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 Don ♣ Moon child

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TAKE CARE ♣ THIS IS
Louis Carr !


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♦ HIBOUX POSTÉS : 215
♦ ARRIVÉE : 27/10/2009
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MessageSujet: Don ♣ Moon child   Dim 4 Sep - 12:13



    © THRILLING GLOW

    DRAGONFIELD DONALD NICOLAS



NOM - Dragonfield
PRENOMS - Donald 'Don' Nicolas
DATE DE NAISSANCE - 1er Novembre 1984
AGE - 18 ans
ORIGINES - Half-blood







© COLLAPSING NIGHT



Prend ça, pauvre con


Nous habitions encore près de Bristol à cette époque-là, dans une petite maison miteuse. Le froid nous rongeait les pieds en hiver, le bois rétrécissait en été. C’était une petite maison aux briques rouges et au toit bleu, avec son charme. Je l’aimais beaucoup. Nous y vivions car mon père avait son travail à Bristol et, de ce fait, maman aussi. Je ne me souviens plus exactement quel métier exerçait mon père mais je sais que maman travaillait dans une agence de tourisme, au bureau six. Autour du pot de crayons finement taillés situé à gauche de sa table, il y avait une photo de nous deux, d’elle et moi, mais pas de mon père. A ce moment-là, du haut de mes quatre ans, je me disais certainement que c’était parce qu’il était toujours récitent pour poser sur une photo. Plus tard, peu de temps avant mes cinq ans, je compris pourquoi.
C’était un soir d’automne. Mon père avait allumé le feu dans la cheminée pour tenter de réchauffer la maison, maman finissait de nettoyer la table et de ranger la vaisselle. Nous avions mangé des haricots blancs avec du poisson pané, avec, exceptionnellement et à ma grande joie, des tartines de marmite.
Après avoir délicatement déposé mon assiette et mes couverts dans l’évier, je m’étais éclipsé dans ma chambre. Elle n’était pas très grande, un lit, une petite chaise en face d’un bureau en bois où quelques feuilles traînaient, négociant avec les crayons sur le dernier coup que ma porterait sur le dessin.
Mes oreilles étaient dressées, mes mains moites. Je me couchais sur mon lit, allumant la lampe accrochée sur la tête car il commençait à faire sombre. J’ouvrais une bande dessinée que j’avais lue et relue un nombre incalculable de fois. Je ne voulais pas le relire mais il fallait s’échapper. S’enfuir de la réalité.
    Ne touche pas à ça avec tes mains sales, Jack.

Voilà, ça commençait. Je regrettais d’avoir mal fermé la porte mais je ne trouvais pas non plus la force de me lever.
    Ne touche pas à ça, Jack, répéta maman d’une voix plus forte.
    Carine te passe le bonjour, Sweet Mary…
    Ne me touche pas !

Le son d’une gifle. Certainement la main de maman qui repousse violemment celle de mon père parce qu’il a voulu lui caresser la joue, les cheveux ou les lèvres.
    Et ne me parle pas de cette catin à deux sous.
    Fais gaffe Mary… Ne parle pas d’elle comme ça…
    Elle ne mérite que ça. Tu tiens donc plus à elle qu’à moi ?
    Bien sûr, tu te poses encore la question aujourd’hui ?
    Et bien va-t-en ! Qu’est-ce que tu attends ?
    Pourquoi est-ce que JE partirais ? Après tout, cette maison est la mienne et toi, petite p*te, tu ne fais que d’en profiter !
    Moi ? Tu es sûr que c’est bien moi qui profite de tout ça ? Toujours là à s’envoyer en l’air avec des catins au lieu de bosser, continua maman, calmement
    Mary.
    T’es un crétin fini, tout le monde pense ça dans cette ville, dans notre entourage ! T’es un pauvre con sans cervelle qui…
    MARY !

Maman cria. Je me bouchais les oreilles du mieux que je pouvais, les yeux fermés. C’était la partie que je détestais le plus.
    ARRÊTE ! Hurla maman.

A cet instant, je ne pensais plus. Je vidais mon esprit pour m’éloigner de cette réalité que je ne voulais pas vivre, dont je ne désirais pas être le témoin.
    Tu vas la fermer, oui ?!

Je retenais mon souffle. Une table qui était repoussée, mon père qui plaquait maman dessus pour l’immobiliser. Cela se passait toujours ainsi.
    Lâche-moi, salaud !

Mais à ce moment-là, les habitudes ne sont pas répétées, un évènement imprévu survient : maman se débat et par je ne sais quel miracle, se libère. Je rouvre les yeux. Je dois y assister. Je dois voir maman se battre car c’est elle mon héroïne. Maman, je dois la voir lutter pour me donner le courage d’avancer aussi.
Je dévale les escaliers silencieusement et me cache en dessous, j’ai alors une vue sur la cuisine où se trouvent maman et mon père. Elle est debout, elle halète. Il est en face d’elle, il respire comme un taureau enragé. Je m’imagine une foule invisible qui encourage chaleureusement maman et qui hue avec haine mon père.
Il fonça sur elle, maman recula jusqu’au plan de travail, saisit la première chose qui lui tomba sous la main. « Prend ça, pauvre con » Un verre qu’elle avait omis de ranger. Comme je remerciais les cieux pour l’avoir laissé sur le plan de travail, pour avoir sauvé maman. Un hurlement déchirant s’échappa des cordes vocales de mon père. Ma bouche s’ouvrit en un O presque parfait que je masquais avec mes petites mains. J’eus l’impression que le temps ralentissait, qu’il s’arrêtait presque. Il s’effondra par terre. Des gouttes de sang tombaient sur le carrelage que maman avait soigneusement nettoyé quelques heures plus tôt et où il avait posé ses godasses pleines de boues.
Il se tourna vers moi, comme s’il savait que je me trouvais sous l’escalier depuis le début. Je découvris avec horreur son visage à moitié ensanglanté, où les morceaux de verre brillaient sous la lumière du plafonnier. Maman remarqua aussi ma présence et se précipita sur moi, me prit par la main et me tira hors de ma cachette. Elle m’emmena dans ma chambre, me dit de faire ma valise le plus rapidement possible et que je n’allais certainement plus revenir ici. Ses mots se mêlaient, ses yeux bleus étaient embués. Je pris ma petite valise et y fourrais tout sans prendre la peine de plier soigneusement quoique ce soit.
    Tu es prêt mon amour ? Allons-y.

Elle glissa sa douce main tremblante dans la mienne, la serra fort et nous sortîmes de la maison, dans le noir. Avant que la porte d’entrée ne se referme définitivement sur moi, j’eus le temps d’apercevoir mon père, un semblant de sourire sur ses lèvres.

C’est ainsi que mes parents se séparèrent, mon père me laissant une image effrayante de lui, maman me gardant avec elle, et que je partis vivre à Perth, en Australie.






© TO ITS CREATOR ; TUMBLR



Tu dois pleurer. Cela fait de toi un homme, mon fils.


Perth. Une ville fabuleuse. Un appartement au septième étage avec vue sur la mer. Maman rien que pour moi. On pouvait bien dire que je coulais des jours heureux en Australie.
Maman travaillait dans l’événementiel, secteur dont elle avait toujours rêvé d’après elle. Maman étudiait le français jusque tard le soir pour son métier : l’anglais et l’espagnol ne semblaient pas suffire. Néanmoins, elle avait toujours du temps pour moi, un instant pour m’aider dans mes devoirs, une oreille attentive pour écouter les histoires fantastiques que j’avais vécu avec mes amis, un moment pour me conseiller. Elle contribuait largement à mon bonheur sans le savoir, en me laissant l’aider à porter les courses pour lui montrer que j’étais fort maintenant, avec un sourire, un regard, un compliment, une caresse. Je l’aimais, maman, comme je l’aimais.

A l’école, je travaillais ardemment. Je ne voulais pas devenir un raté comme mon père, qui ne cessait de me hanter dans mes cauchemars. Je jouais avec George, Jensen et Ellie. J’étais le plus jeune du groupe, George le plus vieux. Tous ensemble, ils avaient pris la mauvaise habitude de m’embêter sans aucune pitié en me chatouillant jusqu’aux pleurs. Je tentais de me débattre mais à trois contre un, c’était impossible d’en sortir vainqueur.
Nous vivions des aventures extraordinaires dans l’espace, au far west, en Alaska, sur la lune, dans le désert australien… George était le chef. C’était lui qui menait à bien toutes nos expéditions et faisait attention à ce qu’on soit tous vivants à l’arrivée, tout en prenant le plus soin d’Ellie, bien que son préféré reste Jensen.

Maman me disait toujours de ne pas me disputer avec eux, que les amis, c’était précieux et qu’il fallait les aimer autant qu’on aime sa famille. Je voulais lui répondre que je n’aimais pas mon père mais je réalisais à ce moment-là qu’il ne faisait pas parti de la famille. De ma famille. Je racontais alors mes fabuleuses aventures lors du repas, avec tellement d’entrain qu’elle ne pouvait placer un mot. Lorsque j’avais fini, elle me couvrait d’un sourire bienveillant tandis je continuais à manger avec grand appétit.

En hiver, alors que cela faisait un peu plus de deux ans que nous vivions à Perth, maman tomba malade. La mère d’Ellie, sa collègue, vint prendre soin d’elle et de moi jusqu’à qu’elle se rétablisse. Elle habitait à deux rues de chez nous et dès qu’elle avait besoin de quoi que ce soit, elle m’envoyait le chercher. Je partais en courant, Ellie avec moi, elle nous ouvrait la porte et nous revenions toujours en moins de cinq minutes. Ellie restait à la maison, elle était devenue une sorte de sœur. Néanmoins, elle passait le plus clair de son temps à me consoler qu’à jouer avec moi car je ne cessais de m’inquiéter pour maman. Mais maman n’allait pas mieux, elle ne guérissait pas. Alors l’inévitable arriva : elle s’éteint en début septembre, après environ un mois et demi d’aphonie, de maux de gorge, de haute température et de toux grasse, me laissant seul. Tout ça à cause d’une vulgaire toux.

Pourquoi moi ? Pourquoi elle ? Pourquoi pas mon père ? Pourquoi pas la voisine d’en dessous qui emmerdait tout le monde avec ses clébards ? Pourquoi moi ? Pour me faire souffrir et m’enlever la personne la plus chère à mes yeux ?
Y avait-il un mal à aimer les bras de sa mère ? Devais-je me sentir coupable lorsque j’aspirais à grands coups son parfum, que je caressais ses cheveux avec mes petits doigts potelés, que j’essayais d’entendre les battements calmes et rassurants de son cœur ? Était-ce une erreur de préférer sa mère à quoique ce soit d’autre au monde ? Était-ce pour cela qu’on l’avait prise en première, bien avant moi ?

Je ne cessais de me questionner dans les jours qui suivirent le décès de maman, de me remettre en cause. C’était de ma faute, j’en étais sûr. Je cherchais vainement et désespérément la raison de cette punition, de ce malheur auquel j’imaginais ne pas pouvoir survivre plus de quelques jours. Qu’avais-je donc fait, bon sang ? Quels étaient mes pêchés ?

Mes amis et leurs familles tentaient vainement de me consoler. Je devais bientôt m’envoler pour l’Angleterre, rejoindre mon père et les peurs qu’il engendrait chez moi. Je ne mangeais plus grand-chose, je n’avais plus d’appétit et aucune compagnie ne pouvait me réconfortait, loin de là d’ailleurs. Ils étaient tous compatissant et affligés mais ils paraissaient également tellement heureux à mes yeux que je leur en voulais de croquer si facilement au bonheur. Je voulais que tout le monde soit aussi accablé que moi. Que le monde entier pleure ma perte. Que tous souffrent autant que je souffre, qu’ils meurent tous de chagrin avec moi. Je ne m’exprimais presque plus, mon père devait venir assister à l’enterrement puis m’emmener avec lui après avoir rempli tous les papiers formels. Je redoutais son arrivée, j’en faisais des cauchemars la nuit, je comptais les jours. J’étais coupé du monde, en quelques sortes, dans ma bulle. Maman était partie, ainsi, sans dire au revoir. Et c’était ce dernier détail qui m’attristait le plus et me retenait à ma peine.

Une semaine après le décès de maman, mon père arriva. Nous étions un jeudi, il pleuvait beaucoup. Durant les jours qui suivirent, mon père ne s’occupa point des préparatifs de l’enterrement mais plus des papiers pour me ramener rapidement sur le sol anglais. Encore une fois, la mère d’Ellie s’en chargea et je ne la remercierai jamais assez pour cela.
Malgré la gravité de la situation, l’enterrement fut beau et mon père eut le culot de s’y présenter, de recevoir les cadeaux de consolation et de serrer les personnes qui avaient pris la peine de se déplacer. Il ne semblait nullement s’en sentir gêné et j’eus envie de lui flanquer quelques tartes pendant l’enterrement, surtout à cause des paroles hypocrites qu’il débitait aux collègues, aux amis ou aux connaissances de maman le plus naturellement au monde. Je crus même apercevoir au coin de l’œil une larme, une larme emplie de fourberie. Néanmoins, je me retenais en premier lieu parce que je tentais le tout pour le tout de retenir mes larmes et de rester digne, comme un homme, et en second lieu parce que je tenais à profiter des derniers instants que je passais en Australie, auprès du corps de maman.

J’évitais de fermer les yeux car mes paupières tremblaient violemment à ce moment-là et je ne pouvais retenir mes larmes. Lorsque je me tenais près du cercueil, j’avais l’impression d’entendre sa voix qui me soufflait une douce mélodie, un refrain pour me consoler, une chanson pour me donner la force de continuer.
Je jetais une rose rouge dans la fosse, mon père fit de même et la mère d’Ellie également. Ensuite, ils commencèrent à reboucher le trou où reposait à présent ma mère.
Je levais alors les yeux vers le ciel bleu, avec quelques nuages cotonneux comme je les appréciais, et j’aperçus un petit oiseau qui avait pris son envol d’un arbre en face de la tombe de maman. Son plumage était magnifique, avec des ailes, un corps et une tête d’un rouge carmin flamboyant. Sa queue était étonnante : on aurait dit deux branches de fil de fer finies par des boules vert émeraude brillantes. Son vol semblait majestueux et paisible, l’oiseau paraissait vouloir s’envoler le plus haut possible dans le ciel après être descendu quelques instants, juste assez bas pour que sa queue frôle mes cheveux châtains foncés. Je le suivais du regard et les larmes montèrent seules. C’était elle. Je le sentais. Elle me saluait et partait, définitivement.


Dernière édition par Don Dragonfield le Dim 18 Sep - 15:09, édité 6 fois
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MessageSujet: Re: Don ♣ Moon child   Dim 4 Sep - 12:14





© THRILLING GLOW



Prend ça, pauvre conne !


    Donald, le journal.

Je m’exécutais. Je descendais rapidement les escaliers, les deux livres qui étaient toujours sur la commode en main, et me dirigeais vers la librairie d’en face. Le vendeur, qui me voyait arriver de loin et traverser sans même prendre la peine de regarder des deux côtés, sortait le Guardian, tendait la main avant même que j’aie le temps de pousser la porte et me disait de me dépêcher en me donnant le journal. Il me disait alors de me dépêcher et surtout, de prendre soin de moi avec un petit sourire compatissant. Je me disais alors que ça aurait été cool qu’il soit mon père car je ne le voyais pas comme un gros porc qui restait affalé sur le canapé en face de la télévision toute la journée et qui me prenait pour son larbin. En réalité, je souhaitais toujours qu’il me révèle un jour que je n’étais pas son fils et qu’il me dise que mon vrai père était quelque part, dans la nature. Je pensais alors que ce serait un homme bon et aimant qui m’accueillerait quand je le trouverais, un homme qui m’aimerait et m’offrirait des cadeaux pour Noël, pour mon anniversaire et surtout, ne lèverait pas la main sur moi.

Je lisais énormément : Dickens, des passages de Tolstoï, des fables de La Fontaine, des BD, des romans et même des magazines sur les super héros lorsque le marchand de journaux se montrait encore plus bienveillant qu’il ne l’avait été. Sinon, je trouvais généralement les livres à l’école, je les empruntais à la bibliothèque. Mon père ne m’en aurait jamais acheté, pour rien au monde. Dépenser une livre pour moi ? C’était une grosse plaisanterie. Il concédait tout de même à m’acheter le matériel scolaire et des vêtements mais cela au prix de grognements, d’insultes et de reproches. Il me disait toujours que c’était la dernière fois.

Mon père me faisait affreusement peur. Je pleurais souvent, je regrettais ma vie à Perth, je regrettais son merveilleux coucher de soleil, je regrettais la plage au sable fin et blanc, je regrettais maman. Tous les ans, je pensais à envoyer une carte à la mère d’Ellie, prétendant au cour de l’année que j’avais perdu les deux livres en chemin, qu’ils avaient glissé de ma main, qu’on me les avait volé… Je prenais cher après mais cela en valait la peine.
    Donald, qu’est-ce que tu fous, bordel ? Tu vois pas que tu m’emmerdes, là ? Mais dégage, bon sang !

Je me faufilais hors du salon. Je me tenais seulement près de lui pourtant – pour une raison qui m’échappe encore aujourd’hui. On sonna.
    Donald, va ouvrir.

Je m’arrêtais en face de la porte. Mon père ne réalisait pas que je pouvais me faire tabasser si j’ouvrais à un inconnu, ou que je pouvais me faire enlever, me faire prendre en otage, que… Non, il s’en foutait, valait mieux ne pas y penser.
    Qui est-ce ?
    Cheryl.

Cheryl ? Qui était-ce ? Une voix féminine. Mais j’avais lu qu’on pouvait modifier les voix. Je n’allais pas lui ouvrir, je ne connaissais pas cette prétendue Cheryl. De plus, elle avait l’air impatiente, prête à exploser et je ne souhaitais pas me prendre les éclats de sa fureur en plein dans le visage. Mais si je ne lui ouvrais pas, mon père allait encore me crier dessus. Si je lui ouvrais, j’allais m’en prendre une aussi, mais de la part de la personne derrière la porte.
    Vous m’excuserez mais… Je ne connais pas de Cheryl.
    Bouges-toi de là, Donald, je vais ouvrir, petit incapable.

Il m’éloigna de la porte et me poussa vers le couloir. Ce qui allait se passer là ne me regardait pas, je devais partir. J’étais néanmoins curieux du fait que mon père aie la visite d’une femme – étais-je plus surpris du fait qu’il ait une relation avec une femme ou du fait qu’il ait une relation tout court, je l’ignore – et, après avoir fermé la porte de ma chambre, je regardais par le trou de la serrure. Mon père remit ses cheveux correctement, arrangea ses vêtements, vérifia autour de lui que ce n’était pas trop désordonné puis ouvrit. Il eut un grand sourire, il s’avança et je le perdis de mon champ de vision pendant quelques instants.
    Entre, ma chérie.

Ma chérie ? Qui est-ce qui pouvait aimer quelqu’un d’aussi putride que mon père ?
Une jeune femme s’avança dans l’entrée. Elle était élégante et regardait toujours de soi avec une sorte de gêne très peu caché. Elle eut un sourire crispé.
    C’est… Charmant.

Je pouffais. Néanmoins, je ne pouvais m’empêcher de la trouver affreusement jolie. Comment cette belle demoiselle avait-elle pu tomber sous le charme de quelqu’un d’aussi laid que mon père ?
    DONALD ! Aboya mon père.

Sans me faire prier une seconde fois, je sortais de ma chambre et me présentait à elle en faisant la moue et en la regardant d’un air méchant – les yeux plissés, pour qu’elle sente que je voyais clair dans son jeu. Si mon père croyait que j’allais l’aider dans sa conquête du cœur de cette prétendue Cheryl, il s’enfonçait le doigt dans l’œil. Elle en baverait avec moi comme j’en bavais avec mon père.
    Donald, je suis Cheryl. Je suis ta future nouvelle maman. Ton papa et moi allons bientôt nous marier.

Comme ça, cash. Allons bientôt nous marier. Ta future nouvelle maman. Allons bientôt nous marier… Nouvelle maman. Ces morceaux résonnaient douloureusement dans ma tête et me faisaient mal au cœur. J’en avais presque la nausée. Non, elle ne serait jamais ma « nouvelle maman ».
    NON ! Tu ne seras jamais ma nouvelle maman ! JAMAIS !

Si seulement j’avais pu le dire. Si seulement. Mais je ne tirais un mot, j’étais stupéfait, j’étais totalement surpris et je ne savais quoi répondre. Lorsque mes membres me revinrent peu à peu, j’enfonçais mes mains dans mes poches et repartait dans ma chambre.
    Ne te donne pas de mal avec lui, il n’en vaut pas la peine.
    C’est ton fils pourtant.
    Non.

Je m’arrêtais. Etait-ce la vérité ? J’aurais pu faire la danse de la joie, sous ses yeux, si c’était la vérité. J’aurais pu m’enfuir, retrouver mon vrai père qui serait aussi bon que monsieur Brownlow et vivre enfin de nouveau une vie heureuse.
    Si, c’est ton fils.
    Ouais, c’est mon rejeton. Mais ne fais pas d’effort avec lui, ça rentre jamais dans sa petite tête.


Je me souviens, elle se tenait là, devant moi. Sa silhouette était floue, son visage invisible mais je savais que c’était elle. Je me sentais aussi petit que le garçon que j’avais été autrefois, quand elle m’avait quitté. In ne fallait pas qu’elle parte. Je désirais garder cette image jusqu’à la fin, rester avec elle.
    Debout Donald !

Non, ce n’était pas un rêve. Ce n’était que pure réalité. Elle était là, devant moi, avec moi. La voix qui m’appelait, lointaine, féroce, qui jappait comme un chien, ce n’était que de la fantaisie. Il était là, le rêve. Ou plutôt, le cauchemar.
    Debout bon sang !

A ma grande peine, je fus contraint à ouvrir les yeux. Je regardais autour de moi mais je n’avais qu’une image floue de ce qui m’entourait. J’avais huit ans en ce matin et au lieu de fêter mon anniversaire, mon père avait décidé de fêter son mariage. Cheryl, qui était devenue pire qu’une vieille bique avec moi, se pavanait certainement avec ses demoiselles d’honneur dans sa robe de mariage. Mon père aussi avait invité ses acolytes à la cérémonie mais il n’avait pas eu besoin de faire un enterrement de jeune homme, il l’avait déjà fait avant son mariage avec ma mère. J’avais décidé, en ce matin, que j’allais agir comme un robot, une machine, et que je lui montrerais cette haine que je renfermais depuis petit dès que l’occasion se présenterait.
    Allez Donald, faut que tu m’aides à nouer cette foutue cravate !

Il paraissait à la fois harassé et heureux. Avait-il été aussi heureux lorsqu’il s’était marié avec ma mère ? Si oui, se battrait-il avec Cheryl comme il s’était battu auparavant avec ma mère ? Je ne demandais qu’à voir.

    Donald, ne tiens pas ton verre ainsi.

Je lâchais mon verre, le regard vide. Une petite fille, qui m’était totalement inconnue, me fixait avec un petit sourire depuis un moment déjà mais je l’ignorais.
    Donald, mange proprement.

Je regardais mon costume. Aucune tâche. Je passais ma serviette sur ma bouche. Aucune tâche également. Se moquait-elle de moi ?
    Donald, appelle le serveur pour qu’il me serve un peu d’eau, j’ai soif.

Je m’exécutais, bon petit larbin que j’étais. D’un geste gracieux de la main, j’appelais le serveur tandis que la fête battait son plein. D’un côté, les couples dansaient, de l’autre, comme moi, Cheryl ou mon père, des familles mangeaient. Bref, tout le monde semblait bien s’amuser. Et le voilà, le garçon, avec un pichet d’eau fraiche.
    Laissez, je vais faire.

Cheryl me regarde avec les yeux ronds. Je ne devrais pas faire ça. Je devrais me comporter en être supérieur face à ces serveurs, qui ne sont que des moins que rien. Je lui souris d’un air confiant et commençai à la servir un peu. Tout à coup, sans prévenir, violemment, je lui lançai le pichet même au visage. « Prend ça, pauvre conne ! » Le verre se brisa, elle était trempée, son maquillage coulait, mêlé au sang. Autour de moi, les gens étaient choqués. Ils me regardaient comme s’ils voyaient devant eux Gozilla. Je suis le monstre, pour eux. C’est moi, la bête sauvage. Hello.
La petite fille pouffait et lorsque je la regardai, elle me fit un clin d’œil. Mais j’étais furieux. J’avais envie de mordre, d’écraser, de frapper. Toute cette frustration que j’avais enfermée pendant ces années se libérait d’un coup et c’était loin de me faire du bien. J’étais frustré. Je me sentais à la fois puissant et impuissant. Ce n’était pas assez, tout cela. Je voulais plus. Je voulais tout brûler, tout détruire.
Ses dames d’honneur s’élancèrent vers elle, des mouchoirs à la main. On sortit un portable pour appeler une ambulance. Mon père, effaré, hanté par la phrase, la même que celle que ma mère a dite près de trois ans plus tôt, se jeta vers moi et me prit par le col. Ainsi, il m’emporta à l’extérieur, loin des regards et commença à me battre, l’air encore plus furieux que moi. Mais moi, je bouillonnais, j’avais une haine grondante, mordante en moi. Ses coups ne faisaient pas mal, je ne les sentais qu’à peine. Et pourtant, sous mes yeux, mon costume se salissait petit à petit, le sang coulait de mon nez, des hématomes se formaient. Mon père me releva pour me faire la morale. Mais je ne lui laissais pas le temps de dire un mot. Sans réfléchir, je lui crachais au visage. Comme ça, je terminais mon petit spectacle en beauté.

    Tu veux du thé, Donald ?
    Non, merci grand-mère.
    Jack a toujours été un homme très mauvais, je le sais. Je n’ai jamais compris pourquoi Mary l’a épousé. Néanmoins, il faut le dire. Ils ont fait un merveilleux enfant, mon petit Donald. Toi. J’aurais aimé te voir plus souvent, tu sais ? Mais ton père m’empêchait de te voir. Ce n’est pas grave, maintenant, nous aurons tout le temps nécessaire pour rattraper. Et puis, tu pourras m’aider pour certaines tâches qui deviennent de plus en plus pénibles pour mon pauvre dos, cher petit fils. Tu as bien fait de le remettre à sa place, ce pauvre bouc. Mais tu n’aurais pas du blesser ainsi sa nouvelle femme, la tremper, oui, mais pas lui implanter ainsi des morceaux de verres. C’est censé être le plus beau jour de sa vie… Est-ce qu’elle était si détestable avec toi ?

    Donald ?

    Donald..
    Excuse-moi grand-mère. J’étais… J’étais dans mes pensées. J’aurais du venir vivre avec toi plus tôt, tu ne penses pas ?
    Oui, c’est vrai. Mais je n’ai plus tellement les moyens de répondre à tes besoins. J’imagine que comme tous les petits gars du coin, tu voudras un lecteur cassette, une radio, etc… Je ne serais pas toujours en mesure de te les offrir. Quand est-ce que tu es né déjà ?
    Je ne sais plus.
    Hm. Je pense qu’il reste de la côte de bœuf au frigo, si tu as faim. Je veux vraiment que tu te sentes comme chez toi. Numéro 15, Daventry road, Staverton. Tu pourras t’en souvenir ? Il faudra que l’on aille t’inscrire à l’école demain. C’est juste à côté. Est-ce que tu as quelques vêtements convenables au moins ? Tu le sais, ici, c’est ta nouvelle maison, Donald. Tu sors quand tu veux, tu rentres quand tu veux.
    Grand-mère, souviens-toi que je viens à peine d’avoir huit ans.
    C’est vrai, Donald. C’est vrai. Mais tu me rappelle tellement ta mère.

Grand-mère, Rebecca, baissa la tête, tout comme moi. S’installa alors un silence gênant, épais, légèrement morbide, où seul perçait le délicat son de quelques larmes qui coulaient.






© THRILLING GLOW



Donald Dragonfield, à votre service.




Don est cash. Don n’a jamais embrassé personne et n’est jamais tombé amoureux. Don est profondément blessé par la mort de sa mère. Don essaie de retrouver l’affection qu’il avait pour elle autre part. Don ne parle pas trop et reste secret sur son passé, sur sa famille. Don peut être colérique et s’emporter violemment mais la plupart du temps, est mou, atone. Don n’est pas un bûcheur, il dort souvent en cours, mais s’en sort quand même, surtout, étonnement, en Histoire de la Magie, matière la moins prisée de toute l’Histoire de la Magie. Don n’est pas très populaire, il se fait discret. Don se sent bien avec ses amis, la vie semble confortable avec eux. Don a été secoué par les dernières attaques. Don sent qu’il a le devoir de défendre Hogwarts mais n’ose pas rejoindre la Résistance. Don est timide et préfère la solitude à l’effusion de joie constante dans un groupe de personnes ; quelques moments éphémères de bonheur par ci, par là, lui suffisent. Don fume, à son grand dam. Don a emporté le gros lot, en effet : il a de sérieux problèmes pulmonaires, mais ignore qu’il en a, il a le vertige et il est claustrophobe. Don réfléchit trop. Don réfléchit trop peu également. Don ne fait pas le bonheur de tous. Don est considéré par certains comme un ovni. Don s’amuse grandement de l’ignorance des sorciers du monde muggle en communiquant avec certains termes précis provenant du monde muggle avec d’autres sorciers à ascendance muggle. Don est souvent dans les nuages. Don ne supporte pas que certains ne respectent rien, surtout lorsqu’ils ne respectent pas les femmes. Don rêve beaucoup de grands espaces, de la mer. Don ne pense pas plus loin que les deux mois à venir, voire le jour à venir. Don aime beaucoup les séries policières muggle. Don aime beaucoup les gâteaux moelleux à la chantilly. Don a commencé à faire du canoë-kayak quand il avait huit ans, tout en continuant la natation qu’il commença à l’âge de quatre ans. Don ne manque pas beaucoup. Don adore les cuisses de poulet. Don parle souvent aux étoiles, aux horloges, aux crayons, aux livres et aux objets électroniques muggles qui ne fonctionnent pas à Hogwarts. Don peut paraître, parfois, plein de vie. Don est mélomane. Don est un grand romantique. Don imagine son premier baiser soit sous la pluie, au milieu du parc de Hogwarts ou sous les hauts arbres de la forêt interdite, soit dans l’eau. Don préfère le scénario du baiser dans l’eau du lac. Don ne supporte pas que les sorciers à ascendance muggle soient dénigrés par les « pur » blood. Don ne supporte pas non plus le fait que certains ont besoin de la violence pour imposer leurs idées. Don est, dans une certaine mesure, courageux. Don est, dans une certaine autre mesure, un grand lâche. Don aurait aimé avoir une sœur, plus âgée que lui. Don manque cruellement d’affection mais évite de le montrer. Don est souvent le sujet principal de groupes de filles qui décortiquent minutieusement ses faits et gestes. Don a un esprit logique. Don a néanmoins un esprit confus, très confus. Don ne réfléchit que peu avant de parler. Don ne prétend pas être parfait. Don regrette souvent ses propos, non pas pour leur côté ‘cash-tant pis si tu souffres-j’m’en fous’ mais pour leur manque de justesse. Don aime beaucoup danser, même s’il danse comme un pied. Don aime vêtements mais pas la mode. Don aime le style. Don arrive à cerner assez justement le caractère des individus. Don souhaiterait travailler dans la criminologie plus tard, dans le monde muggle, en tant que profileur. Don murmure souvent des paroles de chanson, des poésies, des citations de livres, pour lui-même. Don peut également être perçu comme un fou. Don aimerait jouer d’un instrument, du violoncelle pour pouvoir jouer la suite n°1 en Sol Majeur de Bach, de la harpe car pour lui, elle produit un son divin qui égale le chant des nymphes – ou ce qu’il imagine être le chant d’une nymphe –, du piano, avec deux mains en plus, pour pouvoir jouer le morceau de Schubert, Lebensstürme, et de la guitare pour pouvoir jouer les merveilleux morceaux de Gustavo Santolalla. Don écrit beaucoup, des drames surtout, même s’il n’arrive jamais à achever ses récits. Don croit au destin, lorsque ça l’arrange. Don souhaiterait qu’à son prochain anniversaire, on lui offre une voiture volante ou un parapluie qui permette de voler, comme celui de Mary Poppins, mais qui a-t-il pour lui offrir des cadeaux ? Don n’a jamais dit sa date de naissance à personne. Don a cessé de recevoir des cadeaux d’anniversaire et de fêter son anniversaire après la mort de sa mère. Don perd souvent la notion du temps. Don a le même sens de l’orientation qu’un chien. Don peut boire comme un trou. Don a un tatouage de croix avec une rose en son centre. Don ne paraît et n’est jamais hypocrite, c’est le bon point avec lui. Don se trouve trop grand, c’est gênant. Don rêve parfois d’une jeune femme blonde, au visage de marbre, incroyablement élégante. Don regrette souvent le monde muggle lorsqu’il est à Hogwarts. Don a beaucoup changé depuis la mort de sa mère. Don a totalement changé en fait. Don aime les livres de Léon Tolstoï et de Marcel Pagnol.


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MessageSujet: Re: Don ♣ Moon child   Sam 10 Sep - 20:50





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Le destin prend quelques un et laisse quelques autres




La nuit tombait et il était toujours dehors, dans la rue.

Vacances finalement arrivées, après que les élèves aient pris l’apparence d’autres élèves et que le château se soit mis à trembler, tous avaient pris des vacances bien méritées. Phoenix rentra chez lui. Une lettre de Wayne l’attendait sur les draps de son lit et datait du mois précédent. Il se précipita au rez de chaussée voir sa mère, lui demanda avec hargne pourquoi elle ne lui avait pas envoyé ce message directement à Hogwarts, pourquoi elle ne le lui avait pas transmis cette lettre plus tôt. « Parce que je sais », fut sa seule réponse. Il resta figé sur le pas de la porte durant plusieurs secondes qui semblèrent être une éternité, tandis que sa mère préparait une tarte. « Nous dinerons à huit heures ». Cela le réveilla de sa stupeur. Que savait-elle exactement ? Que savait-elle d’eux ? Avait-elle toujours su, depuis le début, lorsqu’ils prenaient des cours ensemble et jouaient innocemment ? Il monta lentement les escaliers, pensif, puis ouvrit la lettre, couché sur son lit. Cela faisait tellement longtemps. « Ne l’ouvre pas… Tu sais qu’elle est porteuse de malheur… Il n’y a plus que moi, Phoenix » susurrait La Voix. Phoenix, les mains tremblantes, l’ouvrit.
Il dévala les escaliers de nouveau, mais avec un sac de sport rempli cette fois. « Maman, je pars. – Je sais. » Elle l’embrassa puis ferma la porte derrière lui. Le père de Phoenix devait bientôt rentrer de son travail et il était déjà au courant, il avait anticipé le départ de son fils. Ils savaient tout, ils avaient déjà lu la lettre. « Je t’aime », ce n’étaient que ces mots qu’ils avaient retenus et qu’ils avaient finis par accepter. Que ce soit un homme ou une femme qui aime leur fils, est-ce que cela était réellement important ?
Voilà qu’il avait enfourché son balais pour aller jusqu’en Allemagne. Que pensait-il, il ne pouvait aller en Allemagne en balais, à moins d’être suicidaire. Il était parti, néanmoins, ayant hâte de revoir son ami, son amant. Il était parti, plus rien ne pouvait le retenir.
Comme il avait hâte, oui, il mourrait d’envie de revoir Wayne. Il devait normalement l’attendre au terminal de l’aéroport, habillé d’un sweat bleu, avait-il précisé. Comme si Phoenix serait incapable de le reconnaître. Wayne parlait de celui qu’il avait pris dans son armoire avant le Grand Déménagement. Et dire que Phoenix s’était souvent demandé, justement, où avait bien pu aller ce foutu pull…
Phoenix descendit de l’avion, trépignant d’impatience. Il le vit, au loin. Il tentait de retenir ses lèvres qui commençaient à s’élargir en un grand sourire lumineux et de ralentir ses pas, comme s’il était indifférent. Indifférent… Non, il ne l’était pas du tout. Il le voyait au loin, agir comme lui, et se trouva stupide de retarder ainsi le moment des retrouvailles. Comment devait-il le saluer ? Une grande accolade ? Une poignée de main ou même… Un baiser ? Ils se faisaient face à présent. Ils ne dirent un mot et ce, jusqu’à leur arrivée dans l’immeuble où vivait Wayne. Ils montèrent silencieusement et, la porte fermée derrière Phoenix, ils furent pris dans un tourbillon gigantesque, celui d’un désir réciproque qui bouillonnait dans leur sang depuis le moment où leurs regards s’étaient à nouveau croisés. Un désir qui se ressentait, palpitait entre eux, un désir bestial, naturel, inné. Leurs lèvres se battaient, presque, pour rattraper le temps perdu, les années passées, pour tout récupérer. Elles se battaient pour marquer cette virilité qu’ils pouvaient imaginer perdue, au plus profond d’eux-même. Ils retenaient leur souffle, ils ne faisaient que de savourer ce baiser qui s’était fait attendre depuis trop longtemps. Ils profitaient, cherchaient l’autre depuis trop longtemps perdu, exprimait cette frustration et cette passion qui sommeillait en eux depuis trop longtemps.

La nuit, donc, venait de tomber et il était toujours dehors, dans la rue. Il portait son pull bleu et s’allumait une cigarette. Cela faisait près d’une semaine qu’il était en Allemagne à présent, une semaine où ils avaient essayé de perdre le moins de secondes. Malgré Jackie, Phoenix ne s’était jamais imaginé que ses sentiments étaient si profonds pour Wayne. C’était Wayne son remède contre La Voix, c’était lui et personne d’autre, Phoenix en était persuadé.
Il n’y avait personne dans les rues, c’était un quartier plutôt tranquille. Un petit groupe de trois jeunes s’approchaient, certainement pour rentrer chez eux. Phoenix continuait à fumer sans se soucier le moins du monde d’eux. Néanmoins, ils se dirigèrent sur lui et sortirent des battes de base-ball qui sortaient d’on ne savait où. Un premier coup dans les côtes. Un second sur l’arrière des genoux. On l’emmena plus loin, quelque part où il n’y aurait pas de témoin. On lui cracha dessus, on l’insulta de tous les noms, on le traita et on le frappa, sans cesse. Comment se défendre ? Phoenix était sonné et peu à peu, il perdait connaissance. Peu à peu, il sombrait. Peu à peu, il ne s’accrochait plus à la vie.
Sur le trottoir où il se tenait quelques instants plus tôt, sa cigarette, tombée là, se consumait, seule. Wayne descendit, inquiet de ne pas le voir remonter. Une rue vide. Battements de cœur saccadés, on pressent le malheur, la merde. La découverte d’un corps en sang et sans vie. Le désespoir. La haine. L’annonce de la nouvelle. Le deuil.
« Phoenix aura aimé avant de partir », dira sa mère. « On l’aura aimé et il aura aimé. Je ne pouvais rien lui souhaiter de plus.
« C’est parce qu’il était différent qu’on l’a pris pour cible, parce qu’il n’était pas comme les autres. Y a-t-il réellement un mal à être différent ? Est-ce une faute ? Je ne pense pas. Phoenix est parti après avoir vécu quelques instants de paix, notre enfant, notre ange est parti mais il veillera sur nous, j’en suis persuadé », déclarera son père avant de serrer sa femme dans ses bras.
Wayne ne versera que des larmes. Hogwarts ne versera que des larmes, pour ceux qui le connaissaient.

BAGUETTE - 30,2 cm, plume de Phénix, bois d'ébène avec un lotus gravé sur le manche
PATRONUS - Un coati
BIEN ou MAL ? Bien à tendances mauvaises
FUTUR DE DON -

PSEUDO - Wonder Girl
AGE - Seize, presque dix-sept
AVATAR - Robbie Wadge ♥
CONNAISSANCE DU FORUM - OHLALA, don't ask ♪
PRESENCE - 3/7 voire moins durant la période de cours, plus pendant les vacances scolaires
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Dernière édition par Don Dragonfield le Dim 18 Sep - 15:08, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Don ♣ Moon child   Sam 10 Sep - 21:40

*Mimi veut la suite depuis un moment déjà* (a)









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MessageSujet: Re: Don ♣ Moon child   Dim 11 Sep - 12:27

*J'essaie d'éditer tous les we* (a)
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MessageSujet: Re: Don ♣ Moon child   

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