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Message par Duane Cleveland le Sam 19 Mai - 10:08



    Le Ministère prenait de plus en plus des allures de terrain de jeu. Depuis que j'avais récupéré la place de mon ancien supérieur, je me sentais comme pousser des ailes. Rien n'avait davantage de saveur que de pouvoir donner des ordres à d'anciens collègues de même rang voire même à des supérieurs. Tout se passait au mieux via ce nouvel ordonnancement hiérarchique, et la pile de dossiers qui s'amassaient en pagaille sur mon bureau ne parvenait même pas à me faire redescendre de mon petit nuage. Une nouvelle inopinée réussit cependant là où tout le reste semblait voué à l'échec. Mon sourire satisfait avait d'abord tenu bon, lorsque la missive magique s'était introduite dans mon bureau, car j'étais loin d'imaginer son contenu. Elle échoua devant moi avec une précision sans doute effarante aux yeux du commun des mortels. Je m'attendais à un message de félicitations hypocrites de la part d'un collègue, aussi fus-je surpris de voir se dérouler sous mes yeux une note de service aux conclusions désagréables. Une affaire en cours nécessitait que je prenne contacte avec un membre du Magenmagot, une certaine Kristinna Westfield. Dans un autre monde, travailler à ses côtés aurait été une joie, mais ici ça relevait plus de la torture. Il était inévitable que nous finissions par nous croiser, en travaillant tous deux au ministère, mais jusque là nos zones de travail restaient bien distinctes et j'avais réussi avec brio à l'éviter. Les rares fois où je l'avais entr’aperçue, j'avais tablé sur l'indifférence et je m'en étais étonnement bien sortis.Kristinna ne demandait certainement pas mieux. Elle avait ses raisons de ne plus me côtoyer, et j'avais les miennes. Au fond, nos intérêts avaient toujours été préservés grâce à ce statut quo, et je ne voyais aucune raison pour changer quoique ce soit à cet état de fait. Nos mondes ne devaient pas se percuter, question de logique, et tout continuerait à se passer admirablement bien. Seulement, le message qui m'était adressé en décidait autrement. Apparemment, Kristinna constituait ma seule interlocutrice possible, et je ne pouvais pas dédaigner sa participation au risque de mettre en danger l'affaire dont j'étais saisi et qui représenterait ma première action concrète en tant que responsable du service.

    Non sans un soupir, je finis par m'extirper de mon siège confortable afin de filer tout droit dans la gueule du loup. Je m'en doutais un peu, mais durant le trajet qui me mena au territoire de Kristinna, j'eus l'occasion de constater la distance qui séparait nos deux domaines. Si j'avais voulu choisir le service le plus éloigné possible des quartiers du Magenmagot, je n'aurais jeté mon dévolu sur nul autre que les usages abusifs de la magie. Ou était-ce moi qui ralentissait volontairement ma progression et allongeait le temps de trajet? En tous cas, je n'eus jamais autant salué d'employés du Ministère que ce jour là, ni avec autant d'application. Nombre d'anciens camarades de Poudlard se trouvaient aujourd'hui en poste au Ministère, mais peu pouvaient se venter d'être responsable de service. Je me gardai cependant de toute arrogance en les croisant, et ce fut avec la plus extrême modestie que j'accueillis les chaleureuses félicitations qu'ils me firent. La plupart d'entre eux étaient sincères et réellement ravis pour moi car, après tout, j'avais toujours représenté le sorcier et le camarade modèle à leurs yeux. Ils ne pouvaient pas davantage se tromper, mais leur confiance faisait mon affaire.

    Aussi étrange que cela paraisse aux vues des détours et arrêts que je fis, je finis par arriver devant le bureau de Kristinna. Je marquai un stop significatif devant sa porte, avant de rassembler tout mon courage et de frapper à la porte. Une voix étouffée par l'obstacle que constituait la porte me parvint au delà d'elle, mais je ne pus reconnaître celle de mon amie d'enfance. D'ailleurs, la poignée tourna avant que je ne puisse m'en saisir et les traits poupons d'une parfaite assistante apparurent sous mes yeux.

    « Le Responsable des usages abusifs de la magie? » Je hochai simplement la tête, comme si je craignais que Kristinna ne reconnaisse ma voix, à défaut de me voir. « Mme Wilson vous attendait. »

    Elle pivota pour me laisser le champs libre, mais je n'entrais pas immédiatement, encore sous le choc de l'énoncé du nom de Kristinna. Wilson. Comment avais-je pu l'oublier? N'était-ce pas écrit Westfield sur la note que j'avais reçu? Ou était-ce moi qui, après Kristinna, avais machinalement lu Westfield? Je devais cependant rapidement reprendre mes esprits. Le bureau de Kristinna ne faisait par chance pas face à la porte, elle ne put donc pas se repaître de la scène. Cela me permit de retrouver tout mon calme et toute ma superbe avant de pénétrer dans le bureau dont la porte se referma derrière moi. Un simple coup d’œil dans cette direction me permit de comprendre que l'assistante nous avait laissé seuls. Le bureau de Kristinna se trouvait sur ma droite, mais la pièce était suffisamment vaste pour que je doive encore faire quelques pas pour le rejoindre. Je restai un instant debout devant le meuble de chêne, tendant une main très formelle à la jeune femme que j'avais si bien connue.

    « Mme Wilson. »

    Cette dénomination me donnait de l'urticaire, mais je parvins à cacher mon aigreur avec brio. Je pris place dans l'un des deux sièges qui faisaient face au bureau, et laissai mon regard caresser l'espace alentour durant quelques secondes, avant de venir le pointer directement dans celui de Kristinna.

    « On va finalement devoir travailler ensemble. Mieux vaut ne pas perdre de temps pour en finir le plus rapidement possible. »

    Je sortis une liasse de documents de la sacoche que j'avais apporté avec moi, et la posai sur le bureau d'un air appliqué. Il ne fallait pas que cela traine, ce n'était pas qu'une question de fierté ou de principes, mais c'était l'instinct de survie qui le dictait.



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Re: Let's not play this game? [K.]

Message par Kristinna D. Westfield le Sam 19 Mai - 14:28


    Travailler au Ministère était quelque chose que j’avais toujours voulu. Posséder une place importante dans ce monde, faire partie de ceux qui prenaient les décisions, faire la différence. Voilà le but que je m’étais fixé depuis des années. Bien entendu ma place comme membre du Magenmagot ne me distinguait pas de mes autres collègues qui possédaient ce même titre. Grâce à mon mariage avec Samaël, j’avais pu avoir des relations assez sérieuses pour me permettre d’avoir ce poste. J’ai toujours fonctionné au mérite, le nom n’ayant pas d’importance pour moi, mais je devais avouer que sans ce mariage d’intérêt, j’aurai stagné encore quelques temps avant de pouvoir me faire une place. Faire parti des partisans de Clyde Andrews n’offre pas tous les droits. J’ai vu accéléré ce qui serait inévitablement arrivé, j’ai pris un raccourci afin de gagner du temps… un temps précieux selon moi. Mais je visais bien plus haut. Non pas que je voulais être Ministre de la Magie. Je voulais simplement diriger le Magenmagot et maintenant seules mes compétences, mon efficacité et mon travail m’y aiderait. Je voulais me hisser de moi-même, toujours pas le mérite. Je ne doutais pas de mes capacités. J’avais toujours été assez intelligente et débrouillarde, travailleuse et réfléchie. Peu importait le nombre d’heures que je devrais effectuer à ce travail ou la dureté de celui-ci, rien ne m’effrayait et rien ne m’arrêterait vers mon ascension. J’avais grand plaisir à croire que j’étais la meilleure dans mon domaine et la plus prometteuse d’entre tous. Première arrivée le matin, derrière partie le soir, je ne me ménageais pas tout en gardant une image parfaite de moi. J’étais toujours habillée de façon élégante et professionnelle, on me saluait lorsque je traversais les différents services du Ministère. Plus par crainte à dire vrai, ce n’était pas qu’on ne m’appréciait pas – peut-être que si mais peu importe – mais j’inspirais une certaine crainte. A croire que j’étais un dragon qui n’avait qu’à claquer des doigts pour les faire renvoyer. Peut-être était-ce du à mon caractère distant et froid avec eux ou au fait que j’étais mariée à un homme influent du Ministère, ou encore que notre mariage et couple était assez important aux yeux de Clyde pour l’image de son organisation qu’il ne laisserait rien l’entacher et nous céderait tous nos caprices. Quelles idioties ! Si j’avais un problème, je n’irai certainement pas me plaindre à Andrews ! Je pouvais très bien le gérer toute seule. De plus, je ne pense pas que répondre à mes moindres caprices fasse parti de ses priorités à lui.

    « Vous avez reçu une note de service vous informant que vous allez devoir collaborer avec le Responsable des usages abusifs de la magie sur un dossier. »
    « Très bien. »

    Mes yeux ne se levèrent pas du journal que j’étais en train de parcourir mais mon assistante ne s’en offusquerait probablement pas. Elle savait ce qu’elle était : juste une assistante, et je ne lui manquait jamais de respect, je n’étais pas un tyran avec elle. J’étais polie, professionnelle, rien de plus, rien de moins. Pour le moment j’étais concentrée sur le journal qu’elle m’avait apporté. En première page, il était question de la soirée organisée pour les membres du Ministère et parmi les photos était affichée une de Samaël et moi. Parmi les nombreuse qu’ils avaient pris en fin de soirée, ils avaient choisi celle où Sam me faisait tourner sur moi-même afin que j’atterrisse entre ses bras. Elle rendait merveilleuse bien, un vrai petit couple nageant dans le bonheur. Si seulement ils avaient su que cela n’était qu’une parade pour me délivrer d’une gourde cherchant les indiscrétions sur mon mariage alors que j’étais légèrement pompette… Un fin sourire étira mes lèvres. Bien joué Samaël, songeais-je en posant mon regard sur un cadre prônant sur mon bureau de lui et de mon moi lors de notre mariage. On ne pouvait pas me reprocher de ne pas remplir la part du marché qui était la mienne. Je lui offrais une magnifique épouse à promener à son bras tel un bijou de luxe. Je pliais soigneusement le journal et le déposait sur un coin de mon bureau, rangeant également les quelques dossiers y traînant afin de faire du claire pour le Responsable des usages… Je percutais seulement à ce moment-là. Duane ! J’allais devoir travailler avec lui. Je ne savais pas comment prendre la nouvelle. Nous ne nous étions pas parlé depuis… son accident, lorsque Clyde m’avait clairement dit que Duane faisait parti de la Résistance et que je devais prendre mes distances avec lui car il pourrait être nuisible, tenter de me soutirer des informations entre autre. Comme si j’aurai laissé filtrer ce genre de chose, je ne suis pas une idiote ! Mais je m’étais pliée au désir de Clyde. Duane avait choisi son camp – au étonnant soit-il – et avec ce choix il avait mis fin à notre amitié. Il devait bien le savoir lorsqu’il est entrée chez eux, alors c’est que notre relation ne comptait pas autant à ses yeux que ce qu’il voulait bien prétendre ! Je lui en voulais pour ça, autant qu’il me manquait à dire vrai, mais ça je n’étais pas prête à l’avouer. Duane avait été le seule à réellement me comprendre, à m’accompagner durant des années mais il était devenu un étranger opposé à nos idées et principes, y compris ceux qu’il avait lui-même et que j’avais du mal à comprendre qu’il ait pu les renier.

    On frappa à la porte, et en parfaite assistante qu’elle était, la jeune fille dont j’avais oublié le nom alla ouvrir.

    « Le Responsable des usages abusifs de la magie? Mme Wilson vous attendait. »

    Je mains se crispèrent sur les accoudoirs de mon fauteuil. Je savais qu’il allait venir, mais pas aussi vite. Etais-je prête à le voir, à lui faire face ? Certainement ! Il en fallait plus pour me faire perdre ma confiance, du moins je tentais de m’en convaincre. J’eu l’impression qu’il mit des siècles à entrer et lorsque ce fut chose faite, je posais sur lui un regard sans émotion. Mon assistante se retira, sachant parfaitement qu’elle n’avait pas à rester alors que nous devions travailler. Duane s’approcha du bureau, me tendit une main que je regardais brièvement sans prendre la peine de la serrer.

    « Mme Wilson. »
    « C’est Westfield. » Précisais-je naturellement. Mon assistante étant une nouvelle recrue, elle pensait qu’étant mariée à Samaël, cela me donnait son nom, mais j’avais su profiter des avantages que ce dernier apportait sans pour autant me défaire du mien. Je tenais à le garder intact. Je ne voulais pas être simplement la ‘femme de’ alors j’avais gardé mon nom de jeune fille.
    Duane s’installa sur l’un des sièges sans que je ne l’aie invité à le faire. Malpoli ! Mais je n’en disais rien, pas la peine de chercher la petite bête à ce stade.

    « On va finalement devoir travailler ensemble. Mieux vaut ne pas perdre de temps pour en finir le plus rapidement possible. »

    Il déposa les documents dont nous avions besoin sur mon bureau et je m’en saisi afin de voir qu’elle était le dossier que nous devions traiter.

    « Je ne me fais pas d’inquiétude, tu as toujours était un rapide… et ce n’est pas une qualité dans certain domaine. »

    Je me fendis d’un sourire moqueur, il ne devrait pas avoir du mal à voir où je voulais en venir. Je lançais les hostilités, j’en étais bien consciente, mais notre relation avait toujours été comme ça. Un pique de temps à autre, et même si cela faisait des années que nous ne nous étions pas retrouvés seuls, que nous n’avions pas parlé, il était tout de même difficile de changer ses habitudes. Je reposais les documents sur mon bureau, joignant les mains, je déposais mon menton sur celles-ci, le fixant de mon regard perçant.
    « Alors… Responsable des usages abusifs de la magie ? Quelle ascension fulgurante. Non pas que j’ai déjà douté de tes capacités, mais qu’un rebelle se hisse aussi haut est tout de même incroyable. »

    J’utilisais toujours ce mot pour parler de ceux qui s’opposaient à Clyde. Résistant… cela sonnait comme des héro bravant un tyran, or je trouvais cela ridicule.

    « J’ai toujours du mal à croire que tu ais choisi cette voie. Tu partageais pourtant les mêmes idées que moi et Clyde les a concrétisé. J’aurai compris que tu restes neutre, que tu ne t’engages pas dans une cause, tu aimes tellement jouer les doux et gentil Poufsouffle, mais rejoindre ce groupe ? Je t’avoue que je suis intriguée par ce choix. Tu veux que les moins méritants reviennent sur le devant de la scène ? C’est assez surprenant de ta part quand on te connaît vraiment. A moins que tu ais fini par te laisser submerger par ton rôle durant toutes ses années et que tu te sois pris à ton propre jeu ? Ou alors était-ce le Duane que tu me montrais qui était le faux ? »

    Je poussais un profond soupire. Je voulais comprendre les choix de Duane et avancer d’une certaine manière. Comprendre pour le laisser partir, pour de bon cette fois.

    « Entre ton changement de physique et tes nouveaux principes, je ne te reconnais plus. Peut-être que le sortilège que tu t’es pris a tué le Duane auquel j’étais liée. »



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Message par Duane Cleveland le Dim 20 Mai - 13:13

    Qu'elle puisse me rectifier sur son nom était assez surprenant, mais pas qu'elle refuse toute poignée de main. C'était du Kristinna tout craché, rien en elle ne semblait avoir changé durant ces années d'éloignement. Elle restait d'ailleurs égale à elle même lorsqu'elle lança d'un ton acerbe:

    « Je ne me fais pas d’inquiétude, tu as toujours été un rapide… et ce n’est pas une qualité dans certains domaines. »

    Son sourire était sans équivoque, mais je n'y répondis pas. Je me contentai de feindre l'indifférence en glissant dans un sifflement mauvais:

    « Venant de celle qui a contracté le mariage le plus rapide de l'histoire, c'est amusant. »

    Elle joignit ses mains pour y déposer son menton et me fixer de son regard perçant. Je conservai un calme olympien, si j'avais pu être troublé par son regard, rien sur mon visage ne le laissait penser.

    « Alors… Responsable des usages abusifs de la magie ? Quelle ascension fulgurante. Non pas que j’ai déjà douté de tes capacités, mais qu’un rebelle se hisse aussi haut est tout de même incroyable. » Je laissai un bref sourire planer sur mes lèvres. Son ton se voulait assassin, et je savais qu'elle ne s'arrêterait pas en si bon chemin. Mes prunelles ne la lâchèrent pas une seconde tandis qu'elle ajoutait: « J’ai toujours du mal à croire que tu ais choisi cette voie. Tu partageais pourtant les mêmes idées que moi et Clyde les a concrétisé. J’aurai compris que tu restes neutre, que tu ne t’engages pas dans une cause, tu aimes tellement jouer les doux et gentil Poufsouffle, mais rejoindre ce groupe ? Je t’avoue que je suis intriguée par ce choix. Tu veux que les moins méritants reviennent sur le devant de la scène ? C’est assez surprenant de ta part quand on te connaît vraiment. A moins que tu ais fini par te laisser submerger par ton rôle durant toutes ses années et que tu te sois pris à ton propre jeu ? Ou alors était-ce le Duane que tu me montrais qui était le faux ? » Elle ponctua sa tirade d'un soupir significatif, mais mon visage demeurait figé dans la même expression impassible. « Entre ton changement de physique et tes nouveaux principes, je ne te reconnais plus. Peut-être que le sortilège que tu t’es pris a tué le Duane auquel j’étais liée. »

    Elle semblait avoir terminé, et je n'attendis pas pour me redresser sur mon siège. Durant tout son discours, mon buste s'était en effet affaissé sans m'en demander la permission et j'hésitai entre la lassitude ou l'accablement pour expliquer cette évolution. Je me permis un éclat de rire où pointait une once d'amertume, avant de finalement laisser un sourire se stabiliser sur mes lèvres.

    « Eh bien, Westfield. Toutes ses questions accumulées durant des années, tu n'as pas pu te retenir de pialler. Tu n'as même pas tenu les 5 minutes règlementaires avant d'attaquer.  » Je hochai la tête de droite à gauche d'un air anéanti, perlé cependant d'un amusement certain. « Tu n'as donc rien appris! Mais où va Clyde avec une bras cassés pareille? »

    Dire que je m'amusais plus que je ne l'aurais imaginé en entrant dans ce bureau relevait du doux euphémisme. Il ne m'avait pas fallu très longtemps pour retrouver mes repères concernant Kristinna. Elle avait fait démarrer l'entrevue sur un ton agressif, je n'étais pas du genre à botter en touche. Sans doute n'avait-elle plus l'habitude qu'on lui tienne tête, dans le monde éthéré où elle évoluait. Mais c'était une grossière erreur de sa part d'avoir oublié à qui elle parlait en prenant ce ton supérieur. Je commençais à fulminer, mais elle pouvait toujours rêver si elle souhaitait que je laisse apparaître le moindre signe d'énervement. Ce fut avec une sérénité toute jouée que je me relevai du siège où j'avais pris place à peine quelques minutes plus tôt. Un sourire satisfait irradiait mes traits, tandis que je levai une main pour laisser courir le bout de mes doigts sous le menton de Kristinna. Le contact fut fugace, mais mon cœur manqua tout de même un battement. Je me ressaisis rapidement. Je devais être celui qui trouble, et non le troublé. Il n'était pas question que je me fasse avoir à mon propre jeu!
    Une lueur moqueuse passa dans mes prunelles, alors que je renvoyais la balle dans le camp de mon amie d'enfance:

    « Mais après tout, c'est uniquement ce joli minois qui t'a permis d'obtenir le poste...et ta manière d'en jouer. »

    Était-ce une simple pique ou un compliment détourné? Sans doute un peu des deux. M'adossant au siège dans une attitude hautaine, je pointai un regard intrigué sur mon hôte. J'attendais avec impatience sa contre attaque, car je ne doutais pas qu'elle arriverait. La seule inconnue tenait en sa forme et sa rapidité à s'abattre. Je faisais néanmoins confiance à Kristinna pour ne pas me décevoir.



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Re: Let's not play this game? [K.]

Message par Kristinna D. Westfield le Lun 21 Mai - 4:19


    Je m’étais peut-être laissée emporter et avais enchaîné les questions dévoilant un réel intérêt, mais je ne le regrettais pas. Je n’avais jamais fait semblant de me désintéresser de lui depuis que nous nous connaissions et ce n’était pas parce que l’on n’avait plus la même relation à cause de nos idées divergentes que j’allais commencer. Bien que j’aurai peut-être dû le faire puisqu’il utilisa cela contre moi.

    « Eh bien, Westfield. Toutes ses questions accumulées durant des années, tu n'as pas pu te retenir de piailler. Tu n'as même pas tenu les 5 minutes réglementaires avant d'attaquer. » Je me retins d’afficher une moue vexée. Moi, piailler ? Jamais ! Je n’étais pas une gamine, ni même une femme qui se plaignait de tout et de rien ou que tout touchait au point qu’elle ne pouvait que faire étalage de ses émotions. « Tu n'as donc rien appris! Mais où va Clyde avec une bras cassés pareille? » « Apparemment loin, vu où il en est aujourd’hui. » Il était hors de question que je m’énerve, je ne voulais pas lui faire un tel cadeau. D’autant plus que je connaissais ma valeur et que cette attaque était bien trop facile et surtout très faible. J’avais connu Duane plus cinglant et coriace. Ce n’était là qu’une légère brise à peine ressentie comparée aux tempêtes desquelles j’avais réussi à sortir face à lui. Il avait pour sa part l’air de s’amuser et de mon côté, j’aurai presque baillé si cela n’avait pas été d’une impolitesse et d’une élégance pointant le zéro. Avait-il régressé ou étais-je plus posée, plus patiente ? Peut-être que j’avais mûri contrairement à lui ce qui expliquerait ce qui me semblait être un fossé entre nous ? Ses compagnons devaient l’avoir rendu ramollit tandis que j’avais continué d’évoluer. Je l’en aurai presque plains si seulement cela n’était pas de sa faute. Ses choix avaient ses répercutions, tant pis pour lui et tant mieux pour moi ! Je commençais à penser que j’avais eu raison d’écouter Clyde et de couper les ponts. Si j’avais continué à le fréquenter, je serais peut-être devenue aussi peu solide que lui. Enfin, je m’avançais peut-être trop. Duane pouvait se montrer plein de surprise – du moins celui que j’avais connu – peut-être qu’il me réservait le meilleur pour la suite ? Je l’espérais d’un sens car échanger avec une personne qui me paraissait si faible ne m’intéressait pas. Il pouvait être certain dans ce cas que le travail serait vite terminé comme il le souhaitait. Je ne perdais pas mon temps avec des gens que je n’en jugeais pas digne.

    Il me tira de ma réflexion en se levant du siège qu’il occupait depuis peu de temps et je restais de mon côté complètement stoïque bien qu’intriguée sur ses pensées. Son sourire ne me fit ni chaud, ne froid, cependant je dû faire preuve d’un gros effort pour ne pas dégager d’un geste brusque et revêche les doigts qui se permettaient de se poser sur mon menton. Le visage qui était le sien depuis trois ans me restait inconnu, c’était un peu comme si j’avais un étranger en face de moi, et ce genre de personne n’a en aucun cas le droit de poser ne serait-ce que le petit doigt sur moi, je devais me répéter plusieurs fois qu’il s’agissait de Duane et non d’un inconnu mais cela restait assez déroutant. Je n’avais pas l’impression d’avoir à faire à mon ami d’enfance, à mon premier petit ami, mon premier baiser ni mon premier amant. Je n’étais d’ailleurs plus attirée par lui comme cela avait été le cas autrefois. Dommage… car avec Samaël, il restait le seul homme qui avait eu le droit de partager un moment intime avec moi. Samaël et moi étions d’accord pour un mariage libre, il allait voir ailleurs quand cela lui chantait et j’étais libre de faire de même, sauf que je ne l’avais jamais fait. Je n’étais pas de ces femmes qui couchaient avec n’importe qui, ou même avec tous leurs amis. Je ne pensais d’ailleurs dépourvu de libido, ou alors en possédant une vraiment minime… à moi qu’elle soit aussi exigeante que je l’étais ? De ce fait, lorsque j’éprouvais du désir, j’avais Samaël pour le satisfaire, mais je devais avouer une chose : même s’il était un très bon amant, jamais il ne m’avait fait vibrer comme Duane avait pu le faire. Cependant je n’arrivais pas à faire le rapprochement entre cet homme et celui qui me faisait face. Il me faudrait sans doute du temps pour réapprendre à le connaître et me faire à ce nouveau physique sans le dissocier de Duane. Sauf que ce temps, nous ne l’avions pas. Nos camps et choix respectifs nous obligeaient à nous en tenir à notre travail et encore, seulement celui-ci pour le moment.

    Une lueur moqueuse passa dans ses yeux que je n’avais pas quitté et même si je ne fronçais pas les sourcils, je n’en étais pas moins méfiante.

    « Mais après tout, c'est uniquement ce joli minois qui t'a permis d'obtenir le poste... et ta manière d'en jouer. » J’éclatais de rire sans me retenir. Il n’y avait rien de plus amusant et de plus… grotesque. « J’avais oublié à quel point tu pouvais être drôle ! » Je tentais de me calmer quelque peu avant de me lever à mon tour de mon siège. Je fis le tour du bureau afin de rejoindre Duane qui lui faisait toujours face. Je me postais à côté de lui, l’appuyant sur le meuble imposant avec mes mains légèrement en arrière. J’étais ainsi face à Duane, ou du moins un peu décalée, je dû alors pencher la tête sur le côté pour que nos regard se croisent réellement. Ainsi placés, si près, je pouvais scruter chacun de ses traits dans les moindres détails. Je cherchais, quelque part, quelque chose de familier, une expression, n’importe quoi me rappelant l’ancien Duane, du moins son ancien visage mais rien ne vint. C’était aussi troublant que frustrant mais je ne devais pas me perdre là-dessus, j’avais mieux à faire.

    « C’est vrai que venant d’un type qui avait pour habitude de toujours jouer de son physique pour obtenir ce qu’il voulait, ce n’est pas extraordinaire comme pensée. Dis-moi, ça a dû être dur par la suite avec ce visage… » Je portais une main à joue, délicate comme je le faisais auparavant. « Tu fais bien moins sage et irréprochable avec ces traits, ils sont plus… durs. Je trouve qu’ils reflètent mieux la personnalité que je connaissais, mais on doit moins facilement te donner confiance à présent, je me trompe ? Et les femmes ne doivent plus te tomer dans les bras comme avant. Tu es passé du type au visage adorable a qui on aurait tout donné sans concession à un homme qui paraît froid et qui ferait presque peur. Mon pauvre, pauvre Duane ! Ca a dû être tellement difficile pour toi de ne plus pouvoir compter sur ton charme ravageur. »

    Etais-je obligée de préciser que je n’étais pas arrivée ici grâce à mon physique ? Non, je me serais insultée moi-même si j’avais du le confirmer ! Je n’avais pas besoin de me défendre d’une évidence ! J’étais à ma place grâce à ma volonté de fer et à mon ambition.
    Je retirais ma main de sa joue et je m’appuyais un peu plus contre mon bureau, un soupire de désolation – pour lui – franchissant mes lèvres. Je gardais le silence quelques instants, autant pour lui laisser le temps de répondre si l’envie l’en prenait – et je ne doutais pas que ça serait le cas – que parce que je réfléchissais, une question me brûlant les lèvres.

    « Dis moi… tu parlais de la rapidité de mon mariage tout à l’heure, mais comme je suis toujours mariée, j’imagine bien que ça n’a pas rapport avec la durée de celui-ci. Parlais-tu du fait que Samaël et moi avons choisi de nous unir rapidement ? Parce que je ne pense pas que tu es une idée de notre relation et encore moins de la durée de celle-ci. Cela fait trois ans que nous ne sommes plus amis, que nous ne nous fréquentons plus… à moins que tu m’ais espionné ? » Un petit rire amusé m’échappa. Duane n’irait pas jusqu’à me suivre et m’espionner afin de connaître tous les détails de ma vie, mais l’idée était assez drôle.



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Re: Let's not play this game? [K.]

Message par Duane Cleveland le Lun 21 Mai - 12:02

    « Tu n'as donc rien appris! Mais où va Clyde avec une bras cassés pareille?
    -Apparemment loin, vu où il en est aujourd’hui. »

    J'esquissai un sourire, sans le laisser trop longtemps à vue. Kristinna conservait une certaine répartie, mais je lui facilitais la tâche. Quoiqu'il en soit, nous avions vite repris nos habitudes, et c'est sans doute ce qui me conduit à risquer mes doigts sous son menton. Je savais que cela faisait partie des choses qu'elle avait du mal à tolérer, surtout des étrangers. Et c'était ce que nous étions devenus avec les années. Je crus percevoir sur son visage une expression que je ne lui connaissais pas. Comme si j'avais réussi l'exploit de la rebuter. Cette vision me marqua davantage que je ne pouvais l'admettre. Je m'étais fait à l'idée que Kristinna me trouve irrésistible, et je m'attendais à ce qu'elle soit aussi troublé que moi par l'infime contact que je nous avais imposé. Mais j'étais loin d'avoir décroché le résultat escompté. Au lieu de perdre ses moyens en ma présence, mais elle repartit de plus belle.

    « J’avais oublié à quel point tu pouvais être drôle ! »

    Elle fit fuir toute marque de gaieté de mon visage, mais elle ne le remarqua sans doute pas alors qu'elle s'évertuait à contourner son bureau pour me rejoindre. Arrivée à mes côtés, elle scruta chaque pore de ma peau à la recherche d'un indice qui m'échappait. Je ne comprenais pas ce qui lui prenait, mais elle m'éclaira sans que je n'aie à poser la moindre question.

    « C’est vrai que venant d’un type qui avait pour habitude de toujours jouer de son physique pour obtenir ce qu’il voulait, ce n’est pas extraordinaire comme pensée. Dis-moi, ça a dû être dur par la suite avec ce visage… »

    Elle posa sa main sur ma joue, comme si je lui avais laissé croire qu'elle en possédait le droit. J'avais beau cherché, je ne voyais aucun indice dans mes propos qui aurait pu la conduire à s'imaginer autorisée à le faire. Et le fait que je me sois permis de l'effleurer du bout des doigts n'avait rien à voir avec les largesses qu'elle même prenait. En d'autres circonstances, je l'aurais dégagée d'un revers de main, mais le sujet qu'elle soulevait occupa très vite toute mon attention.
    Mon visage. J'aurais du comprendre plus tôt son dégoût, et le regard qu'elle promenait sur moi d'une manière générale depuis le début de l'entrevue. Ce n'étaient pas ces traits là qui lui venaient à l'esprit lorsqu'elle songeait à moi – car je ne doutais pas qu'elle le fasse régulièrement. Je n'avais plus rien du Duane dont elle avait partagé l'enfance. Pas étonnant qu'elle me considère avec ces yeux là, et qu'elle se montre si abrupte.

    « Tu fais bien moins sage et irréprochable avec ces traits, ils sont plus… durs. Je trouve qu’ils reflètent mieux la personnalité que je connaissais, mais on doit moins facilement te donner confiance à présent, je me trompe ? Et les femmes ne doivent plus te tomer dans les bras comme avant. Tu es passé du type au visage adorable a qui on aurait tout donné sans concession à un homme qui paraît froid et qui ferait presque peur. Mon pauvre, pauvre Duane ! Ca a dû être tellement difficile pour toi de ne plus pouvoir compter sur ton charme ravageur. »

    Je baissai les yeux un bref instant, avant de les reporter sur elle avec circonspection. Elle s'imaginait pouvoir me décrypter en un regard. Elle était très loin du compte, mais je n'avais pas dans l'idée de la laisser se vautrer dans l'erreur. D'un ton très clair, je m'octroyai très vite la permission de la corriger:

    « En fait, j'ai bien plus de conquêtes qu'avant. Tu n'imagines pas le nombre de femmes prêtes à s'abandonner à un homme plus mature et plus sombre. » Je saisis sa main entre les miennes en prenant un air désolé. « Ma pauvre, pauvre Kristinna, il n'y a bien que toi pour choisir un belâtre aux allures de femme. » Il n'était pas la peine de souligner à qui je faisais référence. Je me souvenais de Kristinna suffisamment sensée pour comprendre que je n'oserais jamais parlé de moi en ces termes, même si ce n'était plus que d'un moi passé dont il s'agissait.
    Son soupir coupa mes pensées amusées, et je relâchai sa main alors qu'elle s'était appuyée plus fermement sur l'autre.

    « Dis moi… tu parlais de la rapidité de mon mariage tout à l’heure, mais comme je suis toujours mariée, j’imagine bien que ça n’a pas rapport avec la durée de celui-ci. Parlais-tu du fait que Samaël et moi avons choisi de nous unir rapidement ? Parce que je ne pense pas que tu ais une idée de notre relation et encore moins de la durée de celle-ci. Cela fait trois ans que nous ne sommes plus amis, que nous ne nous fréquentons plus… à moins que tu m’ais espionné ? »

    Son rire m'exaspéra. Il avait la résonance cristalline de celui d'une adolescente ravie de son effet. C'était sans doute ainsi que m'apparaissait Kristinna désormais. Sa vie devait être bien triste pour qu'elle s'imagine que j'épiais ses moindres faits et gestes comme un voleur. J'eus un sourire sans joie qui illustrait assez bien l'état de mon esprit sur le moment. Et ce fut avec la même atonie que j’ironisai:

    « Bien sûr, Westfield, quelle autre occupation un être tel que moi pourrait-il trouver?! Tu fais de ma vie un rêve éveillé! » Un claquement de langue mis fin à cette fausse déclaration ridicule. « Réveilles toi ma grande, j'ai bien d'autres choses à penser. » J'attrapai les documents que j'avais posé sur le bureau pour les ramener légèrement de mon côté du bureau. « D'ailleurs, si tu pouvais retourner t'assoir, nous avons un dossier à traiter. » Je n'attendis pas sa réaction pour moi même reprendre place dans mon siège. Et j'eus soudain l'air absorbé par mes documents, patientant simplement tandis qu'elle était sensée contournée son bureau en sens inverse. Une de ses phrases revint alors subitement danser dans mes oreilles, et je fis alors un gracieux volte face psychologique en ajoutant, sans la regarder:

    « Et je te rappelle que tu as eu l’exclusivité de ce nouveau visage, alors ne fais pas mine de ne pas me reconnaître. »



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Re: Let's not play this game? [K.]

Message par Kristinna D. Westfield le Lun 21 Mai - 23:45


    « En fait, j'ai bien plus de conquêtes qu'avant. Tu n'imagines pas le nombre de femmes prêtes à s'abandonner à un homme plus mature et plus sombre. »

    Que de foutaises ! Ses paroles n’étaient que du vent pour moi. Il pouvait bien dire ce qu’il voulait puisque je ne pouvais pas en vérifier la véracité, et même s’il disait vrai, j’imaginais sans mal le genre de femmes qu’il comptait parmi ses conquêtes… A l’école il s’agissait de gourdes rêvant au prince charmant et Duane faisait un parfait candidat avec ses sourires mielleux et sa gentillesse feinte, maintenant cela devait aussi être des cruches, mais qui voulait ressentir le grand frisson. Il semblait plus âgé, plus sombre, les filles aimaient ça en général. Bref, quand je disais qu’il comptait surtout sur son physique, il ne faisait que m’en apporter la preuve ici.

    « Ma pauvre, pauvre Kristinna, il n'y a bien que toi pour choisir un belâtre aux allures de femme. »
    « Ne t’inquiète pour Samaël, il est suffisamment viril pour ne pas ressentir le besoin de le montrer à la face du monde, ce qui n’est pas donné à certain. Je coulais un regard plein de sous entendu vers lui avant de reprendre. Tant qu’il est compétant dans la chambre à coucher, le reste m’est égal… et crois-moi, il l’est amplement. »

    Si il pensait pouvoir attaquer mon époux de manière aussi facile et ridicule, il se trompait. N’était-je pas Kristinna ? N’était-il pas censé me connaître mieux que personne ? Même si les années s’étaient écoulées, je gardais mes principes et mes valeurs, et je n’aurai pas choisi un mari qui aurait pu ternir ma réputation. Quant à lui, il pouvait bien parler ! N’était-il du genre… délicat ? Il avait des traits plutôt fins avant de recevoir ce sortilège qui l’avait changé et je me souvenais d’un Duane qui passait pas mal de temps à se préparer afin d’être sûr d’être parfait. Mais je ne comptait pas m’attarder sur ce sujet sans importance, j’étais bien plus intéressée par autre chose.

    « Dis moi… tu parlais de la rapidité de mon mariage tout à l’heure, mais comme je suis toujours mariée, j’imagine bien que ça n’a pas rapport avec la durée de celui-ci. Parlais-tu du fait que Samaël et moi avons choisi de nous unir rapidement ? Parce que je ne pense pas que tu ais une idée de notre relation et encore moins de la durée de celle-ci. Cela fait trois ans que nous ne sommes plus amis, que nous ne nous fréquentons plus… à moins que tu m’ais espionné ? » Il ne sembla pas comprendre la plaisanterie. Décidemment le Duane que j’avais en face de moi me plaisait de moins en moins.
    « Bien sûr, Westfield, quelle autre occupation un être tel que moi pourrait-il trouver?! Tu fais de ma vie un rêve éveillé! Réveilles toi ma grande, j'ai bien d'autres choses à penser. »

    Il était sérieux ? Il pensait vraiment que j’avais pu imaginer une seule seconde qu’il me traquait ? Vraiment cela frisait le ridicule, il était devenu incapable de comprendre une petite blague de ma part. Je sentais le fossé se creuser un peu plus à chaque instant et quelque part c’était blessant. Ne pas lui parler, ne pas le voir, ne plus le fréquenter était une chose, mais je pouvais toujours penser qu’il était resté le même, ou du moins qu’il était toujours celui qui me comprenait le mieux dans ce monde, sauf que là, avec ce tête à tête, je ne faisais que prendre conscience de l’éloignement que nous avions subi, de la mort de notre amitié, du fait que j’avais perdu le seul qui avait jamais réellement compté dans ma vie.

    « D'ailleurs, si tu pouvais retourner t'asseoir, nous avons un dossier à traiter. »

    Il s’était saisi des dossiers que nous devions traiter et une nouvelle fois, je me sentie frustrée. Cela nous arriver de travailler ensemble à Poudlard, mais combien de fois avait-il mit ses travaux à plus tard simplement pour le plaisir de profiter de ma compagnie ? Discuter, parler, s’amuser à notre manière en se lançant quelques piques et quelques compliments détournés. Cela me semblait faire parti d’une autre vie et j’avais du mal à accepter la douleur que cela me causait. Pourquoi fallait-il que mes sentiments se retrouve amplifiés lorsqu’il s’agissait de lui ? Personne ne pouvait jouer avec mes émotions comme il le faisait, même inconsciemment, et je détestais ça ! J’avais l’impression de ne plus être maître de moi-même, de perdre ce contrôle qui me caractérisait. J’étais d’humeur boudeuse mais Duane semblait finalement plus se préoccuper de moi que de son travail, ce qui remonta mon moral en flèche.

    « Et je te rappelle que tu as eu l’exclusivité de ce nouveau visage, alors ne fais pas mine de ne pas me reconnaître. »

    Un sourire étira mes lèvres tandis que je venais m’asseoir sur les genoux de Duane. Cela était fréquent comme geste auparavant mais à ce moment là, il semblait ne plus être aussi anodin que la signification qu’on avait lui donner. Je pris les dossiers qu’il avait en mains et je les déposais derrière moi, sur mon bureau, avant de me retourner vers lui.

    « On ne peut pas appeler ça de l’exclusivité. Tu étais déjà comme ça lorsque je suis venue te chercher à l’hôpital. » Mon indexe se posa sur sa mâchoire et glissa, la redessinant doucement. « Quand j’y pense, j’aurai mieux fait de te laisser là bas, livré à ton propre sort. Après tout, quand on voit la façon que tu as de me remercier. » Je m’étais inquiétée pour lui, je l’avais protégé en le ramenant avec moi et je l’avais veillé jusqu’à son réveille. J’avais même usé de tact en ce qui concernait l’état de son visage, et on je n’avais pas l’habitude de prendre des gants pourtant.
    Mes bras enlacèrent son cou, et je me serrais contre lui afin que ma bouche puisse être tout prêt de son oreille, lui permettant ainsi d’y déposer quelques mots.

    « Si nous restons comme ça et que tu me parles, j’aurai vraiment l’impression que tu es là, seule ta voix n’a pas changé, mais j’imagine que tes mots ne seront pas agréable à entendre. »

    Mes lèvres frôlèrent sa joue, revenant doucement vers lui mais se décollèrent légèrement arrivées à sa bouche. L’espace les séparant était infime et je plantais mon regard droit dans le sien.

    « Avoues que je t’ai manqué Duane. Qu’importe tes alliances, les nouveaux amis que tu as pu te faire, je sais que tu n’as trouvé personne qui puisse te comprendre aussi bien que moi. »




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Re: Let's not play this game? [K.]

Message par Duane Cleveland le Mar 22 Mai - 11:44

    « Ne t’inquiète pour Samaël, il est suffisamment viril pour ne pas ressentir le besoin de le montrer à la face du monde, ce qui n’est pas donné à certain. Tant qu’il est compétant dans la chambre à coucher, le reste m’est égal… et crois-moi, il l’est amplement. »

    Kristinna semblait ressentir le besoin de se défendre en se justifiant. Cela m'amusa un peu, et me dégouta beaucoup. Je préférais laisser à d'autres le soin d'imaginer les ébats du couple phare de Clyde, rien que l'idée suffisait à me donner des nausées. Et le sujet du mariage éclair abordé, j'incitai Kristinna à retourner s'assoir. Il était plus que temps que nous nous mettions au travail, car je n'étais pas capable d'en supporter davantage. Son comportement était ambigu, car elle semblait vouloir me convaincre de son bonheur, et en même temps m'accabler de questions sur mes choix de vie, comme si ceux-ci avaient empêché son propre bonheur. Je pouvais me tromper, mais je trouvais Kristinna très amère et pleine de ressentiments. En fait, non, je ne pouvais pas me tromper. Mon intuition m'assurait que Kristinna se sentait bien seule sans moi pour partager son quotidien.
    C'est cette pensée qui me valut une dernière remarque d'ordre personnel, et sembla envoyer un signal à la jeune femme, puisqu'elle se retrouva sur mes genoux avant que je ne puisse le comprendre. Elle m'arracha les documents des mains pour les replacer plus loin sur son bureau, puis se tourna parfaitement vers moi.

    « On ne peut pas appeler ça de l’exclusivité. Tu étais déjà comme ça lorsque je suis venue te chercher à l’hôpital. » Son index suivit le chemin de sa pensée, et je ne l'en empêchai pas. « Quand j’y pense, j’aurais mieux fait de te laisser là bas, livré à ton propre sort. Après tout, quand on voit la façon que tu as de me remercier. » Un ricanement acerbe m'échappa. Elle avait bon dos de parler d'une digne façon de remercier autrui, elle qui m'avait lâchement abandonné dès la fin de ma convalescence. Mais je n'en dis rien, car il n'était pas question qu'elle soupçonne l'amertume que son rejet avait fait naître en moi, je ne pouvais pas lui offrir cette satisfaction avec laquelle elle prendrait plaisir à jouer.
    Ses bras se refermèrent sur mon cou, et elle se pressa contre moi, glissant sa bouche jusqu'à mon oreille. Je retins un frisson lorsque sa voix perla.

    « Si nous restons comme ça et que tu me parles, j’aurais vraiment l’impression que tu es là, seule ta voix n’a pas changé, mais j’imagine que tes mots ne seront pas agréables à entendre. »

    Un sourire mince se fraya sur mes lèvres, tandis que les siennes glissaient jusqu'à ma bouche, et s'y arrêtèrent à une distance trop raisonnable. J'avais du mal à détacher mes yeux de ces lèvres si proches et en même temps si inaccessibles. Mais le regard perçant de Kristinna me fit relever les yeux jusqu'à lui. Là, nos yeux se capturèrent mutuellement, et je l'entendis davantage parler que je ne l'écoutai réellement, obnubilé par ses prunelles iridescentes.

    « Avoues que je t’ai manqué Duane. Qu’importe tes alliances, les nouveaux amis que tu as pu te faire, je sais que tu n’as trouvé personne qui puisse te comprendre aussi bien que moi. »

    Je soupirais légèrement, assez pour que les lèvres de Kristinna tremblent sous mon souffle. Un temps prononcé courra entre la demande et sa réponse, alors que je me repaissais de l'éclat qui trônait au fond des prunelles de mon ancienne amante, et que je posais enfin mes mains sur sa taille.

    « Tu n'as pas plus oublier mon don pour les mensonges et les faux semblants. Et pourtant tu me poses cette question. » Mon visage s'illumina légèrement pour ternir l'instant suivant. « Mais je ne vais pas te mentir. » J'approchai sensiblement mes lèvres des siennes, et m'étonnai de constater qu'il était possible qu'elles soient plus proches sans toutefois se toucher. « En mémoire de ce que nous étions. » Mes paroles étaient ponctuées de silences, et Kristinna s'attendait sans doute à une grande et belle déclaration. Au lieu de ça, je passai une main derrière sa tête, la glissant dans ses cheveux impeccables. D'une légère pression, je permettais enfin à nos lèvres de se rejoindre, et je raffermis ma prise sur le crâne de Kristinna afin qu'elle ne puisse pas mettre fin au baiser si l'envie la prenait. Je forçai très vite la barrière de ses lèvres, m'appliquant à jouer avec une langue qui m'avait clairement manqué. Mon autre main serra davantage Kristinna contre moi, et fut bientôt rejointe par la seconde alors que je concluais le baiser et saisissais la jeune épouse pour l'obliger à quitter son perchoir. D'un même mouvement, je me levai en faisant basculé mon siège qui s'écrasa au sol sans la moindre attention de ma part. Car elle était tout entière rivée sur Kristinna, que je serrais désormais étroitement entre mon corps et son bureau. Mes lèvres à quelques centimètres des siennes, j'eus le courage de murmurer:

    « Tu devrais sans doute m'empêcher de te rafraichir la mémoire. » J'embrassai avec une délicatesse effrayante sa joue avant de porter ma bouche à son oreille. « Bien sûr, tu m'as manqué. Et tu sais à quel point j'ai du mal à me contrôler avec toi... » C'était loin d'être un mensonge. Tandis que je parlais, mon corps tout entier brûlait pour elle, grâce au petit aperçu que je venais de lui offrir. Il n'avait pas fallu plus d'un baiser et de nos deux corps collés pour que la bienséance et le calme s'effacent comme par enchantement. Désormais, je ne voulais rien d'autre que Kristinna, et je la voulais maintenant.
    Une de mes mains quitta sa taille et remonta en caresse le long de son buste, de sa poitrine, puis de sa gorge, jusqu'à sa joue où elle s'arrêta dans une dernière caresse.

    « Fais vite ton choix ma belle, où je le ferais pour toi. »

    Il était dur de déterminer si elle savait ce qu'elle avait déclenché en se lovant subitement sur mes genoux, mais une chose était certaine: c'était le moment ou jamais pour y mettre un terme.




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Re: Let's not play this game? [K.]

Message par Kristinna D. Westfield le Mer 23 Mai - 1:31


    Je m’attendais à ce qu’il affirme le contraire. Q’il me dise que je ne lui avais pas manqué ne serait-ce qu’une seconde, que je me prenais pour le centre d monde et qu’il s’était fait bon nombre d’amis pouvant le comprendre aussi bien que moi, voir même mieux. Je ne m’en serais pas offusquée car j’aurai sans mal imaginé qu’il me mentait, je connaissais ma valeur. Alors lorsqu’il glissa : « Tu n'as pas plus oublier mon don pour les mensonges et les faux semblants. Et pourtant tu me poses cette question. » Cela ne me troubla pas, par contre son souffle sur mes lèvres juste avant eurent cet effet sur moi. C’était assez difficile à gérer et à accepter. Etre déstabilisée par ce simple geste n’était pas dans mes habitudes même avec lui. Peut-être était-ce le temps trop long qu’avait duré notre séparation qui me faisait ressentir les choses de cette façon. J’essayais de ne pas accorder plus d’importance à cela que je ne faisais déjà et j’attendis que Duane approfondisse sa pensée, ce qu’il fit… ou du moins ce qu’il commença à faire.

    « Mais je ne vais pas te mentir. »

    Il ouvrait là bien plus de portes qu’il n’en fermait. Je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre comme déclaration mais à en croire ses paroles, cela allait être plutôt positif. J’attendais de voir ce qu’il allait me dire et le fait qu’il se reproche de moi ne m’intrigua pas, alors que j’aurai dû voir venir la suite.

    « En mémoire de ce que nous étions. »

    J’eu à peine le temps d’arquer un sourcil que je me retrouvais rapprochée de force en embrassée sans le moindre consentement ! Cependant, impossible de me défaire de cette étreinte car Duane avait pris soin de placer ses mains de façon à m’avoir à sa merci. Que faire alors ? Profiter, bien entendu. Je ne pourrais pas me mentir au point d’affirmer –même à moi-même – que cela ne me faisait rien. Avoir ses lèvres sur les miennes, sa langue caressant sa consoeur, ses mains sur moi… Les yeux fermés, je me retrouvais des années en arrière. Mais je ne fis rien pour accentuer ce baiser. Je ne bougeais pas d’un pouce, le laissant faire de moi ce qu’il voulait, et je finissais par en perdre la tête, lui rendre son baiser avec délice. Malgré tout, il mit fin à ce baiser en même temps que mon voyage dans le passé, mais il ne me libéra pour autant. Me maintenant à présent de ses mains, il nous fit nous lever, renversant quelque chose au passage dont je me préoccupais guère. Prisonnière entre mon bureau et lui, je me demandais ce qui pouvait lui passer par la tête à cet instant précis.

    « Tu devrais sans doute m'empêcher de te rafraîchir la mémoire. » Mais comment faire ? La voilà la question que je me posais tandis que sa bouche se posait sur ma joue. « Bien sûr, tu m'as manqué. Et tu sais à quel point j'ai du mal à me contrôler avec toi... »

    Alors c’était donc ça ? La seule chose qui l’intéressait n’était pas la personne que j’étais mais le physique que je possédais et ce que je pouvais en faire ? Je me sentie tout à coup vexée et sa main aussi caressante soit-elle ne m’arracha pas le moindre frisson. Je m’efforçais de rester stoïque autant que possible.

    « Fais vite ton choix ma belle, où je le ferais pour toi. »

    Un fin sourire se dessina sur mes lèvres et je pris doucement sa main posée sur ma joue pour l’en enlever sans un geste brusque. Je refusais de lui montrer combien cela pouvait me blesser de n’être vue par lui que comme une bout de chair, une femme parmi tant d’autres.

    « Si je comprends bien, ce qui t’as manqué se sont les activités extra amicales que nous avions et non notre relation. » Je secouais la tête de gauche à droite d’un air désolé. « Mais mon pauvre Duane, tu crois que tu peux te présenter à moi et m’embrasser pour que je tombes dans tes bras d’un claquement de doigt ? Je ne pense pourtant pas t’avoir donné l’impression aussi facile que se soit par le passé ou aujourd’hui. »

    Je me glissais sur le côté afin d’échapper à son emprise, puis je fis le tour de mon bureau et repris place dans mon fauteuil comme j’aurai dû le faire avant de me lancer dans cette situation qui se révélait plus blessante que je l’imaginai au départ. Une fois assise, je croisais les jambes.

    « Désolée mais je n’offre pas de moment aussi intime aux traîtres, car c’est bien ce que tu es n’est-ce pas ? Un des détracteurs de celui qui a rendu ce monde meilleur, un homme capable de briser une amitié qui semblait être tout pour lui simplement pour des idéaux farfelus. » Je soupirais longuement avant d’exprimer une supposition qui me paraissait folle. « A moins que je n’ai été qu’un pion de plus sur ton échiquier ? que notre amitié était au aussi feinte que tes sourires et ta gentillesse à outrance envers les autres ? Dans ce cas je te félicite Duane, tu as réussi à me berner avec succès. »

    Je paraissais détachée mais je n’attendais qu’une chose : qu’il démente ! Qu’il me détrompe et m’assure que notre relation n’était pas factice. Que j’avais compté, que je comptai toujours même ! Que je lui manquais réellement. Que ne plus m’avoir dans sa vie était douloureux et même qu’il s’excuse de s’être à ce point perdu en chemin. En fait, cela faisait plus d’une chose mais après trois ans, j’en attendais tellement.




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Re: Let's not play this game? [K.]

Message par Duane Cleveland le Dim 27 Mai - 15:43

    Canaliser mes émotions paraissait impossible, ce qui ne semblait pas être le cas de Kristinna. Dans un sourire sans chaleur, elle retira ma main de sa joue. Je dus me mordre la langue pour ne pas pousser de juron. Ce geste n'avait rien d'enclin, et j'imaginais sans peine la suite des évènements.

    « Si je comprends bien, ce qui t’as manqué se sont les activités extra amicales que nous avions et non notre relation. » Mon visage s'assombrit. Elle comprenait à l'envers, même si je ne pouvais pas nier que nos relations avaient leur importance dans notre relation passée. Mais je n'eus pas le temps de la contredire et elle reprit, une distance froide au fond des yeux:
    « Mais mon pauvre Duane, tu crois que tu peux te présenter à moi et m’embrasser pour que je tombe dans tes bras d’un claquement de doigt ? Je ne pense pourtant pas t’avoir donné l’impression aussi facile que se soit par le passé ou aujourd’hui. »

    Son corps tout entier glissa entre mes doigts et m'échappa aussi rapidement que je l'avais emprisonné. Peut-être que j'avais parié sur une certaine facilité, mais ça ne faisait en rien écho à ce qu'elle représentait pour moi. En réalité, j'avais imaginé réussir sans grande difficulté car je croyais que Kristinna n'était pas plus capable que moi de résister à notre alchimie si singulière. De toute évidence, je m'étais lourdement trompé. Elle ne s'était pas installée sur mes genoux pour défier toute ces années de séparation, mais uniquement par jeu. J'ignorais comment cela avait pu m'échapper, mais Kristinna me considérant désormais comme un parfait étranger, elle me traitait comme tel et s'amusait de moi comme de n'importe quel autre. La constatation était frappante, et je mis un certain temps avant de réaliser que Kristinna était retournée s'assoir et qu'elle me parlait à nouveau.

    « Désolée mais je n’offre pas de moment aussi intime aux traîtres, car c’est bien ce que tu es n’est-ce pas ? Un des détracteurs de celui qui a rendu ce monde meilleur, un homme capable de briser une amitié qui semblait être tout pour lui simplement pour des idéaux farfelus. »

    Un sourire en coin accueillit sa déclaration. Elle faisait preuve d'un toupet effarant en m'accusant d'avoir briser une amitié pour mes idéaux, alors que c'était elle qui avait tiré un trait sur notre relation sans un traite mot d'explication. Mais je n'eus pas directement l'occasion de répliquer, puisqu'elle enchaina après un simple soupir.

    « A moins que je n’ai été qu’un pion de plus sur ton échiquier ? que notre amitié était aussi feinte que tes sourires et ta gentillesse à outrance envers les autres ? Dans ce cas je te félicite Duane, tu as réussi à me berner avec succès. »

    Cette fois-ci, je ne retins pas mon exaspération et Kristinna n'eut d'abord qu'un éclat de rire amer pour réponse. Je n'avais jusque là pas bougé de la position dans laquelle elle m'avait laissé, mais je repris alors place dans le siège que je m'étais accaparé un peu plus tôt. Les coudes sur le bureau, je joignis les mains et posai le menton sur le perchoir qu'elles offraient. La curiosité dans les yeux, je répondis par une nouvelle question.

    « Alors puisqu'on en est là, j'aimerais bien savoir ce qui t'as poussé à mettre fin à notre amitié. Car ais au moins l'honnêteté de reconnaître que notre éloignement s'est fait par ta faute, et cesse de m'accuser de tous les maux. » Une once d'agacement non dissimulé perçait dans mon regard. Mais un sourire en coin étira mes lèvres lorsque j'enchainai: « Arrêtes de faire la victime, ça te va très mal. La pauvre Kristinna, persecutée et trahie par son ancien meilleur ami et amant... » Je me moquai ouvertement de son attitude. Lorsque je cessai de rire du tableau qu'elle s'appliquait à peindre, une lueur sombre apparut dans mes prunelles. « Tu es bien la seule personne que je n'ai jamais cherché à tromper ou à manipuler. C'est trop facile de mettre la fin de notre amitié sur mon dos, surtout après m'avoir repoussé. Tu sais pourtant ce dont tu as du te passer, qu'est-ce qui t'empêche de me laisser faire un pas vers toi? »

    Son rejet me paraissait infondé, je souhaitais réellement comprendre ce qui la retenait. Je ne pouvais pas admettre que c'était une question d'idéaux; car déjà à Poudlard nous n'avions pas officiellement les même. Ses reproches n'étaient de plus basés que sur ce qu'elle connaissait de moi par le passé. Je posai les mains sur le bureau, et l'une d'elle glissa doucement jusqu'à celle que Kristinna avait négligemment laissée sur le bureau. Nos doigts s'effleurèrent, et je ne cherchai pas à en obtenir davantage, avant de déclarer avec retenue:

    « Je comprend que ma nouvelle apparence te perturbe. Mais je ne peux pas croire que tu ne me reconnais pas, alors que tes reproches sont presque toutes exclusivement tournées vers le passé. J'ai toujours été un gentil Poufsouffle, tu devais bien te douter que je n'embrasserais jamais la vision de Clyde. Et tu me connaissais, mieux que personne alors. »


Dernière édition par Duane Cleveland le Lun 28 Mai - 9:56, édité 1 fois



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Re: Let's not play this game? [K.]

Message par Kristinna D. Westfield le Dim 27 Mai - 21:56




    J’eu son rire en horreur. Il n’était pourtant pas différent de ceux que j’avais pu connaître mais je n’admettais pas et n’acceptais pas qu’il résiste, qu’il me réponde, même de cette manière. J’étais bien trop habituée à ce que l’on courbe l’échine en ma présence, à ce que l’on reconnaisse ma supériorité, j’avais oublié qu’il y avait des gens d’aussi grandes valeurs que moi dans ce monde. Non, en réalité je le savais car je respectais Clyde, tout comme Samaël, mais c’était Duane que j’avais passé à la trappe et le fait qu’il m’ait trahi me poussais à tout prendre sans le moindre recule.

    Assit de nouveau sur le siège qu’il occupait un peu plus tôt, il me regarda d’une manière qui me troubla. Etait-ce la curiosité qui perlait dans ses prunelles ou bien simplement ses yeux qui n’avaient pas changé, eux, et qui me confrontaient au Duane que j’avais connu, celui pour lequel j’avais une grande affection.

    « Alors puisqu'on en est là, j'aimerais bien savoir ce qui t'as poussé à mettre fin à notre amitié. Car ais au moins l'honnêteté de reconnaître que notre éloignement s'est fait par ta faute, et cesse de m'accuser de tous les maux. Arrêtes de faire la victime, ça te va très mal. La pauvre Kristinna, persécutée et trahie par son ancien meilleur ami et amant... Tu es bien la seule personne que je n'ai jamais cherché à tromper ou à manipuler. C'est trop facile de mettre la fin de notre amitié sur mon dos, surtout après m'avoir repoussé. Tu sais pourtant ce dont tu as du te passer, qu'est-ce qui t'empêche de me laisser faire un pas vers toi? »

    Tout ! Les années, la distance, ses idéaux, ses choix, ses alliances… tout comme les miennes. Cela me paraissait tellement évident que je ne comprenais pas qu’il puisse me poser la question, d’ailleurs cette dernière aurait du être : Qu’est-ce qui me permettrait de faire un pas vers toi. La réponse aurait été toute simple : Quitter la résistance. Je ne le lui aurais même pas demandé de rejoindre Clyde, juste d’abandonner ses idées stupides et mener une vie simple, sans engagements, rien de plus, rien de moins, mais non il fallait qu’il joue les héros. C’était quelque chose dont je lui aurais bien fait part mais le bout de ses doigts venant effleurer les miens me perturba. Je ne pu empêcher mes doigts d’avoir un petit mouvement à cause de l’électricité qui les avait parcouru à ce contact. Je détestais Duane, c’était décidé ! Je le détestais pour ce qu’il m’avait fait et pour ce qu’il m’obligeait à ressentir malgré moi.

    « Je comprend que ma nouvelle apparence te perturbe. Mais je ne peux pas croire que tu ne me reconnais pas, alors que tes reproches sont presque tous exclusivement tournés vers le passé. J'ai toujours été un gentil Poufsouffle, tu devais bien te douter que je n'embrasserais jamais la vision de Clyde. Et tu me connaissais, mieux que personne alors. »
    « Le Duane que je connaissais jouait le gentil Poufsouffle mais il se moquait des imbéciles et encore plus des faibles. » Mes paroles n’étaient pas prononcées d’une voix forte et distincte, comme si j’avouais quelque chose de gênant alors qu’il n’y avait rien là dedans, juste de la déception, de la nostalgie de se souvenir d’un homme qui était si proche de moi et qui me semblait digne d’un étranger aujourd’hui.
    Doucement, je fis glisser ma main en arrière pour rompre tout contact entre nous, une lueur de regret perçant dans mes yeux sans que je puisse la dissimuler.

    « Tu n’étais pas du genre à t’engager dans une cause, alors pourquoi la Résistance ? Tu savais que mes idéaux se tournés tous vers Clyde et que jamais je n’y renoncerais. C’est en entrant dans ce groupe de rebelles que tu as signé la fin de notre amitié. Si tu avais voulu la préserver, si tu avais tenu à moi comme tu le prétendais, tu aurai suivi le mouvement en restant neutre comme tu l’as toujours fait, mais non il a fallut que tu t’allies à ces idiots qui pensent que les faibles ont leur place dans ce monde. »

    Cette fois, ma voix était montée d’un cran et avait retrouvé son assurance. Je ne comptais pas le laisser m’accabler de toutes les fautes. C’étaient ses choix qui avaient détruits notre relation pas les miens ! Je les avais fait avant lui, il aurait du en tenir compte avant de partir jouer les résistants. Agacée, je quittais mon siège que je trouvais fort inconfortable pour la première fois depuis que j’étais installée dans ce bureau. Je préférais aller devant la fenêtre qui trouvait non loin, tournant ainsi le dos à Duane. Je restais un certain moment à regarder au travers de la vitre et je ne mis fin à mon silence qu’après un certain temps.

    « Tu parles de faire le premier pas mais depuis quand cette idée te trotte-t-elle en tête ? » Demandais-je sans le regarder avant d’enfin me tourner vers lui. « S’il n’y avait pas eu ce dossier, tu aurai continué à m’ignorer n’est-ce pas ? Ne cherche pas à le nier. » J’avançais jusqu’à lui, m’arrêtant seulement lorsque je pu le surplomber de ma hauteur – étant débout et lui assis. « Si tu veux simplement t’envoyer en l’air, va retrouver donc servir ton baratin à l’une de tes conquêtes, tu perds ton temps avec moi. Je n’ai jamais trompé Samaël à titre d’information, alors tu te fatigues pour rien. » C’était vrai. Même si j’étais libre de le faire, je n’avais jamais cherché à trouver un autre compagnon pour une nuit ni même une heure. « La seule façon que tu aurai de réussir serait de me forcer mais… » Je me penchais vers lui pour lui murmurer à l’oreille : « J’imagine que tu n’as pas ce qu’il faut dans le pantalon pour ça, mon gentille petit Poufsouffle. »



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Re: Let's not play this game? [K.]

Message par Duane Cleveland le Sam 2 Juin - 9:03

    Il aurait été idiot de ne prêter qu'un seul sens à mes dernières paroles. Mais Kristinna le fit sans chercher à réfléchir au message que j'avais voulu faire passer, même si elle y fit néanmoins écho en répliquant.

    « Le Duane que je connaissais jouait le gentil Poufsouffle mais il se moquait des imbéciles et encore plus des faibles. »

    Précisément. Un sourire fin étira mes lèvres tandis que mes prunelles brûlaient d'une étrange lumière. Mon amie d'enfance touchait quelque chose du doigt, mais elle était très loin de le réaliser. Elle m'avait toujours connu mieux que personne, et elle savait à quel point les jeux et les faux semblants représentaient une seconde nature chez moi. Aussi je m'étonnais qu'elle s'obstine à rester si loin de l'évidence même. Mais ce n'était pas pour me déplaire car notre éloignement m'avait au moins permis de garder mes secrets en sécurité, et il valait mieux que Kristinna n'en sache jamais rien.
    Ses doigts échappèrent au contact que j'avais instigué, non sans un soupir de ma part, qui fit d'ailleurs merveilleusement bien écho au regret qui perçait dans le regard de Kristinna. Elle continuait à se défiler, et ça commençait légèrement à me contrarier. Je dus faire un effort tout particulier pour rester impassible lorsqu'elle reprit.

    « Tu n’étais pas du genre à t’engager dans une cause, alors pourquoi la Résistance ? Tu savais que mes idéaux se tournaient tous vers Clyde et que jamais je n’y renoncerais. C’est en entrant dans ce groupe de rebelles que tu as signé la fin de notre amitié. Si tu avais voulu la préserver, si tu avais tenu à moi comme tu le prétendais, tu aurais suivi le mouvement en restant neutre comme tu l’as toujours fait, mais non il a fallut que tu t’allies à ces idiots qui pensent que les faibles ont leur place dans ce monde. »

    Un grognement acerbe parvint à m'échapper, tandis que Kristinna se levait. Elle rejoignit tranquillement la fenêtre en me tournant le dos avec un toupet monumental. Mon calme apparent s’effritait de plus en plus, tandis qu'intérieurement je bouillonnais contre cette opportuniste qui ne comprenait décidément rien à la vie, et se permettait de me juger alors qu'elle n'avait pas la moindre carte en main pour le faire.

    « Tu parles de faire le premier pas mais depuis quand cette idée te trotte-t-elle en tête ? » Elle se tourna vers moi et je dus me mordre la langue pour ne pas lui répondre que cette idée m'avait simplement effleurée au moment où elle s'était assise sur mes genoux. Cette réponse aurait été loin de servir mes intérêts, raison pour laquelle je restai silencieux et la laissai continuer. « S’il n’y avait pas eu ce dossier, tu aurais continué à m’ignorer n’est-ce pas ? Ne cherches pas à le nier. » Loin de moi cette idée, et un sourire le prouva sans détour, alors que Kristinna s'approchait pour me dominer de toute sa hauteur. « Si tu veux simplement t’envoyer en l’air, vas donc servir ton baratin à l’une de tes conquêtes, tu perds ton temps avec moi. Je n’ai jamais trompé Samaël à titre d’information, alors tu te fatigues pour rien. » Ce numéro d'épouse parfaite me donnait envie de vomir, et en même temps j'étais profondément blessé de voir Kristinna se comporter aussi « fidèlement » avec un autre que moi, tandis que je n'étais plus que l'ami d'enfance irrémédiablement perdu à ses yeux.

    « La seule façon que tu aurais de réussir serait de me forcer mais… J’imagine que tu n’as pas ce qu’il faut dans le pantalon pour ça, mon gentil petit Poufsouffle. »

    Elle s'était penchée pour me murmurer la pique à l'oreille, et ce fut clairement son erreur, plus que ses paroles, car je l'attrapai d'un même geste à la taille et au cou pour la faire basculer sur mes genoux. Je la maintins solidement arrimée à moi et lui murmurai à mon tour:

    « Attention, Kris, à t'entendre on pourrait croire que tu n'attends que ça. »

    Un brin de malice au fond des yeux, je forçai son visage à effleurer le mien, tandis que mes lèvres descendirent jusqu'à sa gorge, où je humai un instant la douce effluve qui émanait de Kristinna. Elle avait changé de parfum depuis la dernière fois où nos chemins s'étaient croisés et irrémédiablement séparés, mais je sentais dans celui-ci certains ressemblances avec l'ancien. Elle avait sans doute voulu casser un peu sa routine en ayant l'audace de modifier son odeur, mais malgré cette tentative, ses gouts restaient les mêmes et cette nouvelle senteur jasmin qui pénétrait mon odorat ne me perturbait pas outre mesure, au contraire. Je redécouvrais en quelque sorte la jeune femme, en me repaissant sans retenue de sa nouvelle fragrance.
    Presque sans y prendre garde, je déposai un léger baiser dans son cou, et notai dans un souffle:

    « Que cette gorge me paraît nue sans le collier que tu t'étais promis de ne jamais quitter. »

    Mes lèvres remontèrent contre sa joue, et ma main passa de son cou à son menton, pour la forcer à me regarder droit dans les yeux, nos deux visages toujours à une proximité déconcertante.

    « Ton comportement me déçoit beaucoup Kristinna. » Une peine non dissimulée se lisait dans mes prunelles, mais mon ton demeurait clair. « Quelle genre d'amie retient aussi peu de choses de tant d'années de cohabitation? » Je ne tenais jusque là le menton de Kristinna que du bout des doigts, mais il glissèrent rapidement de part et d'autre de sa mâchoire pour permettre à ma main de contrôler totalement le bas de son visage. Ma poigne était ferme mais pas violente pour autant. Mes yeux brillèrent un instant avant que je n'ajoute:

    « Pourquoi t'obstiner et risque que je n'use de certains talents contre toi. » Mes lèvres s'étirèrent tandis que je ris brièvement. « Tu sais très bien que je pourrais m'arranger pour n'avoir même pas à te forcer, et te rendre aussi consentante que n'importe laquelle de mes conquêtes. » J'embrassai lentement ses lèvres sans même faire attention à sa réaction, puis je conclu sur un ton entendu: « Vois les choses sous un meilleur angle, sans ce dossier nous n'aurions pas cette chance de goûter à nouveau aux joies de notre relation passée. »

    J'agissais comme si une seule chose m'intéressait, comme si la personne de Kristinna ne m'importait pas pour ce qu'elle était jadis, mais pour ce qu'elle représentait aujourd'hui: l'inaccessible. La Kristinna qui me connaissait et avait pris l'habitude d'être mon amie aurait pu comprendre que mon ton assuré et mon regard brûlant n'était qu'une feinte pour dissimuler ce qui se trouvait au delà. Mais celle a qui je faisais face semblait braquée sur ses positions et continuerait sûrement à me prendre pour un prédateur, alors que je n'étais rien d'autre qu'une proie en réalité, qu'elle avait pris au piège de ses mots, de ses regards et de son être des années plus tôt.



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Re: Let's not play this game? [K.]

Message par Kristinna D. Westfield le Sam 2 Juin - 11:49



    Le défier ? Non. Je ne faisais que pointer l’évidence du bout du doigt. Je ne comptais pas succomber à Duane aussi facilement et je disais vrai en affirmant qu’il devrait me forcer la main pour y arriver. L’allusion à ce qu’il pouvait bien avoir – ou pas – dans le pantalon n’était qu’une pique de plus pour maltraiter son ego surdimensionné, quoi que tous les hommes, même avec un ego inexistant, aurait mal pris la chose. J’avoue dans ma tête, dans mon petit manège, je n’avais pas pensé à ce que Duane réagisse en m’attrapant fermement pour m’asseoir sur ses genoux. Je fus quelque peu surprise mais pas le moins du monde effrayée. Je savais qu’il ne chercherait jamais à me forcer. Peu importait combien il avait changé, j’étais sûre sur ce point qu’il était resté le même.

    « Attention, Kris, à t'entendre on pourrait croire que tu n'attends que ça. »

    Un fin sourire étira mes lèvres. Il était propre à l’homme de croire ce qu’il voulait croire, ou d’entendre ce qu’il voulait entendre. Il pouvait bien se faire tous les scénarios qu’il voulait, la réalité était que je ne coucherais pas avec lui, pas avec ce traître qui m’avait abandonné. Pourtant j’eu de quoi être déstabilisée par ses lèvres effleurant mon cou et sa respiration qui m’indiquait qu’il se plaisait à humer mon parfum. Ainsi, je revenais des années en arrière, lorsque Duane se perdait en gestes tendres n’attendant qu’un mot, qu’un signe pour laisser libre cours à ses envies. A cette époque où il me trouvait spéciale, où j’étais son monde, la seule à le connaître véritablement.

    « Que cette gorge me paraît nue sans le collier que tu t'étais promis de ne jamais quitter. » Osa-t-il après avoir déposé un baiser dans mon cou qui me fit frissonner malgré moi. « Je n’ai jamais fait cette promesse. » Répondis-je calmement, sans qu’aucune émotion ne transparaisse. Certes ce collier était important pour moi et je le portais toujours à dire vrai. De mon retour à la maison, jusqu’au lendemain matin avant de partir pour le Ministère. Je le retirais pour le travail mais aussi pour les soirées mondaines où je devais me parer de bijoux offerts par mon cher et tendre époux histoire d’alimenter les rumeurs sur notre amour qui n’avait pas de prix. Samaël connaissait l’existence de ce collier, il lui arrivait même de me le passer lui-même autour du cou en fin de soirée, mais jamais il n’avait cherché à en connaître la provenance ni même sa signification. C’était une des choses que j’appréciais dans notre relation, nous savions être complices sans chercher à nous étouffer, nous avions nos jardins secrets et chacun le respectait.

    La main de Duane sur mon menton m’obligea à lui faire face et je ne cherchais pas à me soustraire à son regard ni même à sa poigne.

    « Ton comportement me déçoit beaucoup Kristinna. Quelle genre d'amie retient aussi peu de choses de tant d'années de cohabitation ? Pourquoi t'obstiner et risque que je n'use de certains talents contre toi. Tu sais très bien que je pourrais m'arranger pour n'avoir même pas à te forcer, et te rendre aussi consentante que n'importe laquelle de mes conquêtes. » Sa façon de m’embrasser me laissa complètement stoïque. « Vois les choses sous un meilleur angle, sans ce dossier nous n'aurions pas cette chance de goûter à nouveau aux joies de notre relation passée. »

    Un petit rire amusé quitta mes lèvres. Ses arguments étaient pitoyables et je n’allais pas me gêner pour le lui dire clairement.

    « Voyons Duane, tu ne penses tout de même pas que j’irai coucher avec le premier venu sous prétexte de souvenirs appartement à un passé lointain ? » Je rapprochais mon corps du sien, tout en subtilité, un sourire fier aux lèvres. « Et puis, j’ai la prétention de croire que tu n’as jamais usé de ton don sur moi volontairement et que tu ne le fera pas. Quelle victoire amère sinon ! ton ego ne supporterait pas de gagner de la sorte. Tu aime trop les challenges et l’acquis grâce à l’effort et non la facilité. » Mon indexe se posa sur la courbe de sa mâchoire que je m’amusais à dessiner comme durant notre adolescence. « Dire que si tu n’avais pas rejoins ces imbéciles, je t’aurai probablement épousé à la place de Samaël. Ma génitrice ne faisant plus partie de ce monde, elle ne représentait plus un obstacle à un développement de notre relation. Je porterai même encore cette babiole qui semble te tenir à cœur en fin de compte. »

    Puisque j’avais épousé Samaël par intérêt, je pouvais avancer sans problème que Duane aurait fait un parfait candidat. Les Cleveland avaient d’excellentes relations eux aussi, le tremplin idéal pour me faire mettre un pied au Ministère et me marier avec Duane aurait été exquis. Autant mélanger l’utile à l’agréable. D’ailleurs j’avais toujours cru que si je me mariais un jour ce serait avec lui, lui seul me comprenant et dont la compagnie me plaisait véritablement.
    Mes lèvres frôlèrent consciencieusement les siennes et je me saisi d’une de ses mains pour les faire glisser dans mon cou, le long de ma poitrine, de mes hanches et enfin de ma cuisse.

    « Quittes les Duane. » Susurrais-je nos lèvres si proches que je me demandais comment elles faisaient pour ne pas se toucher véritablement. « Je me fiche que tu reste neutre dans cette histoire, mais abandonne et tu pourra profiter de ma personne dans son intégralité et à volonté. N’est-ce pas ce que tu veux ? » Je le fixais d’un air grave afin de lui montrer combien j’étais sérieuse avant d’ajouter : « Il y a longtemps, tu m’as demandé de ne jamais te quitter. Je t’ai répondu que je ne serais jamais loin de toi mais que si tu te mettais en travers de ma route, je ne t’épargnerai pas. Le côté des perdants n’est pas fait pour toi, tu es bien trop exceptionnel pour leur offrir ta compagnie et ton aide. Ta place est avec moi et tu le sais. »

    J’achevais par un baiser tout en finesse mais qui se fit plus sensuel à mesure que je l’approfondissais. Mes mais allèrent se perdre dans ses cheveux et je soupirais d’aise. J’avais beau jouer les fière et le détester pour ses choix, je voulais qu’il me revienne, le retrouver.




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Re: Let's not play this game? [K.]

Message par Duane Cleveland le Jeu 14 Juin - 15:15

    « Que cette gorge me paraît nue sans le collier que tu t'étais promis de ne jamais quitter.
    - Je n’ai jamais fait cette promesse. »

    Un sourire sans joie étira mes lèvres. Bien sûr qu’elle ne m’avait jamais fait cette promesse mot pour mot, car ça n’aurait pas convenu à la Kristinna que je connaissais, et qui se cachait certainement encore derrière ce visage froid et impassible. Mais j’entendais par là que j’avais imaginé qu’elle n’aurait jamais à le quitter. Ce collier représentait beaucoup de notre relation passée, mais je constatais qu’il était désormais à l’image de nos rapports, inexistant.
    Un rire amusé accueillit mes dernières paroles, et Kristinna prit son air le plus détestable pour rétorquer :

    « Voyons Duane, tu ne penses tout de même pas que j’irais coucher avec le premier venu sous prétexte de souvenirs appartement à un passé lointain ? » Elle se colla davantage à moi, une désagréable fierté au fond des yeux. « Et puis, j’ai la prétention de croire que tu n’as jamais usé de ton don sur moi volontairement et que tu ne le feras pas. Quelle victoire amère sinon ! Ton ego ne supporterait pas de gagner de la sorte. Tu aimes trop les challenges et l’acquis grâce à l’effort et non la facilité. » Elle redessina ma mâchoire du bout des doigts, en notant sans doute la métamorphose. « Dire que si tu n’avais pas rejoint ces imbéciles, je t’aurais probablement épousé à la place de Samaël. Ma génitrice ne faisant plus partie de ce monde, elle ne représentait plus un obstacle à un développement de notre relation. Je porterais même encore cette babiole qui semble te tenir à cœur en fin de compte. »
    Un ricanement assez délibéré m’échappa, tandis que les lèvres de Kristinna s’approchaient dangereusement des miennes. Elle saisit ma main et lui fit suivre un parcours pour le moins intéressant, mais qui me laissa de marbre en apparences. Elle conclut son petit jeu par une supplique des plus ridicules :

    « Quittes les Duane. Je me fiche que tu restes neutre dans cette histoire, mais abandonnes et tu pourras profiter de ma personne dans son intégralité et à volonté. N’est-ce pas ce que tu veux ? » Devant mon air incrédule, elle m’obliqua un regard sans ambiguité. Elle était vraiment sérieuse ! Je peinais à croire qu’elle puisse s’abaisser de cette matière, pourtant je la laissai finir sans la couper. « Il y a longtemps, tu m’as demandé de ne jamais te quitter. Je t’ai répondu que je ne serais jamais loin de toi mais que si tu te mettais en travers de ma route, je ne t’épargnerais pas. Le côté des perdants n’est pas fait pour toi, tu es bien trop exceptionnel pour leur offrir ta compagnie et ton aide. Ta place est avec moi et tu le sais. »

    Son baiser avait un goût de persuasion, et même si je ne doutais pas qu’elle y trouve son compte, je ne pouvais pas croire qu’elle y mettait tout son cœur. Ses mains trouvèrent le chemin de mes cheveux avec une efficacité sans pareille, mais là encore je la trouvais trop manipulatrice pour apprécier la situation. Finalement, je la saisis par la taille pour la reculer légèrement, sans toutefois la déloger de son perchoir. L’une de mes mains remonta dans ses cheveux pour leur offrir une caresse légère avant de se fixer dans sa nuque. J’accrochai son regard avec assurance, tandis que je prenais une voix désolée.

    « Tu me ris au nez, tu me répètes que je ne suis plus rien pour toi, et que c’est à peine si tu me reconnais, et tu veux que je quitte les miens pour tes beaux yeux ? » J’eus un ricanement léger, de ceux que l’on a devant un enfant qui aurait du mal à comprendre une chose pourtant évidente aux yeux d’un adulte. « Tu ne peux pas réellement t’attendre à ce que je te donne ce que tu veux, n’est-ce pas ?… Ou alors tu as perdu un peu de ton don de négociatrice pendant ces années à te blottir dans l’ombre d’Andrews, puis de Wilson. »

    J’eus un sourire mielleux digne de ceux que je servais aux personnes que je voulais tromper, et que Kristinna reconnaitrait sans doute, même à travers ce nouveau visage, car elle m’avait observé cent fois l’utiliser avec mes conquêtes ou amis à Poudlard. D’une pression sur sa taille, je permettais à nos deux corps de se retrouver et je m’étonnais encore de voir à quel point ils s’épousaient parfaitement. Je ne pouvais qu’imaginer leur alchimie une fois livrés l’un à l’autre, complètement nus. Je dus chasser un instant cette pensée pour me concentrer sur l’ultime proposition que j’avais à faire. C’était la dernière carte que je comptais jouer. Si Kristinna ne mordait finalement pas à l’hameçon, je la laisserais en paix, car si j’aimais les challenges, je n’avais jamais été un grand fan des causes perdues.

    « Si tu cèdes, peut-être que je te donnerais ce que tu souhaites, si j’estime que tu y met suffisamment de cœur et d’application. Je te laisse le choix au final, car tu as raison, je n’ai jamais usé volontairement de ma suggestion tactile sur toi. Tu comprends que je ne peux pas t’offrir ce que tu demandes sans un minimum d’effort de ta part. » J’eus un léger soupir. « Que tu puisses me promettre ton corps si je fais ce que tu demandes me désespère un peu, je ne pensais pas que tu faisais dans ce commerce-là, et ton offre me paraitrait moins belle si je sais que tu fais ça uniquement contrainte et forcée, ça n’aurait pas plus d’intérêt que de t’influencer via mon don. » Ma main quitta sa nuque pour caresser sa joue, et lorsqu’elle s’arrêta sur son menton, mon pouce effleura sa lèvre inférieure. « Je ne te demande rien que tu ne puisses m’offrir, à toi de voir si tu veux relever le défi… Et tu as fort à faire si tu souhaites me faire quitter la Résistance, car ça représente plus que tu ne peux l’imaginer. »

    Je faisais appel à sa fierté pour tâcher de l’entrainer dans la direction qui m’intéressait. Je reprenais ainsi une position de force, la laissant néanmoins libre d’un choix qui aurait forcément des répercussions, dans un sens comme dans l’autre. Mon aplomb ne faisait aucun doute en apparence, mais je savais intérieurement que je jouais gros. Kristinna pourrait trouver désagréable que j’inverse l’équation, mais elle devait avoir conscience de ce qu’elle me demandait. De la même façon que j’avais conscience de ce que je lui demandais. Je ne voulais pas simplement son corps, tel qu’elle me l’avait proposé d’abord en contrepartie, mais je désirais qu’elle se donne corps et âme à moi, sans aucune restriction. Je voulais revivre ces moments qui me paraissaient si loin, et pendant lesquels j’étais prêt à tout abandonner, tout renier, pour la simple ivresse de ses courbes.



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Re: Let's not play this game? [K.]

Message par Kristinna D. Westfield le Ven 15 Juin - 0:03


    Mon compromis n’était-il pas juste ? Je lui offrais ce qu’il désirait et en échange il quittait ces imbéciles qui l’avaient entraîné dans leur groupe de faibles. Je pensais vraiment que Duane serait sensible à cette proposition plus qu’alléchante et pourtant… il posa ses mains sur ma taille et me força à m’éloigner quelque peu de lui faisant naître le doute en moi. La caresse qu’il offrit à mes cheveux fut simple mais pleine de sentiments et de souvenirs. J’avais beau dire que je ne ferais rien simplement pour un passé révolu, mais Duane restait unique à mes yeux malgré la distance que nos choix nous avaient forcé à mettre entre nous.

    « Tu me ris au nez, tu me répètes que je ne suis plus rien pour toi, et que c’est à peine si tu me reconnais, et tu veux que je quitte les miens pour tes beaux yeux ? Tu ne peux pas réellement t’attendre à ce que je te donne ce que tu veux, n’est-ce pas ?… Ou alors tu as perdu un peu de ton don de négociatrice pendant ces années à te blottir dans l’ombre d’Andrews, puis de Wilson. » Affront suprême lorsque l’on me connaissait un minimum. « Je ne me suis jamais cachée dans l’ombre de personne ! » Je trouvais vraiment insultant qu’il ose dire une telle chose et son sourire n’arrangea en rien ma vexation. Lorsqu’il m’attira de nouveau contre lui, j’avais encore la mine sombre à cause de ses propos.

    « Si tu cèdes, peut-être que je te donnerais ce que tu souhaites, si j’estime que tu y met suffisamment de cœur et d’application. Je te laisse le choix au final, car tu as raison, je n’ai jamais usé volontairement de ma suggestion tactile sur toi. Tu comprends que je ne peux pas t’offrir ce que tu demandes sans un minimum d’effort de ta part. » J’eu du mal à comprendre ses paroles. Il ne voulait pas quitter la résistance pour me récupérer, mais m’avoir et après voir si il les abandonnerait ? En gros, il était gagnant sur tous les tableaux pendant que je restais dans l’incertitude, je reconnaissais bien là mon ami d’enfance.

    « Que tu puisses me promettre ton corps si je fais ce que tu demandes me désespère un peu, je ne pensais pas que tu faisais dans ce commerce-là, et ton offre me paraîtrait moins belle si je sais que tu fais ça uniquement contrainte et forcée, ça n’aurait pas plus d’intérêt que de t’influencer via mon don. » Il ne comprenait pas, il ne comprenait même rien ! Mais aucune chance pour moi de le lui expliquer dans l’immédiat puisqu’il repris à nouveau, non sans une caresse sur ma joue. « Je ne te demande rien que tu ne puisses m’offrir, à toi de voir si tu veux relever le défi… Et tu as fort à faire si tu souhaites me faire quitter la Résistance, car ça représente plus que tu ne peux l’imaginer. »

    Il me provoquer. Pas la peine de le connaître plus que ça pour s’en rendre compte. Il cherchait à jouer avec mon ego afin d’arriver à ses fins, cela aurait pu marcher, sauf que mon ego n’était pas aussi démesuré que le sien et que j’arrivais à réfléchir même lorsqu’on le piquait à vif.

    « En gros… » commençais-je d’un air absent. « Tu ne veux pas quitter la résistance pour mes beaux yeux et avec l’assurance que aura ce que tu souhaite, mais l’inverse ne te choque pas ? Tu dis ne pas me vouloir contrainte et forcée, mais je peux te dire que je ne l’aurais pas été si cela peut te rassurer… par contre, tu te contredis en me demandant de m’appliquer et de faire des ‘efforts’ dans ce domaine malgré tout afin de te voir quitter ton clan. Je ne sais pas si je peux faire confiance à quelqu’un qui veut la citrouille et l’argent de la citrouille… » Je prenais un air pensif, réfléchissant à sa proposition. Je ne voulais être dupée, j’avais horreur de ça, comme beaucoup, mais cela m’horripilait peut-être davantage. « Ce que tu me demande, c’est de tromper l’homme auquel j’ai toujours été fidèle avec un rebelle. Tu sais que si cela venait à s’apprendre, ma tête tomberait ? » Ce n’était pas ce qui me dérangeait le plus. Je savais faire preuve de discrétion, Duane également, donc cela ne devrait pas être su de sitôt, du moins pas tant que nous désirions le garder secret, mais avoir une liaison avec un homme faisant parti de la résistance me posait quelques problèmes. Cependant le fait que ce soit Duane avait tendance à faire pencher la balance de l’autre côté.

    Je me collais finalement à lui, plus proche encore si c’était possible et je posais doucement mes lèvres sur les siennes, lui offrant un baiser tout en douceur avant de me reculer suffisamment pour pouvoir dire une dernière chose : « Soit ! J’accepte ton marché mais je tiens à préciser une chose avant. Tu n’as pas l’air d’avoir très bien compris la proposition que je t’ai faite en premier lieu. Je ne fais pas ce genre de commerce comme tu le dis. Ce que je voulais dire par ‘profiter de ma personne dans son intégralité’, c’était nous retrouver, toi et moi, comme avant, notre amitié renouée et les extras en plus. J’ai toujours cru que notre relation était plus profonde que ça, que le sexe je veux dire, que nous n’en avions pas besoin pour être ce que nous étions, mais il faut croire que je me suis trompée. Tant pis, si c’est tout ce que souhaite et si cela te permet de quitter la résistance pour revenir l’ami qui comptait tant pour moi, alors je m’en accommoderais. »

    Je repartais emprisonner ses lèvres de manière bien moins sage cette fois-ci. Je n’eu pas besoin de me forcer pour lui communiquer mon désir à ce stade. Certes j’étais déçue de la façon dont il voyait notre relation mais ses lèvres et son corps m’avaient toujours attirés et c’était bien plus qu’une question de physique, je pouvais l’affirmer puisqu’il n’avait plus le même qu’auparavant. Ma langue alla bien vite trouver la sienne pour la caresser et je laisser un bruit entre soupire d’aise et gémissement m’échapper. Je le forçais à se lever sans pour autant quitter sa bouche, le siège allait nous restreindre dans nos mouvement et si je n’en avais pas la moindre envie. Rapidement, je lui retirais sa chemise qui était bien sagement rangée dans son pantalon et passais mes mains sous le tissu pour pouvoir profiter du contact de sa peau. Un instant seulement, car si l’une resta à caresser son dos, la seconde se permit de descendre plus bas et de caresser sa virilité à travers le vêtement. Dans mes souvenirs, Duane avait toujours été fou de nos moments intimes, il me traitait comme une Reine, et en même temps il ne me cachait jamais son désire, ses envies et me les communiquait de sorte que je puisse voir que j’étais tout pour lui dans ces instants et je voulais retrouver ce sentiments perdu, moi qui était si frigide, si peu encline à offrir mon corps, ne couchant avec Samaël que lorsque mon corps finissait par le réclamer après une certaine période d’abstinence, avec Duane s’était différent, il réveillait quelque chose en moi à chaque fois, à croire qu’il avait plus d’emprise sur moi que je n’avais jamais voulu l’admettre.



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Message par Duane Cleveland le Ven 15 Juin - 15:19

    « En gros… Tu ne veux pas quitter la résistance pour mes beaux yeux et avec l’assurance que tu auras ce que tu souhaites, mais l’inverse ne te choque pas ? Tu dis ne pas me vouloir contrainte et forcée, mais je peux te dire que je ne l’aurais pas été si cela peut te rassurer… par contre, tu te contredis en me demandant de m’appliquer et de faire des ‘efforts’ dans ce domaine malgré tout afin de te voir quitter ton clan. Je ne sais pas si je peux faire confiance à quelqu’un qui veut la citrouille et l’argent de la citrouille… Ce que tu me demande, c’est de tromper l’homme auquel j’ai toujours été fidèle avec un rebelle. Tu sais que si cela venait à s’apprendre, ma tête tomberait ? »

    Elle résumait les choses à sa manière, selon un point de vue qui était en opposition directe avec le mien. Je ne pus réprimer un soupir presque amusé, en constatant que nous voulions tous les deux nous préserver dans cette histoire. Mais la façon dont elle présentait les choses me faisait grincer des dents. Ainsi je n’étais rien de plus qu’un rebelle pour elle qui faisait totalement fis du passé. Je m’indignais de la savoir aussi prompte à tracer un trait sur notre passé commun tout en me demandant de rayer mon présent sur toute la ligne. Mais je devais reconnaître que ce qu’elle m’offrait en échange l’incitait aussi à chambouler son présent. Au fond, je me demandais si elle avait prémédité ce changement, si elle s’y était préparée avant de me le proposer. Car si au contraire c’était un acte spontané, presque irréfléchi – même si j’en doutais de sa part, alors ce jour serait à marquer d’une pierre blanche.
    Finalement, elle se colla à nouveau à moi et m’honora d’un baiser très chaste. Je l’accueillit avec bienveillance, même si je la sentais légèrement tendue. D’ailleurs, je ne m’étonnai pas qu’elle cherche à se donner le beau rôle en ajoutant :

    « Soit ! J’accepte ton marché mais je tiens à préciser une chose avant. Tu n’as pas l’air d’avoir très bien compris la proposition que je t’ai faite en premier lieu. Je ne fais pas ce genre de commerce comme tu le dis. Ce que je voulais dire par ‘profiter de ma personne dans son intégralité’, c’était nous retrouver, toi et moi, comme avant, notre amitié renouée et les extras en plus. J’ai toujours cru que notre relation était plus profonde que ça, que le sexe je veux dire, que nous n’en avions pas besoin pour être ce que nous étions, mais il faut croire que je me suis trompée. Tant pis, si c’est tout ce que souhaite et si cela te permet de quitter la résistance pour revenir l’ami qui comptait tant pour moi, alors je m’en accommoderais. »

    J’eus un bref grognement d’indignation, très vite étouffé par les lèvres que Kristinna pressa contre les miennes. Et si je gardais sa remarque à l’esprit, elle me sembla s’y perdre alors que nos langues s’entremêlaient. Je goûtais le contact avec allégresse, oubliant presque totalement sa réplique désormais. Elle se leva et m’attira avec elle, tandis que nos bouches semblaient dans l’impossibilité de se séparer ne serait-ce qu’un instant. Je sentis bien vite ses doigts fins se promener sur la peau de mon torse, avant de frémir sous la caresse que je sentis malheureusement trop mal à travers mon pantalon. Je n’en attendais pas plus. La saisissant par la taille, je la perchais à nouveau sur son bureau, tandis que je m’empressais de retirer la veste qu’elle avait laissée ouverte par-dessus un chemisier de soie fine, auquel je m’attaquai directement ensuite. Il n’avait pas fallu beaucoup pour relancer le désir qui s’était emparé de moi quelques instants plus tôt. Kristinna avait ce don de me faire partir au quart de tour, pour lequel certaines tueraient à coup sûr. Son chemisier ouvert, je me retins de le lui retirer, dessinant simplement sur sa peau du bout des doigts, avant de me répandre en caresses plus prononcées. Mes mains descendirent bien vite sur ses cuisses, allant d’abord chastement jusqu’à ses genoux, pour glisser vers l’intérieur de ses cuisses et les remonter jusqu’à sentir son sous-vêtement du bout des doigts. Je remontais sur le dessus de ses cuisses, toujours sous sa jupe de tailleur, avant d’arriver à l’orée de ses fesses, dont l’accès m’était pour l’instant bloqué. D’un geste vif, je la tirais davantage vers moi, l’entrainant à n’être plus qu’en équilibre précaire sur le bureau, mais la tenant fermement, me laissant volontairement encerclé par ses cuisses. Tout en la ramenant à moi, j’étais parti à l’assaut de son cou que je couvais de baisers enfiévrés. D’une main, j’écartai autant que possible son chemisier de son épaule droite, que j’embrassai et mordis à la fois. Puis je décris le chemin inverse, remontant dans son cou, puis contre l’arrête de sa mâchoire, jusqu’à son oreille dont je mordillai le lobe. Je ne m’arrêtai que pour lui avouer dans un souffle :« Tu m’as tellement manqué. »

    Puis je glissai mes lèvres contre sa joue, et retrouvai enfin sa bouche. Je la fis mienne sans sommation, emmêlant ma langue à celle de Kristinna, et échappant un bref soupir de satisfaction en quittant finalement ses lèvres. Ma main encore fichée contre sa cuisse remonta contre son buste en évitant soigneusement sa poitrine, pour attraper l’arrière de sa tête et forcer nos deux visages à s’effleurer. Je fermai un instant les yeux, et ne les rouvrit que pour mettre les choses au clair.

    « Si seul le sexe m’intéressait, je pourrais ramasser une simple trainée. » Mes paroles étaient abruptes, mais j’exhortais Kristinna à m’écouter jusqu’au bout, en posant l’index sur ses lèvres. « Bien sûr j’aime ce qu’il se passe entre nous dans ces moments-là et merlin qu’est-ce que ça m’avait manqué ! » Je levais les yeux au ciel en jurant, car ça m’avait semblé être une éternité d’abstinence. « Mais c’est parce que tu es Kristinna et que je suis Duane … Je sais que tu en as conscience aussi. » Je ne retirais mon doigt de ses lèvres que pour les capturer dans un baiser qui se voulait tendre mais dégénéra très vite. J’avais trop envie d’elle pour prendre des pincettes, d’ailleurs il n’était pas besoin de lui offrir davantage de précisions là-dessus.



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Message par Kristinna D. Westfield le Dim 17 Juin - 20:37


    Il sembla que la simple caresse entre ses jambes avait lancée les hostilités. Bien vite attrapée par la taille, je me retrouvais assise sur mon bureau dont je n’avais jamais imaginé me servir pour autre chose que pour travailler jusque là, mais l’idée de me perdre entre les bras de Duane sur ce meuble me paraissait définitivement excitant. Je me demandais même si j’arriverais à m’y installer après cela sans y repenser. J’espérais tout du moins ! Je ne voulais pas que mon travail soit perturbé par quoi que se soit, même le souvenir intense de ses baisers.
    Duane, lui de son côté, semblait bien loin de toutes ses préoccupations. Il m’avait déjà débarrassé de ma veste et avait presque fini d’ouvrir complètement mon chemisier. Que se soient les doigts de Duane qui me déshabillent ajoutait quelque chose d’autant plus excitant. Le souvenir de nos étreintes était loin à présent et à mesure qu’il me touchait, ils semblaient plus vivaces. Ses mains caressantes sur mes cuisses étaient un pur délice et lorsqu’il remonta vers l’intérieur jusqu’à toucher mon sous vêtement, je frissonnais de plaisir. Cependant je grognais presque de frustration alors qu’il n’allait pas lui loin, délaissant cet endroit pour aller en explorer un autre. Mes fesses semblaient occuper toutes ses pensées à ce moment là, et si la position dans laquelle je me trouvais l’empêcher d’en profiter comme il le désirait, il régla bien vite le problème en me tirant vers lui, ne m’offrant plus qu’un petit équilibre sur mon bureau, mais palliant le problème en me bloquant de son corps. Mon cou fut rapidement l’objet de son attention et cela n’avait rien pour me déplaire. Sa légère morsure sur mon épaule m’arracha un petit gémissement entre surprise et plaisir, avant qu’il ne décide à remonter ses lèvres jusqu’à mon oreille.

    « Tu m’as tellement manqué. »
    « Toi aussi. »

    Non ! Mais non quoi ! J’aurai dû lui répondre quelque chose comme : ‘Je le sais bien’ ou ‘pas étonnant’ mais pas lui dire qu’il m’avait aussi manqué ! Je m’étais déjà assez perdue en bon sentiment en lui demandant de quitter la résistance pour que nous puissions redevenir les amis que nous étions. Cela voulait bien dire ce que ça voulait dire ! Pas la peine d’en rajouter. Je me serrais gifler tellement, prise dans le feu de l’action et embrouillée par ce qu’il me faisait que j’avais laissé sortir quelque chose comme ça. Heureusement il ne sembla pas en faire une affaire d’Etat et s’occupa de ma bouche qui ne demandait que ça. Je profitais de chaque caresse, de chaque baiser, pleinement, mais Duane coupa cours à ce dernier, laissant juste nos visages assez près pour qu’ils s’effleurent. Il ferma les yeux et j’eu l’impression qu’une vague de sentiment le submergeait à ce moment là.

    « Si seul le sexe m’intéressait, je pourrais ramasser une simple trainée. » J’allais m’insurger mais Duane ne m’en laissa pas le temps, me connaissant bien, il colla son doigt contre ma bouche pour m’obliger au silence. « Bien sûr j’aime ce qu’il se passe entre nous dans ces moments-là et merlin qu’est-ce que ça m’avait manqué ! Mais c’est parce que tu es Kristinna et que je suis Duane … Je sais que tu en as conscience aussi. » Il retira son doigt mais pas pour me laisser parler, juste pour pouvoir de nouveau les faire siennes. Bien entendu que j’en avais conscience et que je savais de quoi il parlait. N’importe qui, même si j’avais pu être ami avec cette personne dans le passé, qui aurait eu le même parcours de Duane n’aurait que mon mépris désormais, mais avec lui s’était différent, car ce qui nous unissait l’était.

    Son baiser assez tendre dans son commencement se transforma bien vite en quelque chose de moins équivoque. Je comprenais le désir qui l’envahissait car il en était de même pour moi. D’un geste brusque, j’empoignais ses cheveux et je lui penchais la tête sur le côté afin d’aller dévorer son cou. Je ne cherchais pas à lui faire mal, je savais qu’il suivrais mes mouvements, et j’avais un mal fou à me contrôler. J’ouvrais même sa chemise d’une telle façon que je cru voir un des bouton voler quelque part. En même temps, j’avais presque déchiré le tissu dans mon élan mais je ne m’en préoccupais pas vraiment. Cette fichue chemise, je lui enlevais d’ailleurs, je ne voulais pas que la moindre chose puisse m’entraver. J’attrapais sa main, la faisant passer sous ma jupe puis sous ma culotte pour l’inciter à ce concentrer sur cette zone, tandis que de mon autre mains je défaisais sa ceinture, et lorsque j’au retrouvé l’usage de la seconde, j’attaquais son pantalon que j’ouvrais puis baisser jusqu’où je le pouvais – c'est-à-dire pas très loin – et j’allais me perdre en caresse sous son boxer avec une agilité particulière. J’avais du mal à croire que j’avais cédé à ses avances, et surtout aussi vite ! mais tandis que nous nous répandions en caresses, je comprenais pourquoi. Mon corps tout entier avait dû répondre à ma place, se souvenant de l’effet que pouvait avoir Duane sur moi. C’était sensuel mais surtout passionnée et alors que je me perdais entre ses caresses et les miennes et que j’allais repartir à l’assaut de ses lèvres, on frappa à la porte.

    « Madame Wilson ? » J’attrapais ma baguette posée sur mon bureau juste derrière moi et d’un sortilège informulé, je verrouillais la porte, que cette idiote n’est pas l’idée de chercher à entrer dans mon bureau alors que je lui répondais un peu sèchement malgré moi. « Quoi ? » Il y eu un petit silence, comme s’il elle se demandais si elle devait ou non poursuivre. « Votre mari est là. » Mince ! Samaël passait parfois me voir entre deux couloirs dans la journée. C’était une façon de préserver notre image ou plutôt d’amplifier les bruits de couloir sur notre couple tellement amoureux que nous ne pouvions pas nous séparer plusieurs heures d’affilées. Sauf que le moment était particulièrement mal choisi ! « Dites-lui que je suis sur un dossier très important qui requière toute ma compétences. » Mon regard fixait celui de Duane, un sourire en coin au bout des lèvres. Ma main toujours sous son sous vêtement se remit à le caresser et cette fois je lui servis un sourire carnassier, mais je n’en avais pas pour autant fini avec mon assistante derrière la porte. « Dites-lui que je suis désolée et que je hâte de le retrouver ce soir à la maison. » Et oui… les assistants sont aussi des employés du Ministère et aussi insignifiants soient-ils, ils parlent entre eux ! Nous devions donner le change et créer l’illusion même devant un seul témoin peu importait son statu.
    Elle accepta et promis de ne plus me déranger – enfin – et même si je ne m’étais que très peu désintéressée de Duane durant ce moment, je me reconcentrais totalement sur lui. « Alors… où en étions-nous ? » Demandais-je d’une voix sensuelle, prête à reprendre les choses là où nous avions été obligés de la arrêter.



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Re: Let's not play this game? [K.]

Message par Duane Cleveland le Jeu 28 Juin - 16:01

    « Tu m’as tellement manqué. »
    « Toi aussi. »

    Son aveu résonna dans mon crâne, tandis qu’un sourire non dissimulé élargit mes lèvres. Ces deux mots sonnaient comme une victoire, tandis que je me brûlais les lèvres contre sa peau. Je n’avais pas souvenir d’avoir rêvé de cet instant et pourtant, alors que nos corps se retrouvaient, j’avais l’impression de ne rien avoir recherché d’autre pendant toutes ces années de séparation.

    D’ailleurs mes paroles suivantes furent une manière, pas forcément habile, de le reconnaitre. Kristinna ne répondit pas, mais ses lèvres s’en chargèrent, en m’aidant à transformer un baiser qui se voulait d’abord chaste en une étreinte passionnée entre nos langues. Elle attrapa mes cheveux et fit basculer ma tête assez sauvagement, me tirant un sourire carnassier. Elle attaqua mon cou, puis défit d’un geste brusque ma chemise, envoyant voler l’un des boutons sans vraiment s’y attarder. Elle ne se fit pas plus attentionnée en m’ôtant ma chemise, mais je reconnus toute sa générosité lorsqu’elle attrapa ma main pour la forcer à reprendre place sous sa jupe. La direction indiquée n’aurait pas pu être plus claire, et je ne refroidis pas ses ardeurs en m’immisçant davantage sous son sous-vêtement et en pénétrant d’un doigt son intimité. De son côté, elle baissa légèrement mon pantalon pour pouvoir atteindre mon boxer, et ce qui s’y trouvait dissimulé. Je lui souris lorsqu’elle se mit à me caresser, puis je reportai mes lèvres contre sa gorge, tout en m’appliquant en gestes tendres, mon doigt la laissant présager du sort que je lui réservais. Je remontais pas à pas contre son cou, et je délaissai sa mâchoire pour atteindre ses lèvres lorsque des coups brefs frappés à la porte me firent suspendre mon geste.

    « Madame Wilson ? »

    La vivacité avec laquelle Kristinna attrapa sa baguette m’étonna, mais je ne fis pas le moindre mouvement, contrairement à elle.

    Quoi ?
    - Votre mari est là. »

    Je tâchai de conserver un visage égal, mais l’indignation se mêlait à une certaine satisfaction dans mon esprit. D’abord parce qu’être dérangé par Wilson dans un moment pareil avait de quoi me rendre dingue, mais ensuite parce que la situation me permettait de prendre une petite revanche sur celui qui avait attiré Kristinna dans les affres du mariage.

    « Dites-lui que je suis sur un dossier très important qui requière toute ma compétences. »

    Elle se fendit d’un sourire complice, puis reprit ses caresses sous mon boxer. J’aimais à savoir que la présence de son mari à quelques pas peut-être ne l’empêchait pas de m’accorder toute son attention, et plus encore. Je laissai mes lèvres glisser jusqu’à son oreille, dont je mordis le lobe avec application, avant de glisser dans un murmure à peine audible :

    « Dépêche-toi de t’en débarrasser, qu’on puisse se retrouver pleinement. »

    Mais Kristinna n’avait pas besoin de se faire prier, et son sourire carnassier le prouvait bien.

    « Dites-lui que je suis désolée et que je hâte de le retrouver ce soir à la maison. »

    Je haussai légèrement les sourcils dans un air de dépit, mais Kristinna ne put rien en voir, acharné que j’étais à descendre le long de son cou. J’avais déjà repris où j’en étais resté lorsque sa secrétaire prit enfin congés et que Kristinna fit mine de ne plus savoir où elle en était. Je revins poster mon visage face au sien, un sourire affable accroché aux lèvres. Je ne répondis cependant pas à sa question par des mots. Je retirai ma main de son sous vêtement afin de bénéficier de mes deux mains pour la délester de sa jupe. Elle se retrouvait désormais en sous-vêtements sur son bureau, et cette vision me fit monter d’un cran supplémentaire dans l’excitation. Je me mordis la lèvre avant d’échapper :

    « Tu es sublime, mais tu seras encore mieux sans ça. »

    Je décrochai son soutien-gorge et l’envoyai voler loin de nous, au cas où il lui prendrait l’envie de se rhabiller précipitamment. Je retirai sans davantage de lenteur son dernier vêtement, soudain mu par un empressement insupportable. Je n’en pouvais plus d’attendre, et le fait d’avoir failli être interrompu de manière définitive n’avait fait que raviver mes ardeurs et éveiller mon impatience. Je retirai mon pantalon sans lui laisser l’occasion de s’en charger, et je fis subir le même traitement ingrat à mon sous-vêtement qu’aux siens. Nous nous retrouvions alors parfaitement nus l’un en face de l’autre, mais l’heure n'était plus à la contemplation. Je l’attrapai d’une main par la taille, et mes lèvres s’écrasèrent contre les siennes, d’abord agressives, puis plus enflammées. Je portai ma main libre à sa nuque, et je jouai alors de mon autre main pour la maintenir, tandis que je me baissai à peine afin de la pénétrer sans mal. Mon souffle se coupa un instant, tandis que je retrouvais une sensation familière. Le sexe n’avait rien de personnel d’ordinaire, mais avec Kristinna les sensations devenaient toutes particulières. Mon bassin me les fit retrouver, tandis que ma bouche ne parvenait pas à quitter la sienne. Ma main se fit plus ferme, glissant dans son dos jusqu’à sa chute de reins, afin d’épouser sa courbure. Mes mouvements se firent plus rapides, mais aussi plus brefs, dans des va-et-vient où l’on ressentait mon frisson. L’émotion qui me parcourait était étrange, j’avais l’impression de redécouvrir Kristinna, alors que la situation en elle même me semblait parfaitement normale. Sans doute était-ce la conséquence de mon nouveau corps ; celui-là n’avait jamais connu Kristinna de cette manière.
    Pouvais-je trouver meilleure occasion de revivre toutes les émotions de notre première fois ? Pourtant je n’arrivais pas à m’en réjouir totalement, car j’aurais aimé pouvoir retrouver mes habitudes avec elle, et qu’il en soit de même de son côté, sans que nous n’ayons à nous encombrer de nouveautés. Mais le choix ne nous appartenait pas, et il nous faudrait faire avec, s’en accommoder, et trouver le moyen de l’utiliser à notre avantage ; pour le frisson.




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