’interdire à quelqu’un? Habituellement je me fous de ce que font les autres. Mais Tanya… « Et puis j’ai rien fini du tout. C’est toi qui t’es tirée en faisant en sorte que je ne puisse pas te retrouver. Mais qu’est-ce que tu m’auras fait courir pour rien… » Oh pt’ain, Jay, tu causes comme un désespéré!



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Re: 1, 2, 3, fall : here comes the highlight of the show.

Message par Tanya E. Ryan le Jeu 5 Avr - 18:25


    Ma main me démangea, de légers picotements désagréables étaient apparus après avoir heurté le visage de Jaylen. J’y étais allée fort, trop fort même. Je m’en voulais terriblement. Mais ses mots… M’avaient mis hors de moi. Qu’il puisse venir foutre la merde durant mon passage sur scène était une chose. Me traiter de pute, ça je mettrais du temps à le lui pardonner. Je savais qu’il n’était pas du genre à mâcher ce qu’il disait, pourtant me rabaisser à ce point… Cela j’avais du mal à l’accepter. La gifle m’avait totalement déboussolée, entre remords et haine je ne savais plus quoi penser. Mon corps fut subitement pris de spasmes, tandis que des larmes coulèrent le long de mon visage. Depuis des semaines, j’avais tenté de retrouver sa trace, en vain. Le revoir dans de telles circonstances… Etait atroce…

    Sa réaction fut brutale. Avant même que je puisse réagir il m’avait plaqué avec agressivité contre le mur qui se trouvait derrière moi, maintenant fortement ma main. La sienne se leva… Mes pupilles se fermèrent… Durant un instant, je fus persuadée qu’elle s’écraserait à son tour sur mon visage. Aucun coup ne vint me percuter. Je rouvris les yeux. Son regard était noir, je compris que j’étais allée trop loin. « Ne refais jamais ça. » Un sentiment de peur s’était installé chez moi, me frapperait-il ? Je n’avais aucune idée de ses limites… J’allais essayer de ne pas réitérer mon geste, fallait-il encore qu’il soit moins méchant. Et sur ce point, notre « discussion » était mal partie, puisqu’il continua dans le provocant « Je te fais mal ? » Sa réflexion le fit sourire – quel connard – ces deux mots ne purent s’empêcher de retentir dans ma tête alors que je le défiai à présent du regard – bah alors qu’est ce que t’attends pour m’en foutre une ? T’en meurs d’envie je suis sûre – Je n’avais pas osé le dire à haute voix. Un autre gars aurait déjà pris un coup de genou dans l’entre-jambe pour avoir agit de la sorte. Malheureusement il n’était pas un autre gars… Mais Jaylen… Je restais silencieuse, le laissant déblatérer à nouveau « Et je fais ça comment dis-moi ? En mentant ? Parce que je me trompe, peut être, en disant que tu te dessapes pour du fric ? » Et voilà qu’il remettait ça sur le tapis. Comme si je n’en avais pas déjà assez pris dans la gueule ! Je sentis mon organisme s’enflammer à nouveau. « Mais… » – en quoi ça te regarde Jay ?! – Je ne pus finir ma phrase. Il avait repris aussitôt « Ou alors parce que je l’exprime trop crûment et que je te choque? Pauvre petite sainte, faudrait que je l’enrobe dans de belles phrases par respect pour ta sensibilité c’est ça? Sauf que c’est pas mon fort ça, tu le sais. Les beaux mots j’peux pas te les dire, mais j’veux bien reprendre ceux de ton charmant public si tu les trouves plus élégants… » Ses mains se postèrent alors au niveau de mes joues. Sa tête se rapprocha, je sentis alors son souffle chaud effleurer mon oreille… Puis il continua sur un ton qui me parut malsain « Mais quel cul d’enfer. Tu crois qu’elle serait du genre à se laisser mettre? » Nos corps se frôlaient, j’avais agrippé fortement son poignet, mes ongles longs devant s’enfoncer dans sa peau. Je lui faisais comprendre que je trouvais son attitude insolente et déplacée… Il m’en avait fait voir des choses, mais là il me décevait énormément… J’en avais entendu assez… Néanmoins, il semblait avoir envie de m’achever « Vise l’aguicheuse, ça se voit que c’en est une qui aime écarter les cuisses. » Je fermais les yeux, sentant à nouveau mes pupilles s’emplir de larmes… Je serrai les dents… En y repensant, un coup de poing aurait été moins douloureux… Cela aurait été rapide et efficace… « Mieux? Ça doit être un langage qui t’parle et qui t’plait, ça, vu combien t’as l’air consciente de la chance que tu as de bosser ici. Mais au final ça revient toujours au même, que je le dise ou non : ça sonne toujours aussi juste que pétasse. C’est vrai qu’j’ai dû méchamment te pourrir la vie en te privant de ce genre de show pendant des années. » « Ça y est ? T’as fini ? » Il rit. Je me désagrégeai sur place. Son ricanement venait me déchirer le cœur…

    « C’est dégueulasse ce que tu me fais Jay’ ! Si je n’avais pas débarqué sur cette putain de scène tu te serais rincer l’œil toute la soirée ! Puis t’aurais fini par te taper une des danseuses… Sûrement… Voir plusieurs… Vu que tu ne peux pas t’empêcher de niquer tout ce qui bouge ! Je me trompe ? Elles, ça t’aurais arrangé qu’elles jouent les putes rien que pour toi !! Alors tu peux me dire pourquoi ça t’emmerdes tellement que je bosse pour Curtis ? » Pourquoi me croyait-il aussi sage que ça merde ! Je n’étais plus la pauvre nana paumée de Poudlard. J’avais de l’assurance et je n’avais plus peur de dire ce que je pensais ! Part le passé j’aurais fui ce genre de prise de tête, mais aujourd’hui c’était différent. Je n’allais pas le laisser me traiter de la sorte… Moi aussi je pouvais être vulgaire et méchante ! « Oh mais oui… Je suis trop fragile pour ça ? Bah tu te mets le doigt dans l’œil ! Je m’en sors bien toute seule ! Et même très bien ! Pourquoi c’est si difficile pour toi d’admettre que finalement j’ai fini par trouver un job qui me convient ? La fille prude et coincé de Poudlard, elle n’existe plus Jay ! Alors si ça me plaît de faire ce que je fais je ne vois pas pourquoi tu viens me faire chier… » Il fallait qu’il comprenne que j’en avais assez qu’il surveille tous mes faits et gestes… C’était ma vie… J’en faisais ce que j’en voulais… « Et puis merde ! Si j’ai envie de me faire sauter ? J’ai le droit nan ? Un p’tit coup de temps en temps ça peut pas faire de mal? Ne me dis pas le contraire surtout ! Oh mais Mr Killam lui peut tout se permettre c’est vrai ! Alors que la petite Miss Ryan, elle, doit rester pure ! Elle ne peut pas se faire baiser par qui elle veut ! » Je lui criais ça au visage, insistant sur tous les mots que l’on pouvait juger d’obscènes… « Oh ! Et puis j’en rien à faire ! Vas-y traite moi de salope ou de pétasse… Je m’en fous ! Mais si on devait faire la liste de toutes les personnes que l’on s’est tapé ! Je pense que la PUTE ça ne serait pas moi ! » … Il recula…

    Il finit par répondre à mes dernières questions « Parce que mine de rien. J’ai plus d’ambition et de respect envers toi que tu n’en ressens toi-même. » Ce fut à mon tour de rire. J’en avais assez de cette foutue morale. Il se comportait comme la dernière fois avec moi. J’en avais assez qu’il me traite comme une gosse… Il n’était vraiment pas le mieux placé pour me dire tout ça, il fallait qu’il voie que je pouvais vivre ainsi…« Et puis j’ai rien fini du tout. C’est toi qui t’es tirée en faisant en sorte que je ne puisse pas te retrouver. Mais qu’est-ce que tu m’auras fait courir pour rien… » Comment osait-il me dire ça ? C’était quand même un peu de ça faute si je m’étais barrée… Je réagis sans attendre « Ah c’est bizarre… Je m’y attendais pas à celle là. A ton avis pourquoi je me suis cassée Jay’ ? » Je ne lui laissai pas le temps de répondre « Il fallu, comme toujours, que tu tentes de m’empêcher de bousiller ma vie, comme tu le dis si bien... Tu viens de me dire que je ne me respectais pas moi même ? Et toi Jay’ ? Tu crois que ça me faisais plaisir de te voir sombrer à nouveau dans ta came ? » J’avais laissé tomber mon ton provoquant, laissant place à une voix qui résonnait de façon sincère et pleine de tristesse. « Je ne supportais pas faire semblant de ne pas le remarquer… Mais je ne voulais pas… Je… Je n’avais pas à me mêler de ça… C’est ta vie et je n’ai rien à dire… T’aurais jamais dû quitter le centre pour moi Jay’… Là-bas t’aurais fini par t’en sortir et à cause de moi… Je… Je suis revenu à l’appart quelques semaines plus tard… Je voulais… Je voulais m’excuser… Mais tu n’étais plus là Jay… »

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Re: 1, 2, 3, fall : here comes the highlight of the show.

Message par Jaylen Killam le Dim 8 Avr - 0:30

Pour la première fois de notre relation, je lis la peurs dans le regard de Tanya alors qu’elle me fixe. Moi qui ai toujours voulu être là pour elle, la protéger… qu’est-ce qu’on est devenus? J’ai cru un temps qu’elle serait ma rédemption, qu’avec elle je saurais changer. Mais j’ai été rattrapé par mes démons. Pire encore : j’ai été son pass vers mon monde, le pont entre l’ancienne et la « nouvelle » Tanya. C’est en vivant avec moi, en me voyant sombrer comme avant qu’elle est tombée au plus bas. Je m’en voudrai toujours pour ça. Je ne pourrai jamais l’accepter. Mais frustration et colère se mêlent, s’emmêlent, et je me défends par l’attaque, j’espère en vain que la bousculer finira par la réveiller.

« C’est dégueulasse ce que tu me fais Jay’ ! Si je n’avais pas débarqué sur cette putain de scène tu te serais rincer l’œil toute la soirée ! Puis t’aurais fini par te taper une des danseuses… Sûrement… Voir plusieurs… Vu que tu ne peux pas t’empêcher de niquer tout ce qui bouge ! Je me trompe ? Elles, ça t’aurais arrangé qu’elles jouent les putes rien que pour toi !! Alors tu peux me dire pourquoi ça t’emmerdes tellement que je bosse pour Curtis ? » Elle ne comprend rien. J’me comprends pas toujours moi-même, est-ce que je peux lui en vouloir pour ça? Je ne sais pas si je le peux, ou si je le fais à tort, mais je le fais. Elle ne fait qu’en rajouter en essayant de me convaincre, ou plutôt de me dire combien j’ai tort de la considérer comme une petite chose fragile, le dégoût qui me consume de l’intérieur n’a rien de feint. Je ne relève pas ses arguments, me contente simplement de répondre sèchement que je la respecte simplement plus qu’elle ne le fait elle-même.

Maladroitement, je finis par ramener sur le tapis le sujet de notre rupture et m’en veux immédiatement d’en avoir parlé, d’avoir laissé sous-entendre que tout ça m’affectait encore. Le passé, je suis pourtant doué pour l’occulter brillamment de mes pensées, en temps normal… « Il fallu, comme toujours, que tu tentes de m’empêcher de bousiller ma vie, comme tu le dis si bien... Tu viens de me dire que je ne me respectais pas moi-même ? Et toi Jay’ ? Tu crois que ça me faisais plaisir de te voir sombrer à nouveau dans ta came ? Tout ce qu’elle avait gardé pour elle à l’époque, qui retombe entre nous aujourd’hui comme le glas d’erreurs passées qui nous démolissent aujourd’hui. Ce n’est plus le désir de faire ses preuves, de me provoquer qui retentit dans la ruelle; sa voix faiblit, vibre d’une tristesse dont je suis le seule responsable. « Je ne supportais pas faire semblant de ne pas le remarquer… Mais je ne voulais pas… Je… Je n’avais pas à me mêler de ça… C’est ta vie et je n’ai rien à dire… T’aurais jamais dû quitter le centre pour moi Jay’… Là-bas t’aurais fini par t’en sortir et à cause de moi… Je… Je suis revenu à l’appart quelques semaines plus tard… Je voulais… Je voulais m’excuser… Mais tu n’étais plus là Jay… » Elle est revenue? Quelque chose se ranime en moi à l’entente de ses mots, quelque chose que je croyais mort. J’avais placé sans même m’en rendre compte bien trop d’espoirs dans notre relation, celle que je considérais comme un renouveau pour elle comme pour moi. Et la voilà qui m’avoue après avoir regretté son départ… Je pourrais dire que sa façon de faire est trop simple. Que rejeter toute la faute sur moi est trop facile, que nier ses torts et en faire des droits est de mauvaise foi. Mais je me sens trop coupable à son égard pour démentir, pour ne pas assumer. Et la colère devient lassitude. Le silence s’étire entre nous, lancinant, telle une torture. Une main sur le front, je cherche mes mots, trop ému pour la blesser de nouveau mais déçu malgré tout, irrémédiablement. Je ne peux pas m’en empêcher : j’avais tellement d’autres espoirs pour elle qu’accepter qu’elle se contente de ça me gonfle au plus haut point. « J’pouvais pas vivre là-bas sans toi. Entre ces murs qui me rappelaient ton visage, tes rires, tes larmes, et la façon pitoyable dont je t’ai perdue. C’était juste… trop. J’ai attendu quelques temps, je t’ai cherchée, j’avoue d’une voix rauque, basse, comme avec l’espoir qu’elle n’entende pas. Et je me suis résigné. Je laisse tomber au sol ma cigarette à moitié consommée en même temps que les vestiges de ma rage destructrice, mais le regard dont je la vrille n’est plus le même qu’auparavant. Elle a raison : les choses ont changé. Elle a changé, et je ne peux rien y faire. Tu parles de ce que tu es devenu comme si tu en étais fière, je laisse malgré couler, désabusé. Toi tu m’as connu tel que je suis aujourd’hui : pourri jusqu’à la moelle, habitué à me ruiner la santé de toutes les manières possibles et imaginables. Et moi, celle que j’ai aimée, c’était la fille « prude et coincée » de Poudlard, celle qui m’influençait en bien et me donnait envie de devenir meilleur. Comment tu peux me l’enlever et me reprocher de la regretter? Quelque chose se coince dans ma gorge, que je racle pour ne pas entendre trembler ma voix. Jamais. J’ai cru te tirer d’un mauvais pas en t’emmenant loin du monde magique, mais j’avais pas de si bons mobiles. Et t’as raison, je suis parti trop tôt. J’étais pas prêt à faire face et à te soutenir convenablement, je me contentais de fuir et toi… toi t’en as fait les frais. Tu me demandes pourquoi je me bats toujours contre toi, pourquoi je veux toujours t’empêcher de plonger vers le pire? Je m’arrête, tends avec hésitation une main vers elle et la laisse retomber le long de mon corps sans finalement la toucher. Tu as touché à la drogue par ma faute. Tu es partie par ma faute. Tu t'es retrouvée ici... à cause de moi. Quand je te regarde, je vois combien me côtoyer a été nocif pour toi. Alors ouais, tout ça me débecte. T’avais besoin d’aide et j’ai tout juste été bon à te faire sombrer. Je déglutis difficilement mais ne détourne pas le regard, peu enclin à paraître plus pathétique encore que nécessaire. J’pourrai jamais encaisser ça. »



—Shut the fuck up

I'm not afraid to chase my dreams, just me and my guitar. And no one may ever know the feelings inside my mind, cause all of the lines I ever write are running out of time. Before I fall I want them to play my songs, I want them to sing the words I say. Before the darkness falls, I want...
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Message par Tanya E. Ryan le Dim 8 Avr - 15:55


    Je parlai… Parlai… Lui crachant ces immondes paroles. Ce n’était pas moi, jamais je n’aurais pu avoir de tels propos. Pourtant, une fois cela fait je m’étais sentie bien mieux. On pouvait dire que c’était la première fois que je tenais autant tête à quelqu’un. Cependant, était ce vraiment judicieux de ma part ? J’avais provoqué Jay pour lui prouver que je pouvais une autre ? Sauf que cette image de moi n’était pas mienne. Je jouais un rôle d’hystérique vulgaire, simplement pour lui faire comprendre que j’en avais assez de supporter ses sermons. Mais je n’étais pas cette fille. Je me rendais compte que tout ce que j’avais pu lui dire, je l’avais exprimé sur le coup de la colère, colère que j’avais gardée au fond de moi sans jamais la laisser sortir. Et il avait fallu que ça tombe sur Jaylen. Je me sentais mal, confuse et terriblement honteuse. Il m’avait aidé et voilà comment je le remerciai…

    « J’pouvais pas vivre là-bas sans toi. Entre ces murs qui me rappelaient ton visage, tes rires, tes larmes, et la façon pitoyable dont je t’ai perdue. C’était juste… trop. J’ai attendu quelques temps, je t’ai cherchée. » Je m’en voulais… Terriblement… Je l’avais lâchement abandonné. Tout ça pour des conneries ! Si seulement on avait pris le temps de discuter de tout cela à tête reposée, peut être qu’on aurait fini par s’en sortir. Peut être qu’on aurait pu trouver un moyen de se relever et d’aller de l’avant… Ses mots me fendirent le cœur, il n’avait toujours pas digéré cette rupture si stupide. Et la fautive c’était moi… « Et je me suis résigné. » Ces quelques mots me meurtrirent… Il me fixait avec insistance, me faisant comprendre toute la souffrance qu’il avait pu ressentir… Je fermai les yeux et baissai la tête, ne savant quoi dire. Tellement coupable… De l’avoir quitter… « Tu parles de ce que tu es devenu comme si tu en étais fière. Toi tu m’as connu tel que je suis aujourd’hui : pourri jusqu’à la moelle, habitué à me ruiner la santé de toutes les manières possibles et imaginables. Et moi, celle que j’ai aimée, c’était la fille « prude et coincée » de Poudlard, celle qui m’influençait en bien et me donnait envie de devenir meilleur. Comment tu peux me l’enlever et me reprocher de la regretter? » Il ne comprenait pas que cette Tanya m’avait fait souffrir. Toutes ces années à Poudlard, je les détestais. Carter qui n’avait cessé de me faire penser qu’un jour il pourrait m’aimer… Tous ces incidents, ces élèves morts pour rien… Mes moments de solitudes… Ces connards de professeurs… Seuls les rares amis que j’avais pu me faire venaient adoucir ce tableau bien noir de ma vie. Jaylen… Quant à lui était la personne qui redonnait un peu de couleur à cette période de mon existence. « J’ai cru te tirer d’un mauvais pas en t’emmenant loin du monde magique, mais j’avais pas de si bons mobiles. Et t’as raison, je suis parti trop tôt. J’étais pas prêt à faire face et à te soutenir convenablement, je me contentais de fuir et toi… toi t’en as fait les frais. Tu me demandes pourquoi je me bats toujours contre toi, pourquoi je veux toujours t’empêcher de plonger vers le pire? » J’avais envie de lui crier dessus… Mais rien ne sortait – Cette Tanya est morte Jay’ ! – Pourquoi était-il si difficile de le lui avouer ? Simplement parce que j’avais peur de le perdre… Sa main tendue vers moi… Je n’osai la prendre… J’hésitai… Alors que je voulus la prendre, l’attraper elle fut hors de portée. « Tu as touché à la drogue par ma faute. Tu es partie par ma faute. Tu t'es retrouvée ici... à cause de moi. Quand je te regarde, je vois combien me côtoyer a été nocif pour toi. Alors ouais, tout ça me débecte. T’avais besoin d’aide et j’ai tout juste été bon à te faire sombrer. J’pourrai jamais encaisser ça. » Mes yeux se fermèrent à nouveau. Pour lui c’était de sa faute si j’avais touché le fond… Je ne pouvais pas accepter qu’il puisse dire de telles choses.

    « Jay’… » Je sentais ma voix trembler. J’avais tellement de chose à lui dire mais j’avais peur de ne pas y parvenir. Les larmes coulaient le long de mes joues. Je les essuyai avant de reprendre « Si tu savais combien j’ai pu être mal quand on était à Poudlard. Moi qui avais cru que cette école me ferait oublier mon enfance misérable, ma détestable mère et mon père absent… Mes appels à l’aide désespéré… Qui n’avait aucun effet… Poudlard n’a pas arrêté ma descente aux enfers… Au contraire. Le jour où je l’ai quitté j’ai pensé qu’enfin je pourrais être heureuse et libre. Mais j’ai rien eu de tout ça… » Je cherchai son regard, m’empêchant d’aller retrouver ses bras, de m’agripper à lui… « Quand je me suis retrouvée dans la rue, j’ai compris que jamais je n’arriverai à me défaire de cette vie tellement merdique. J’ai eu peur… Si je ne t’avais pas appelé à l’aide, j’aurais fini par faire une connerie Jaylen. T’as été là pour moi, alors que t’avais déjà assez de problèmes à régler. Ne me dis pas que tout ça est de ta faute, s’il te plaît… Je suis la seule responsable dans cette histoire… » Je m’approchai alors de lui, je pris sa main, celle qu’il avait tendue vers moi… Je plongeai mes yeux dans les siens. Je sanglotai à nouveau avant de continuer « Y’a que toi qui as réussi à me redonner mon sourire Jay’… T’es le seul… Qui m’a donné goût à la vie… Alors ne me dis pas tu l’as anéantie… Avec toi je suis heureuse… Ou du moins je l’étais… » Je restai plantée devant lui séchant mes larmes avec le dos de ma main.
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