Never looking back {Ft.Garden

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Never looking back {Ft.Garden

Message par Emalee Gilliam le Sam 7 Avr - 16:34

    La journée avait pourtant plutôt bien commencé. Je m'étais levée de bonne heure, de bonne humeur, je m'étais préparée rapidement et avais fini par sortir de mon appartement avec de l'avance. Mais les choses se passent rarement comme elles le devraient. J'avais redouté le moment où je rencontrerai Clyde, il arriva bien plus tôt que je ne pu l'imaginer, et se passa bien plus mal. Le formidable travail que je venais de décrocher était d'être son assistante, comme si devoir me passer de lui n'était pas assez dur, je devais le faire tout en le côtoyant toute la journée, subissant une légitime colère. Je passais la pire journée de ma vie, observée de tous ceux qui travaillaient avec Clyde, et agressée à chaque seconde par un Clyde fermé et tyrannique. Je tenais cependant la journée entière, ne disant pas un seul mot, retenant mes larmes de quitter mes yeux, accomplissant chaque tâche avec minutie, comptant les minutes qui me séparaient de ma délivrance. Cette heure arriva, la fin de la journée arriva, et je quittais mon bureau sans demander mon reste, courant presque afin de ne pas éclater en sanglots ici. La situation n'aurait pu être plus désastreuse. Dans les couloirs, je sentais les regards pleins de colère de ceux qui étaient au service de Clyde. Ses plus proches collaborateurs connaissaient l'histoire, du moins l'histoire de l'extérieur, personne ne connaissait réellement les motivations de mon départ, personne à part moi. Gardant un sang froid exemplaire, je mettais du temps à sortir du bâtiment, étant restée coincée dans l'ascenseur un long moment. Sortant finalement, je hâtais le pas peu à peu, finissant par me mettre à courir à toute allure, courir à en perdre haleine, courir sans me préoccuper du reste. Je percutais régulièrement plusieurs personnes, mais ne m'arrêtais pas pour autant, je n'étais pas capable de m'arrêter, m'arrêter c'était craquer, m'arrêter c'était m'effondrer. Je sortais peu à peu des rues fréquentées par les nombreux sorciers travaillant au ministère, il y avait graduellement moins de monde, je pouvais laisser libre cours à ma course folle. Sans vraiment le décider consciemment, je décidais d'aller à Poudlard, il fallait que je parle à Garden, je devais la voir.

    Ne m'arrêtant pas pour autant, je me dirigeais vers le passage qui me permettais de rejoindre l'école. Je m'arrêtais un peu avant, dans une rue déserte, j'avais le souffle court. Pliée en deux, je tentais de reprendre ma respiration, sans grand succès. Le manque d’oxygène m'empêchait de pleurer, c'était finalement une bonne chose. Mon coeur battait à tout rompre, ma gorge brûlait terriblement et mes poumons semblaient en feu. Je m'étais écorchée à plusieurs endroits, sans que je ne me rappelle exactement comment. Après de longues minutes, je me laissais finalement glisser contre le mur le plus proche, les yeux clos, le souffle toujours court, les joues rougies par le froid. Rouvrant mes yeux après une dizaine de minutes, ils laissèrent échapper la première larme de la journée, elle fut solitaire cette fois, je les contenais toutes, j'avais à présent de l'expérience pour cela.

    " - Allo? Garden? J'arrive à Poudlard. Il faut que je te parle."

    Je ne lui laissais même pas le temps de répondre quoi que ce soit, ma voix était faible et sombre, je raccrochais immédiatement. Je m'en voulais d'agir ainsi, sûrement avait-elle autre chose à faire à cet instant, mais je n'étais plus vraiment en mesure d'y penser. Me relevant à l'aide des dernières forces dont je disposais. Je me dirigeais, cette fois à une allure raisonnable, vers le passage en question. Montrant rapidement mon badge du ministère, je passais le contrôle, non sans quelques regards suspects au vu de mon nom, ce qui eu le don de me blesser. Pénétrant cependant je me dirigeais directement vers le château. Je n'avais pas donné de point de rendez vous à Garden, je ne savais pas où elle pouvait se trouver, et à vrai dire je ne tenais à rencontrer qu'elle, voir Adam dans cet état n'était pas envisageable, Quinn non plus, je ne voulais pas qu'elle s'inquiète ou soupçonne un quelconque problème. Passant les grilles de l'école, je déambulais sans vraiment de but, tentant juste de dissimuler toute émotion derrière un sourire poli. Il y avait très peu d'élèves à l'extérieur, le temps n'était pas au beau fixe, sûrement allait-il pleuvoir dans peu de temps. Ne destinant pas particulièrement mes pas vers un endroit fixe, je me contentais de regarder autour de moi, l'air un peu hagard, tentant d'éviter tout endroit pouvant me rappeler Clyde. La volière m'apparut, très haute, très loin de toute cette réalité horrible. Entamant la montée de toutes les marches, je montais lentement, presque avec douleur.

    Arrivée en haut, je constatais l'absence de volatiles, eux qui régnaient pourtant en maîtres sur cet endroit autrefois, ils étaient aux abonnés absents. Sûrement devaient-ils tous être en chemin pour apporter une lettre. M'approchant du bord, je laissais mes mains parcourir la pierre, ses aspérités, perdant mon regard au loin. Je voyais tout, le parc, la forêt, la nature environnante, les nuages se déplacer avec le vent dans un ciel gris. Ce même vent venait s’engouffrer dans mes cheveux avec violence, fouettant mon visage tel une gifle. Je fermais les yeux, me concentrant sur les sensations que me procuraient ce vent et les aspérités de la pierre. Puis me penchant, je croisais les bras à même la pierre, y déposant ensuite mon visage. Je tentais de laisser mes pensées s'évader, je voulais ne plus pouvoir penser, je voulais ne plus pouvoir revivre ce moment, ce terrible moment où j'avais du renoncer à celui que j'aimais. Mais ce moment me hantais, comme un mauvais rêve, il revenait à chaque minute, à chaque seconde. Finalement à nouveau je me laissais aller, me tournant d'abord, puis dos à la pierre, je tombais à terre. Recroquevillant mes genoux sur ma poitrine, j'y enfonçais mon visage, et les premiers sanglots ne se firent pas attendre. J'éclatais littéralement en sanglots. Toutes ces larmes que j'avais pu retenir durant cette journée, durant cette année, j'avais l'impression que tout avait décidé de sortir à cet instant précis. J'avais mal, terriblement mal, mal au coeur, mal physiquement. J'avais mal qu'il me traite ainsi, mal d'avoir du partir sans lui en expliquer les vraies raisons, mal d'avoir pu le faire souffrir, mal d'avoir du être loin de lui, et mal de l'avoir retrouvé ainsi. J'avais l'impression que mon coeur était à présent inerte, alors qu'il avait battu ma poitrine comme un forcené, il semblait à présent comme mort. Portant une main a ma poitrine, le visage toujours dissimulé, je tentais de sentir ses pulsions, je tentais de vérifier que j'étais toujours en vie. Je ne sentais que de légers coups, j'aurai préféré qu'il ne fonctionne plus. J'entendis au loin des pas, je savais de qui il s'agissait, je savais qu'elle me trouverai, mais je ne voulais plus qu'elle ne me voit, je ne voulais pas qu'elle voit l'état dans lequel j'étais, car je n'étais pas capable de lui expliquer. Pourquoi l'avais-je appeler? Je n'étais pas en mesure de tout lui dire, je ne pouvais pas lui expliquer... Je ne pouvais pas... Mais le voulais tellement.
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Emalee Gilliam

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Re: Never looking back {Ft.Garden

Message par Garden Fear le Dim 8 Avr - 20:00



    Je maudissais Adam Meyer de tout mon être. C’était du moins plus facile que d’avouer que notre entretient m’avait retourné autant le cœur que l’esprit. Comment rester impassible face à ses déclarations ? Il m’avait avoué qu’il m’avait menti… qu’il ne m’avait pas quitté car ses sentiments se tournaient vers une autre, mais seulement pour mon bien, pour me protéger, de lui, de ses ténèbres. Quel imbécile ! J’avais bien plus souffert en pensant durant toutes ces années qu’il me préférait à une autre ! Etre aimée seulement pour l’image que je renvoyais, être l’objet de désir de tant de garçons, les séduire sans même un effort, sans m’en rendre compte, et être toujours, au final, celle que l’on laisse de côté. Jamais la première dans leur cœur, seulement un fantasme qui s’évanouissait au moment même où ils me possédaient. Je m’en étais toujours contentais. Je savais depuis l’enfance que les hommes n’étaient pas fait pour rester avec une seule femme toute leur vie, qu’ils avaient besoin de changement, qu’ils finissaient par partir. Ce n’était pas quelque chose de méchant, ni de voulu, c’était dans leur façon d’être. Pour moi c’était normal et pourtant… pourtant j’avais peu à peu espéré avec Adam. Il m’avait fait voir les choses autrement. La façon qu’il me traitait, celle qu’il avait de me regarder. J’avais l’impression d’être un bijou précieux et unique à ses yeux. Je croyais qu’il m’aimait réellement, qu’il serait toujours là pour moi mais… il avait fini par me dire qu’il s’était trompé, qu’il en aimait une autre. J’étais habituée mais cela me blessa plus que je ne l’aurai imaginé. Et je me suis blâmée d’y avoir cru, de m’être fait des films, d’avoir imaginé un avenir entre nous au lieu de vivre notre histoire au jour le jour comme je l’avais toujours fait. Des années en m’en vouloir, à lui en vouloir aussi, à ressasser ma bêtise et ma naïveté. Tout cela pour qu’il m’avoue m’avoir menti ? J’étais furieuse et heureuse en même temps. C’était normal après tout, il tenait à moi… Mais aujourd’hui tout ceci n’avait plus aucun sens, ou plutôt : nous avions plus aucune chance tous les deux, ensemble. J’étais avec Paris à présent et nous élevions Teo ensemble, lui pensant qu’il s’agissait de son enfant, moi gardant le silence sur la vérité. Le quitter me semblait impensable. Paris ne me laisserait jamais prendre Teo et l’emmener loin de lui. Et si jamais je venait à lui dire la vérité, que cet enfant n’était pas le sien, sa probable colère me faisait froid dans le dos. On ne trompe pas un Montgomery sans en payer le prix ! Il me traquerait, me le ferait payer. Pire, il risquerait de s’en prendre à Teo. Je craignais que sa peine se transforme en fureur vengeresse et je ne pouvais pas courir se risque, ni l’imposer à mon fils pour les beaux yeux d’Adam. J’avais fait mon choix, je devais m’y tenir.

    Adam occupait bon nombre de mes pensées depuis ces derniers jours, si ce n’était pas toutes mais cette fois, j’en fis très vite abstraction lorsque je reçu un message d’Emalee. Elle semblait… étrange. Je ne pouvais que me questionner sur les raisons qui la poussaient à vouloir me voir tout de suite. Bien sûr nous étions amies, de très bonnes amies même ! et nous rencontrer n’étaient pas quelque chose qui pouvait sortir de l’ordinaire même si nous nous étions pas fréquentées depuis quelques années puisqu’elle était en France – bien que nous ayons gardé contact par écrit – mais de là à ce qu’elle demande à me voir alors que j’étais à Poudlard… je ne pouvais que penser que la situation était grave ou tout du moins urgente. Je fis appel à un elfe de maison pour qu’il s’occupe de Teo en mon absence et je quittais rapidement mes appartements. J’attendis plusieurs minutes à l’entrée du château me personne ne se présenta. Quelques élèves qui se trouvaient à l’extérieur passèrent à côté de moi afin de rentrer et me saluèrent aimablement. J’en fis de même avant de les arrêter pour leur demander ; « Dites-moi, vous n’avez pas vu une personne, étrangère au corps enseignant dans les parages ? » Certains firent non de la tête et un garçon me renseigna bien mieux. « Si, j’ai vu une femme, très jolie d’ailleurs, elle allait vers la volière. » Je le remerciais avec un sourire et je pris le chemin de l’endroit indiqué. Mes pas étaient plus rapides que d’ordinaire. Je m’inquiétais de cette soudaine envie d’Emalee de vouloir me voir. Je ne savais pas ce qu’elle pouvait avoir mais je voulais à tout prix le savoir. Si elle m’avait appelé c’était bien pour me parler après tout.

    J’arrivais plus vite que je ne le cru à la tour, et je montais les marches avec la même vitesse que j’avais parcouru mon chemin. Lorsque je fus rendue en haut de la tour, je découvris Emalee assise à même le sol, ses joues mouillées par des larmes qu’elle avait sûrement versé et même si elle semblait vouloir faire bonne figure, elle ne pouvait pas vraiment me tromper – ni qui que ce soit d’autre en la voyant ainsi. J’accouru presque jusqu’à elle, me laissant tomber sur mes genoux pour la prendre dans mes bras. J’ignorais encore la source de ses tracas mais je savais déjà qu’elle avait besoin d’être réconfortée. Je la serrais fort avant de me détacher d’elle. Je cherchais à capter son regard, essayant de trouver un indice sur son mal être, mais rien ne me frappa.

    « Ema, qu’est-ce qui se passe ? Pourquoi voulais-tu me voir ? Que s’est-il passé ? Un problème avec… Le prénom de son petit ami m’échappait. Quel manque de politesse de ma part ! Ton ami ? » Etait-ce une peine de cœur qui l’avait fait venir jusqu’ici ? C’était tout à fait possible ! Et je savais aussi qu’Emalee avait suffisamment souffert de sa rupture avec Clyde pour que son cœur soit devenu trop fragile, plus qu’il ne l’était déjà. « u peux tout me dire, tu le sais n’est-ce pas ? » J’espérais qu’elle aurait assez confiance en moi pour se confier, mais parfois les choses semblent si compliquées que l’on pense que personne ne pourra les comprendre. J’en connaissais un rayon sur ce sujet.










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Re: Never looking back {Ft.Garden

Message par Emalee Gilliam le Dim 8 Avr - 20:36

    Je relevais le visage rapidement vers Garden, tentant de reconstruire un aspect de normalité sur un visage pourtant dévasté par les larmes. Mon amie se précipita vers moi, absolument pas rassurée par le pauvre sourire que je tentais de composer. Lorsqu'elle me serra dans ses bras, je crus que j'allais défaillir, je me recroquevillais, profitant de ce contact et de sa chaleur humaine. Je trouvais un réconfort indescriptible dans cette étreinte sincère. Garden et moi nous connaissions depuis longtemps, depuis Poudlard à vrai dire, mais notre relation avait vraiment évolué lors de notre sortie. J'avais pu trouver en elle une amie sincère, nous nous ressemblions beaucoup. Elle fut d'ailleurs l'une des seules personnes avec qui je pu garder contact lors de mon séjour à Paris. Nous ne nous étions pas vues, évidemment, mais écrit et beaucoup.
    « Ema, qu’est-ce qui se passe ? Pourquoi voulais-tu me voir ? Que s’est-il passé ? Un problème avec…Ton ami ? »
    Je fermais les yeux avec force, tentant d'ôter l'image de James de mon esprit. Il n'était pas mon ami au sens dont Garden l'entendait. Bien sûr il était très envieux de ce genre de relation avec moi, mais comment lui expliquer qu'il n'obtiendrait jamais rien de moi? Comment lui avouer que le seul homme pouvant prétendre à une quelconque relation avec moi était un autre que lui, et qui plus est mon nouveau.... patron. Je tentais un signe de tête afin de signifier à Garden qu'il n'en était rien. Je pensais soudainement que jamais je n'aurai pu verser de telles larmes pour James, cela me rendit encore plus triste. Je me sentais minable, lui faisant miroiter une quelconque chance de relation alors qu'il n'en serait jamais rien. C'était bien le mot, j'étais minable. J'avais été minable de le suivre à Paris, de rester à ses côtés, minable de quitter Clyde, de quitter l'Angleterre, même minable d'être revenue. Cette pensée me fit replonger dans un sanglot pitoyable. Après une journée à ne presque rien dire, à tenir les yeux fixés au sol, contenant mes larmes, je craquais complètement et me trouvais horrible de le faire dans les bras de Garden. Je reprenais ma respiration, et alors qu'elle s'éloignait se tenant à présent de moi. J'essuyais mes larmes et tentais de reprendre mon souffle afin de pouvoir m'exprimer.
    « Cela... n'a rien à voir avec James... *soupir* Et il n'est pas mon "ami". »
    Honteuse, je baissais les yeux, essuyant une nouvelle et téméraire larme qui coulait sur ma joue. Ramenant mes cheveux vers l'arrière, je fermais les yeux quelques minutes, respirant lentement. Je parvenais peu à peu à redevenir présentable.
    « Pardon de t'avoir dérangée, Garden... Je suis ridicule. »
    « Tu peux tout me dire, tu le sais n’est-ce pas ? »
    Je savais qu'elle était présente pour moi et prête à tout entendre. Mais je ne me sentais plus capable de parler de cela. Je venais déjà de vivre un moment terrible aux côtés de Samaël, finalement amenée jusqu'au bout, je finissais par tout lui dire. Prenant la main de Garden, je lui offrais un regard de remerciement sincère, je n'arrivais pas à croire qu'elle soit venue, malgré mon incorrection, malgré l'heure, malgré le fait qu'elle ait à s'occuper d'un enfant. J'avais été d'un égoïsme incroyable. Je m'en voulais à présent. Surtout de l'avoir appelée alors que je ne savais même plus si je pouvais lui parler de ce qui s'était passé aujourd'hui. Mais en même temps, je comprenais qu'il me fallait en parler, j'avais besoin de laisser sortir tout cela et d'obtenir les conseils d'une amie. Prenant une grande respiration, je décidais de me lancer, la regardant dans les yeux.
    « Aujourd'hui, c'était mon premier jour de travail, tu sais au Ministère? J'arrive, prête à faire mon travail, fière d'être enfin autonome, loin de tout ce que j'avais vécu... Et devine pour qui je dois travailler? »
    J'eus un rictus de douleur. Prononcer son nom devenait terriblement douloureux, je ne pouvais m'empêcher de revoir la lueur de souffrance que j'avais vu dans ses yeux. C'était une torture.
    « C.... Clyde. Tu ne trouves pas ça ironique? »
    Ironique? Non ce n'était pas vraiment le mot. Moi-même je ne trouvais pas cela très ironique.
    « Si tu savais... Ça a été horrible. Il était froid, agressif... Cela je m'y attendais, mais revoir son visage, être à nouveau proche de lui, sentir son odeur lorsqu'il passe près de moi... Je crois que je préférerais mourir que d'y retourner. Et pourtant comment ne pas y retourner? »
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Emalee Gilliam

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Re: Never looking back {Ft.Garden

Message par Garden Fear le Ven 13 Avr - 22:59


    Je la voyais malheureuse, souffrant d’un mal qui m’était totalement inconnu, et je ne pouvais que supposer que l’homme avec qui elle était allée à Paris et qui pour moi était son compagnon, était la raison de ses larmes. J’avais de moi-même déduit la nature de leur relation. Après tout, elle était célibataire, elle était partie avec lui dans un autre pays, ils avaient vécu une année entière ensemble, et ils étaient revenus aussi ensemble. N’était-ce pas la déduction la plus logique ? D’ailleurs il n’y avait même pas de déduction à faire, cela s’imposait immédiatement et normalement à l’esprit. Cependant les raisons de son soudain mal être ne semblaient pas venir de son ami puisqu’elle secoua vivement la tête.

    « Cela... n'a rien à voir avec James... Et il n'est pas mon "ami". »

    Ma bouche s’arrondie sur une exclamation. Ils n’étaient pas ensemble ? Je me sentais un peu bête de l’avoir imaginer sans même en avoir de véritable preuve, bien que cela paraisse logique. D’ailleurs je n’avais aucun mal à penser que toute personne connaissant Emalee et apprenant qu’elle était avec James à Paris, puis qu’il était également à Londres avec elle, croit aussi en cette relation. Je pensais tout de suite à Clyde. Même s’il ne le voyait pas de ses yeux, il aurait tôt fait de l’apprendre de la bouche de quelqu’un d’autre et de faire ses propres suppositions. Je savais que Clyde avait profondément aimé Emalee, et même s’il ne se livrait pas sur ses sentiments – encore moins à moi – je pensais qu’il avait toujours des sentiments pour elle.

    « Pardon de t'avoir dérangée, Garden... Je suis ridicule. »
    « Tu peux tout me dire, tu le sais n’est-ce pas ? »

    Je voulais qu’elle le sache. Que jamais elle n’imagine pouvoir me déranger et encore moins qu’elle puisse être ridicule. J’étais là pour elle, peu importait les raisons, l’endroit ou même l’heure. Elle était mon amie, la seule, et je ne voulais pas qu’elle se sente isolée.
    Elle prit ma main dans la sienne et respira profondément. Je me doutais qu’elle allait me parler mais le fait que j’ignorai le sujet était déroutant. Au fond, j’espérai qu’elle ne m’avoue pas avoir des sentiments pour Adam. C’était l’une de mes craintes. Car, même si je savais à cet instant qu’Adam ne l’avait jamais aimé d’amour, j’avais peur qu’il en soit autrement pour elle. Dans ce cas que ferais-je ? Je n’avais rien à faire justement… J’étais avec Paris, j’avais un enfant avec lui, point. J’avais refusé de laisser Adam refaire surface dans ma vie, de quel droit lui interdirais-je le droit d’être aimé ? Sauf que j’avais beau en avoir conscience, cela me faisait pourtant mal rien qu’en y songeant. Mais j’essayais de me concentrer sur Emalee et de faire le vide dans ma tête, tout en me préparant quand même à cette éventualité que je voulais pourtant étouffer.

    « Aujourd'hui, c'était mon premier jour de travail, tu sais au Ministère? J'arrive, prête à faire mon travail, fière d'être enfin autonome, loin de tout ce que j'avais vécu... Et devine pour qui je dois travailler? »

    Sur le coup, aucun nom ne me vint à l’esprit. J’aurai pourtant dû le deviner facilement grâce à l’état dans lequel elle était. Elle ne serait jamais mise à pleurer ainsi si elle avait dû travailler pour Keaton par exemple.

    « C.... Clyde. Tu ne trouves pas ça ironique? » Je me traitais d’idiote de l’avoir forcé à le dire de par mon silence. « Si tu savais... Ça a été horrible. Il était froid, agressif... Cela je m'y attendais, mais revoir son visage, être à nouveau proche de lui, sentir son odeur lorsqu'il passe près de moi... Je crois que je préférerais mourir que d'y retourner. Et pourtant comment ne pas y retourner? »

    Mes sourcils se froncèrent à cause de la compassion mais surtout de la peine que j’éprouvais pour elle. Je savais exactement ce qu’elle pouvait ressentir. J’avais été complètement chamboulée en apprenant qu’Adam serait le Directeur de l’école dans laquelle j’allais travailler, mais à la différence d’elle, je n’avais pas eu à faire à un Adam froid quoi que un peu agressif – je pouvais sentir à cet instant la brûlure de ses mains sur mon cou lorsqu’il l’avait serré avec force – et pourtant j’étais totalement retounée par cette situation.

    « Je sais exactement ce que tu ressens Ema. »

    Je la serrais de nouveau contre moi. Je ne pouvais qu’imaginer à quel point un soutien moral devait être important dans un moment pareil. Moi-même j’aurai aimé en avoir un…

    « Ca doit être difficile, je n’en doute pas une seconde, et si tu ne te sans pas la force d’y retourner ce n’est pas grave ! Je ne veux pas que tu te tortures, que chaque matin tu t’y rendes la boule au ventre. Si tu n’es pas prête à lui faire face, alors ne le fais pas. »

    D’un autre côté, je savais aussi que même si la douleur était présente, il existait ce sentiment incontrôlable, celui de voir la personne que l’on aimait même si on devait en souffrir.

    « Mais je sais aussi que tu es forte, bien plus que tu le pense. Que tu peux gérer ton travail et le faire bien malgré la situation. » Je me redressais et je lui tendis la main afin de l’aider à se lever à son tour. « Tu devrais essayer de lui parler. Le mot que tu lui as laissé n’était pas suffisent. Peut-être qu’il attend des explications de vive voix. Si ça se trouve, ça crèvera l’abcès et vous repartirez sur de nouvelles bases. » Ou pas. Clyde pouvait se montrer particulièrement rancunier. « Si tu réagis comme ça c’est parce que… tu as toujours des sentiments pour lui, n’est-ce pas ? et peut-être que lui aussi. Attention je ne veux te donner de faux espoirs, je ne sais rien là-dessus en ce qui concerne Clyde, mais les choses ont changé, sa famille n’est plus un problème, il est totalement indépendant maintenant alors… il est possible que vous tentiez un renouveau. »

    Je voulais qu’elle trouve le bonheur, sans compter que le fait que se ne soit pas avec Adam m’arrangeait… mais aussi, je savais qu’Emalee avait une bonne influence sur Clyde, alors sa présence serait sans doute un atout pour moi, pour réussir à faire en sorte qu’il s’assagisse et qu’il redonne au monde magique sa tournure d’autre fois.









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Re: Never looking back {Ft.Garden

Message par Emalee Gilliam le Dim 22 Avr - 16:22

    « Tu peux tout me dire, tu le sais n’est-ce pas ? »

    Je le savais, du moins je pensais que c'était la cas. Le fait de l'entendre de sa bouche me confortait dans l'idée qu'il me restait encore quelques personnes sur lesquelles je pouvais compter. J'avais eu tendance à me croire seule ces derniers temps, me refermant sur moi même et n'osant parler à personne. Mais j'étais revenue à présent, il était grand temps que je cesse ce petit jeu ridicule et surtout que j'arrête de m'apitoyer sur mon sort. J'ouvrais donc mon cœur, décidée à expliquer la situation à Garden. Cela avait été bien plus dur que je ne me l'était imaginé.

    « Je sais exactement ce que tu ressens Ema. »

    Vraiment ? Le comprenait-elle vraiment ? Évidemment qu'elle comprenait. Je me sentais bête, assise là a me morfondre alors que d'autres vivaient la même chose que moi et pourtant étaient encore capables de marcher, de lever la tête et d'avancer. Telle un bébé capricieux je restais sur mon échec et semblais refuser d'aller au delà. Levant les yeux vers Garden, je la considérais avec un nouvel œil, il me sembla que tout à coup son visage se teintait d'une coloration plus sombre. Me serrant dans ses bras, elle me coupa dans mon observation, et je la serrais contre moi tant pour me réconforter que pour lui apporter un soutien que je n'avais pu lui donner avant. Que pouvais-je bien dire ? Étais-je en mesure de trouver les mots justes afin de réconforter mon amie.

    « Ca doit être difficile, je n’en doute pas une seconde, et si tu ne te sans pas la force d’y retourner ce n’est pas grave ! Je ne veux pas que tu te tortures, que chaque matin tu t’y rendes la boule au ventre. Si tu n’es pas prête à lui faire face, alors ne le fais pas. »

    Mettant fin à notre étreinte, je lui destinais un sourire. Dans le fond, elle avait raison, à quoi bon aller travailler auprès de personnes qui ne veulent pas de vous ? A quoi bon avoir peur chaque jour et finir en larmes chaque soir. Mais dans les faits, ce n'était évidemment pas envisageable. Partir, ne pas travailler à cet endroit seulement à cause de la présence de Clyde n'était absolument pas la bonne solution. Premièrement parce que je ne voulais pas qu'il me croit impressionable, où qu'il n'ait une mauvaise image de moi. Et ensuite parce que je ne pouvais nier qu'être près de lui me faisait du bien. Alors que j'allais lui répondre, elle reprit la parole.

    « Mais je sais aussi que tu es forte, bien plus que tu le pense. Que tu peux gérer ton travail et le faire bien malgré la situation. »

    Nous nous levions et j'essuyais les derniers résidus de larmes qui se trouvaient sur mes joues, un sourire reconnaissant adressé à Garden. Arrangeant mes vêtements, je retirais par petits coups la poussière qui s'y était accrochée.

    « Tu devrais essayer de lui parler. Le mot que tu lui as laissé n’était pas suffisent. Peut-être qu’il attend des explications de vive voix. Si ça se trouve, ça crèvera l’abcès et vous repartirez sur de nouvelles bases. »

    Je m'arrêtais d'épousseter immédiatement, relevant les yeux brusquement et les écarquillant. Je restais un petit moment ainsi, avant de partir dans un rire frénétique, un réel fou rire. Je ne comprenais pas vraiment pourquoi je me mettais à rire ainsi, même si la situation n'était pas aussi tendue qu'avec Samaël, nous n'étions pas non plus en train de nous raconter des histoires drôles. Et le pire, c'est que mon rire n'était même pas triste ou hystérique, non, il était tout simplement... Naturel. Je ne comprenais pas vraiment pourquoi il m'était venu ainsi, mais relâcher la pression de cette manière était bien plus agréable que par les pleurs. Me calmant un peu, je reprenais ma respiration, une main posée sur la poitrine.

    « - Oh excuses-moi, Garden. Je... C'est jusque immédiatement je me suis dit que la seule chose crevée ce serait moi et non l'abcès entre nous. »

    Et je repartais dans un rire, cette fois plus raisonné et qui se calmait plus rapidement. Clyde était loin d'être le genre de personne à se calmer si vite, à ne plus en vouloir à quelqu'un ou encore à écouter les piètres raisons ayant poussé quiconque à le trahir. Car c'est bien ce que j'avais fait selon lui et ses sbires, le trahir.

    « Si tu réagis comme ça c’est parce que… tu as toujours des sentiments pour lui, n’est-ce pas ? et peut-être que lui aussi. Attention je ne veux te donner de faux espoirs, je ne sais rien là-dessus en ce qui concerne Clyde, mais les choses ont changé, sa famille n’est plus un problème, il est totalement indépendant maintenant alors… il est possible que vous tentiez un renouveau. »

    Bien sur que je l'aimais toujours. Je n'avais jamais cessé de l'aimer. Là justement était le problème. Ce n'était pas, mais pas du tout, une bonne idée. Je me hissais d'un bond et m'asseyais sur le rebord en pierre de la volière. Me penchant un peu en arrière, je regardais le vide, waw c'était vraiment très haut. Si je m'écoutais j'en aurai vomi. Mais ce n'était pas du tout envisageable. Non. Les yeux dans le vide un moment, je jouais distraitement avec une mèche de mes cheveux, alors que ceux-ci se laissaient porter par le vent, me caressant de temps à autres le visage.

    « - Bien sur, je l'aime toujours. » un sourire tendre naquit sur mes lèvres « - Je ne pense pas que ses sentiments pour moi soient toujours intactes, là n'est pas la question d'ailleurs. » mon sourire resta, pour la première fois je réussissais à contrôler mes émotions, à prendre les choses avec plus de légèreté. « - Il a réussi. C'est tout ce que je voulais pour lui. Maintenant, il faut juste que je ne me fasse à l'idée qu'il me haïsse. »
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Re: Never looking back {Ft.Garden

Message par Garden Fear le Mar 8 Mai - 22:42



    La situation était délicate. Comment la réconforter et lui faire comprendre que même si tout cela semblait terrible, elle pouvait en retirer du bon ? Travailler avec Clyde, après ce qu’il s’était passé entre eux n’était pas chose aisé, mais cela leur permettrait sûrement de renouer des liens, de s’expliquer puisqu’ils étaient obligés de se côtoyer chaque jour et peut-être même de se remettre ensemble ? Je voulais y croire car Emalee avait un effet bénéfique sur Clyde ! La présence néfaste de Harper se dissipait avec elle auprès de lui. Elle était un espoir, mon unique à cet instant à dire vrai. Je voulais faire tomber Clyde, lui retirer le pouvoir qu’il avait réussi à conquérir mais je ne voulais pas non plus lui faire du mal, je l’appréciais quelque part. Si j’avais donné un coup de main à la Résistance, ils lui auraient fait du mal, je le savais. Après ce qu’il s’était passé, les ordres qu’il avait donné, ils se vengeraient sur lui et je ne voulais pas de ça. Je désirais qu’il perde son pouvoir tout en gardant la santé, était-ce trop demandé ? Jusque là je croyais la chose impossible. Je n’avais pas de réels alliés et les choses empiraient de jour en jour, mais le retour d’Emalee me redonnait confiance. Si je pouvais compter sur l’aide de quelqu’un s’était bien d’elle. Je n’avais pas besoin de le lui demander, ni même de la mettre au courant, je devais juste faire en sorte que les choses s’arrangent entre Clyde et elle et espérer qu’ils se remettraient ensemble et que Andrews redevienne plus sage. Cependant Emalee était tellement bouleversée que je ne savais pas comment m’y prendre. Elle était aussi et surtout mon amie, et je ne voulais pas qu’elle souffre. Voilà pourquoi je lui avais dit de ne pas se forcer à retourner au travail si elle ne s’en sentait pas la force même si j’espérais au fond qu’elle le fasse. Je ne savais pas quoi dire, que faire lorsque tout d’un coup, sans que je puisse le voir venir, elle éclata… de rire. Je restais complètement perplexe face à cette crise de fou rire, ne sachant pas ce qui l’avait provoqué. Avait-elle grillé un truc dans son cerveau à cause de tout ça ? Peu probable mais j’étais tellement surprise par sa réaction alors qu’elle pleurait quelques minutes auparavant que je ne trouvais pas d’autres explications sur le moment.

    « - Oh excuses-moi, Garden. Je... C'est jusque immédiatement je me suis dit que la seule chose crevée ce serait moi et non l'abcès entre nous. »

    Elle repartie à rire mais se calma bien vite cette fois et je ne sû pas quoi dire d’autre que : « Si tu réagis comme ça c’est parce que… tu as toujours des sentiments pour lui, n’est-ce pas ? et peut-être que lui aussi. Attention je ne veux te donner de faux espoirs, je ne sais rien là-dessus en ce qui concerne Clyde, mais les choses ont changé, sa famille n’est plus un problème, il est totalement indépendant maintenant alors… il est possible que vous tentiez un renouveau. »

    Mes yeux ma suivirent lorsqu’elle se hissa pour s’asseoir sur le rebord de la volière. Je tentais de ne pas esquisser un geste prudent qui aurait montré que j’avais peur qu’elle se laisse tomber, parce qu’elle était plus intelligente mais surtout plus forte que ça. Son regard se perdit et je penchais la tête sur le côté en me demandant ce à quoi elle pouvait bien penser.

    « - Bien sur, je l'aime toujours. » Un fin sourire étira mes lèvres. C’était un bon point pour moi ! « - Je ne pense pas que ses sentiments pour moi soient toujours intactes, là n'est pas la question d'ailleurs. » Pas sûr… Emalee avait été le déclencheur de la violence de Clyde, elle avait brisé son cœur et s’il était toujours le même à présent, s’était bien parce qu’il n’avait pas cicatrisé donc qu’il l’aimait encore. De plus je savais que Clyde avait profondément aimé Emalee et si j’aimais encore Adam après tout ce temps, comme elle aimait encore Andrews de son côté, alors lui, devait aussi continuer à avoir des sentiments non ? Jamais Clyde n’avait eu une véritable compagne à son bras de Emalee, s’était bien la preuve qu’il ne pouvait pas la remplacer.

    « - Il a réussi. C'est tout ce que je voulais pour lui. Maintenant, il faut juste que je ne me fasse à l'idée qu'il me haïsse. »

    Ah ça non ! Je n’acceptais pas cette façon de penser. J’avançais jusqu’à elle d’un pas décidé et je m’emparais fermement de sa main que j’emprisonnais dans les miennes. Je cherchais à avoir toute son attention, et lorsque je pensais que c’était le cas, je plantais un regard inébranlable dans le sien.

    « Ne dis pas de bêtise ! Clyde ne te hais pas ! Il a le cœur brisé et s’il est froid avec toi c’est simplement parce que tu es partie dans un mot et que tu ne lui as jamais donné de nouvelles. Il doit pensé que tu l’as oublié, qu’il ne compte plus pour toi comme tu compte pour lui, alors il fait les durs, il se conduit comme ça en pensant que tu te moquerais de l’amitié qu’il voudrait te redonner et parce qu’il est blessé et qu’il veut faire son fier devant toi. Tu dois lui parler sinon rien ne changera. »










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